La terrible histoire de Marcelle

La terrible histoire de Marcelle, ou Quand la médecine déraille (et prouve son absurdité), est une farce tragi-comique radicalement et tristement trop vraie, qui met en scène ma pauvre amie Marcelle et notre triste système de santé québécois.

Tout cela commence un beau jour d’été, alors que Marcelle, une femme dans la jeune soixantaine, toute pimpante de vie, se relève banalement du sol où elle était agenouillée. Et crack! Le ouch fatal, le genou déchire. Accident bête, sans éclat, comme la plupart des accidents. Puis ce sera le début d’une suite d’imbroglios médicaux, d’une farce hopitalesque grotesque, où ce succéderont une pluie de médécins, infirmières, techniciens et spécialistes en tous genres, tous d’une compétence très variable. Certains feront des erreurs, d’autres feront leur possible, dans ce système où le mot HOLISTIQUE est complètement inconnu, voire diabolique pour eux.

Marcelle a déchiré son genou, elle doit subir une résonnance magnétique et une opération au genou. Cela prendra des mois avant qu’elle puisse obtenir un rendez-vous pour la résonnance. Un délais si long que son genou est gonflé d’eau. Lorsque le médecin retire l’eau Marcelle fait un premier choc vagal. Début d’une série. Le choc vagal est une crise cardiaque à petite échelle. À partir de ce point, Marcelle fera toute une série de chocs vagaux, la pression et la fatigue s’accumulant, car elle ne dors plus. Les mois s’écoulent, toujours pas d’opération au genou en vue. Marcelle réussi enfin à avoir un rendez-vous, dans une clinique à l’autre bout de la terre.

Le jour de l’opération, on lui annonce qu’elle doit d’abord être opérée au coeur. L’opération au genou est reportée. Drame. On prends rendez-vous pour opérer le coeur dont les artères sont dangeureusement bouchées. Quelques nuits plus tard Marcelle s’écroule seule dans la nuit, son coeur devient fou. En tombant, elle heure violemment sa tête sur 5 pouces de long, ouverture prodonde et grave. On l’ammène à l’urgence, le coeur doit être opéré sans attendre, la tête aussi. Au diable le genou, « vous n’avez pas un cancer, madame » qu’elle se fait réponde par le personnel visiblement débordé de cas bien pires que le sien.

Et voilà que ma chère Marcelle attends maintenant pour une seconde opération pour déboucher ses artères cardiaques. Après l’opération au coeur, elle devra attendre plusieurs mois avant de pouvoir enfin opérer son genou. Quel enfer! Et pourtant, Marcelle continue de sourire, de rêver, d’écrire. J’ai hâte de lui montrer à faire du montage vidéo et elle doit me montrer le piano. Accroche-toi, Marcelle, le jour viendra où tu seras guérie.