Les trottoirs

Les murs de brique s’effritent
sous le regard passif
des trottoirs éternels

Silencieux témoins
complices
de tant de vices, de mal, de beauté aussi
Les trottoirs se taisent

De Saint-André à Plessis
de Sainte-Catherine à Ontario
les planchers de la ville
bétonnent en cœur
soufflent les yeux fermés
sales

Offrandes couchées
les trottoirs nous guettent
Ils attendent que Sonia, Micheline, Sheila
les abandonnent pour revenir
attendre

Les lumières des chars comme parure
ils prient la pluie
comme un pardon
pour luire de tristesse

La gorge étroite
les trottoirs voient disparaître
les murs de brique qui s’effritent
remplacés par des bâtisses propres
sans vice, sans âme