Compostage

E N V I R O N N E M E N T

Quelle ne fut pas ma surprise ce matin de voir le camion d’ordure filer sous mon nez rempli de légumes compacts et colorés, tristement condamnés au dépotoir. Tous les jours les gens jettent des tonnes de déchets organiques dans les poubelles, et ceux-ci se trouvent mélangés au reste des detritus toxiques et non récupérables.

Une véritable prise de conscience écologique secoue le Québec, et le monde. Il était temps. En fait, le plus absurde, c’est que les habitudes de récuperation et de compostage étaient communes et normales il y a 100 ans. Il suffisit que de quelques dizaines d’années d’errement, de manque de conscience, pour faire un tord énorme à la planète. Mais maintenant acculé au mur, nous devons faire le constat grave des dégats, et adopter une attitude résoluement écologique, en pleine conscience du geste.

Ce qui était normal pour nos grands-mères doit aujourd’hui se faire à contre-courrant de la société de consommation et de toutes les solutions faciles que nous propose le système. Vous utilisez vos propres sacs de tissus pour emporter vos emplettes? Il faut insister à l’épicerie. Vous faites votre compost sur votre balcon? Il faut convaincre le propriétaire que cela ne pose aucun problème d’odeur. Vous reluquez les poubelles Outremontaises à la recherche d’un trésor caché? Vous êtes perçu comme un paria. Il faut se battre pour revenir en arrière, et admettre que l’histoire n’est pas toujours une évolution vers l’amélioration. La réutilisation des ressources, le recyclage et le compostage doivent faire partie intégrante du mode de vie humain, et ce à l’échelle planétaire. Et en pleine conscience de la portée socio-politique du geste. Mais commençons par chez nous…

J’ai été agréablement surprise de voir l’intérêt des gens pour l’utilisation écologique de sacs d’épicerie. Il y a un an, ce sujet était abscent des médias. Aujourd’hui à la mode, j’espère que cette préoccupation surgit pour modifier nos nos habitudes de consommation, et y prendre une place solide.

Je souhaite maintenant que le débat et les informations surgissent à propos du compostage. En retirant les légumes et autres déchets organiques du sac poubelle, celui-ci réduit de manière substantielle. Grâce à la récupération et au compost, je jette un tout petit sac de déchet après deux semaines! Imaginez si tous les citoyens faisaient de même! En plus d’une réduction incroyable du volume de déchets, cela résulterait sur une contamination moins grande des sols. Car les déchets organiques mèlés aux reste des détritus, forment un magma toxique de plus grand volume, l’organique intoxiqué allant polluer la nappe phréatique et les couches de sol.

Le compost est facile à faire, et il se réduit de lui-même! J’étais si heureuse au printemps dernier de trouver cette belle terre noire et riche dans mon bac, mûre juste à temps pour mon jardin et rempoter mes plantes intérieures! Vous habitez à l’étage? Pas de problèmes, des petits bacs sont disponibles, adaptés à vos besoins. La terre ne vous est pas utile? Donnez-là aux voisins, mettez-là autours des arbres près de chez vous! Et si vous habitez la campagne ou la banlieue, c’est presque une ineptie que de ne pas faire de compost…

Sacs d’épicerie

E N V I R O N N E M E N T

Ceci est un court texte que j’ai fait parvenir au journal La Presse, concernant leur dossier spécial sur l’utilisation écologique des sacs d’épicerie

L’exemple allemand

Il y a 5 ans, j’ai travaillé en Allemagne quelques mois. Déjà à ce moment, il fallait payer à la caisse pour acheter chaque sac plastique utilisé, et vous aviez droit au regard désapprobateur de la caissière et des clients présents. Avec un peu d’organisation, pour quelques sous de plus, vous pouviez vous procurer un joli sac durable aux motifs colorés, fabriqué en plastique résistant fait de matières recyclées. À mon retour au Québec, j’étais déçue de voir que ces initiatives écologiques étaient loin d’être mises en place ici…

Je fais bien mon effort personnel pour utiliser des sacs en toile, mais je souhaiterais un mouvement plus global pour qu’il y ai un impact réel. Les initiatives supportées par certains gouvernements européens donnent la chance aux bonnes habitudes écologiques d’être systématiques. Il ne faut pas dépendre de la bonne volonté des utilisateurs et des commerçants, le gouvernement doit légiférer!

Voir dossier spécial La Presse sur ce sujet (lien à venir)

Maisons écologiques

E N V I R O N N E M E N T

Je voulais vous inviter à découvrir le site des Earthships


Ce sont des maisons de rêve, écologiques, intelligentes, faits de matériaux recyclés. On en trouve des communautés partout sur la planète. Cela fut une importante découverte pour moi, comme une révélation incroyable d’un rêve longtemps rêvé!

J’ai simplement envie de le partager cette découverte avec des gens qui seront intéressés, et qui à leur tour pourront en parler à d’autres.

Min Tanaka – danseur bûto

Je reviens de la performance de Min Tanaka, danseur et chorégraphe japonais, artiste du bûto de la première heure.

J’étais d’abord sceptique face à la performance, la jugeant un peu hermétique. Je crois qu’elle l’est, ce n’est pas du divertissement ni un spectacle où la poésie ou la beauté nous touche. Tanaka joue sur un autre régistre, beaucoup plus profond, beaucoup plus subtil.

Les éclairage faibles et le kimono noir sur fond noir n’aidant pas, le spectacle peut avoir un côté soporifique. Mais je me souviens du commentaire d’une amie que j’avais invitée à voir Bras de plombs, de Paul-André Fortier, et qui s’était assoupie durant la performance: « si je me suis endormie, c’est que le spectacle m’a amené à un état de calme, de détente et de relaxation comlet. Ce n’est pas négatif, au contraire ».

Et bien ce soir j’ai dû lutter contre mes paupières lourdes, car la lenteur des mouvements appellent à un ralentissement, un grand calme. Mais tout le corps et le visage de Min Tanaka est sollicité, cripé, tordu, en souffrance lascinante. C’est la douleur pure exprimée par le corps. Et entre les lenteurs des mouvements, c’est un appel à l’introspection, un douce transe qui s’installe entre le corps du performeur et le public. Car oui, c’est finalement en transe que le chorégraphe nous amène aussi, tout comme lui.

Armé de son poignard il avance péniblement, se traîne, et porte son agonie sous les projecteurs, et sur un petit promontoire situé au centre de la scène. Il s’expose à nous sans pudeur, dans une grande vulnérabilité. C’est cette franchise humaine qui m’a portée, emportée. Je me suis sentie appellée, interpellée, directement comme créatrice. Min Tanaka m’a parlé, à travers sa performance et m’a dit clairement deux choses; il faut avoir confiance, et ma place ici est de créer beauté et conscience.

Parfois le doute nous assaille, sur notre place dans le monde, notre rôle, face à la folie humaine et à la destruction qu’elle entraîne. Pour moi, le chemin se situe clairement dans l’art, dans l’art résolument contemporain, dans l’art qui questionne, touche et bouscule mes semblables. Si je pouvais, par mes créations, toucher et secouer les gens comme Min Tanaka l’a fait pour moi, alors mon but serait atteint.


Min Tanaka