vivre libre (extrait)

L’exhaltation touche et illumine le côté sombre des amants
L’amour m’abandonne en chemin, il me libère des écarts de conduite
Moi qui perds ma route si facilement, amoureuse de l’amour je flanche

Je craque pour mes amants
Je suis une amande
Qui paye de ses miettes brisées

Pour ouvrir la route fraîche sous mes regard francs
je vois l’heure juste
Je serai bientôt un décallage horraire puissant
de cette distance qui ventile l’amour libre
Je dégusterai la conscience, ce plat qui se mange froid,
en mangeant des mets si épicés
que mon cœur battra pour la peine
pour autre chose qu’un amant de passage
mes yeux seront lavés par la mer de ces aventures sans lendemain

Les papillons

Ils sont là maintenant. Je les sens chauds dans mon ventre qui palpitent, qui frétillent. Là nuit, je me réveille avec un grand sourire. Je prends l’avion pour Bangkok dans une semaine. Cette nuit j’ai rêvé d’un grand tsunami, quand même. J’étais au 7e étage et je voyais bien la magnifique lame bleue géante se diriger tout droit sur moi. J’ai fait ni une, ni deux, j’ai déguerpi sans même prendre ma caméra. Petite pratique nocture d’un grand réflexe de survie.

L’été Montréal (poème pour enfants)

Ce matin sous les roues de mon vélo
Les feuilles naissantes dansent en ombre sur la route
Et je respire l’air piquant et vif
Qui m’annonce les moustiques
Et la maison de l’été qui viendra bientôt
Avec ses chemins de poussière
et ses matins de grenouilles
Les fleurs se poussent sous le vent
elle plient jolies très délicates
presque polies
elle font la révérence sur mon passage et celui de l’été

La terrible histoire de Marcelle

La terrible histoire de Marcelle, ou Quand la médecine déraille (et prouve son absurdité), est une farce tragi-comique radicalement et tristement trop vraie, qui met en scène ma pauvre amie Marcelle et notre triste système de santé québécois.

Tout cela commence un beau jour d’été, alors que Marcelle, une femme dans la jeune soixantaine, toute pimpante de vie, se relève banalement du sol où elle était agenouillée. Et crack! Le ouch fatal, le genou déchire. Accident bête, sans éclat, comme la plupart des accidents. Puis ce sera le début d’une suite d’imbroglios médicaux, d’une farce hopitalesque grotesque, où ce succéderont une pluie de médécins, infirmières, techniciens et spécialistes en tous genres, tous d’une compétence très variable. Certains feront des erreurs, d’autres feront leur possible, dans ce système où le mot HOLISTIQUE est complètement inconnu, voire diabolique pour eux.

Marcelle a déchiré son genou, elle doit subir une résonnance magnétique et une opération au genou. Cela prendra des mois avant qu’elle puisse obtenir un rendez-vous pour la résonnance. Un délais si long que son genou est gonflé d’eau. Lorsque le médecin retire l’eau Marcelle fait un premier choc vagal. Début d’une série. Le choc vagal est une crise cardiaque à petite échelle. À partir de ce point, Marcelle fera toute une série de chocs vagaux, la pression et la fatigue s’accumulant, car elle ne dors plus. Les mois s’écoulent, toujours pas d’opération au genou en vue. Marcelle réussi enfin à avoir un rendez-vous, dans une clinique à l’autre bout de la terre.

Le jour de l’opération, on lui annonce qu’elle doit d’abord être opérée au coeur. L’opération au genou est reportée. Drame. On prends rendez-vous pour opérer le coeur dont les artères sont dangeureusement bouchées. Quelques nuits plus tard Marcelle s’écroule seule dans la nuit, son coeur devient fou. En tombant, elle heure violemment sa tête sur 5 pouces de long, ouverture prodonde et grave. On l’ammène à l’urgence, le coeur doit être opéré sans attendre, la tête aussi. Au diable le genou, « vous n’avez pas un cancer, madame » qu’elle se fait réponde par le personnel visiblement débordé de cas bien pires que le sien.

Et voilà que ma chère Marcelle attends maintenant pour une seconde opération pour déboucher ses artères cardiaques. Après l’opération au coeur, elle devra attendre plusieurs mois avant de pouvoir enfin opérer son genou. Quel enfer! Et pourtant, Marcelle continue de sourire, de rêver, d’écrire. J’ai hâte de lui montrer à faire du montage vidéo et elle doit me montrer le piano. Accroche-toi, Marcelle, le jour viendra où tu seras guérie.

Sommeil reposant

Ma prof de Yoga m’a refilé ce truc pour bien dormir: un petit coussin de billes couvert de soie imprégné d’odeur de lavade. La lavande a un effet calmant, et le petit coussin sur les yeux amène une détente instantanée. Sa fraîcheur agréable repose les yeux. Je dors normalement assez bien, mais avec des rêves parfois agités. Mes rêves sont des péripéties pas trop reposantes, avec des missions où je suis agent secret, des poursuistes, des châteaux hantés, des morts-vivants, des méchants, des chiens géants et des monstres. Bien sûr je m’envolle toujours pour échapper de justesse au pire, dans un dénouement plutôt positif, mais c’est pas trop calme. Le petit coussin sur les yeux a réussi à ralentir ma course folle dans la nuit. J’ai dormi très profondément. Hier j’avais un vol tranquille au-dessus de Paris, pénard. Le pied, mais doux. Mon sommeil m’a semblé plus réparateur. Je me lève ce matin facilement, et avec beaucoup d’énergie.

Rêve et réalité

Lire mon bouquin de visualisation porte fruit. Je me sens très créatrice, et très actrice de ma vie aussi. Je la prends par les cornes, avec un grand sourire. Je viens de réserver mon billet. Je pars vers l’Asie, enfin. Bangkok, Taipe, Honk-Kong, Shangai. Je sens déjà les odeurs, je vois déjà les couleurs, je goûte déjà les mets épicés, j’entends déjà la musique des langues asiatiques. Et je sens déjà toutes les joies du voyage; ces visages, ces paysages, ces mythes urbains. Je vais faire le plein de vie et de conscience. Je vibre. J’adore le Québec, et il sera encore plus beau à mon retour, alors que j’aurai exploré d’autres univers, vu des splendeurs ailleurs. Je m’ennuie de la forêt. Je vais essayer d’aller y faire un tour avant de partir. Je m’ennuie des rivières et des beautés de la nature. Mais elles sont partout sur la terre ces beautés, et elles n’attendent qu’à être vues, vénérées, carressées. J’arrive, je flye vers elles.

Courgettes et polenta


Sauté de courgettes aux graines de lin

• Ail, oignon, courgettes, épinards, haricots verts, champignons
• Graines de lin
• Polenta et fromage de chèvre
• Pita aux épinards

Faire sauter l’ail et l’oignon dans l’huile, ajoutter la polenta tranchée. La faire brunir, couvrir de fromage de chèvre. Ajoutter les légumes et les graines de lin, sauter. Couvrir quelques minutes jusqu’à ce que les légumes soient à la cuisson désirée. Je les aime croquants.

Envie de partir

Est-ce la loude chaleur qui accable la ville ou mes montagnes russes émotives de femme sous tension hormonale, mais j’ai une irrésistible envie de voyage. Bangkok, Taïpe, La Havanne ou Rome? L’Internet m’offre cette merveilleuse occasion de rêver à peu de frais (quoique c’est relatif). Je veux partir seule et maintenant. Ma valise sur le pas de la porte me nargue. Mais bon, j’ai 2 reportages à terminer pour l’ONF, alors l’escapade est partie remise…

Passages allemands

Ce texte fut rédigé en 2000, alors que je travaillais à Schwerin, dans le Mecklenburg-Vorpommern, non loin de la mer baltique. J’ai vu des images d’archive des jeunesses hitleriennes en 1937 paradant à l’endroit même où je demeurais.

Ces passages de blé
je les ai vu en Allemagne
sur des lignes courtes et rapides
des champs de blé
ocres au soleil et penchés
avec des ombres longues pour souvenir

Dans l’étourdissement de souvenirs sales
Collectionnés dans des Musées trop propres
pour apaiser le peuple coupable

J’ai vu des boisés légers
pourtant témoins d’horreurs innommables que l’histoire ne peu pas oublier
mais sur lesquelles elle ferme un peu les yeux
dans l’aujourd’hui des bois-témoins
si paisibles et innocents

Mon amie juive aux cheveux d’ébène
a trouvé un casque de soldat allemand
dans ce bois
criblé de balles
non loin de là il y a un peu plus de 50 ans
grillaient des corps dont la course s’était arrêtée trop tôt

La mémoire de l’histoire est bien courte

Nous célébrons aujourd’hui 60 ans de libération, après la fin de la deuxième Guerre Mondiale. Des jeunes néo-nazis reprennent aujourd’hui le flambeau et font parler d’eux. Que pouvons-nous faire face à tant de bêtise humaine, à tant d’aveuglement, à tant de haine?