Révolution (poème)

Extrait de texte (L’emportement, paru chez Planète rebelle, printemps 2006)

Il se détruit, l’homme, et il le sait à peine.
Mais qui suis-je, moi, pour lui dire, lui répéter STOP arrête merde arrête
Tu ne vois pas que tu avales ce qu’il te reste de la beauté du monde comme un glouton qui fast-food le raffinement de ce que nous sommes, tu violes-absurde ce qui nous sommes.
Bordel! Mais combien de temps encore nous reste-t-il vraiment?

L’auto-destruction est amorcée, elle s’appelle capitalisme et tout le monde l’applaudit.
Quelques foules éparses
Ici et là
Essaient de dire un peu plus haut ce bordel de merde qu’on fou partout
Mais c’est comme un cri dans un salon
Une attente inutile
Pendant que les grands s’organisent
Nous organisent
En nous traitant de pacifistes – comme on dirait « inoffensifs »

Insultés?
Même pas
Les foules bigarrées de non-satisfaits que nous sommes
Sont disparates
Diluées dans les causes nombreuses
Qui nous unissent et nous séparent
Car nous sommes tous de la même chair
Et nous serons poussière bien vite ensemble.

Webzine de cette semaine

Les coulisses du Festifilm « Au moment où on remet la machine en marche dans les écoles secondaires de Lanaudière Yannick B. Gélinas vous propose de visiter les coulisses du dernier Festifilm. Fesse, fesse, fesse, Festifilm, chantent en cœur les cinéastes en herbe. Un webzine 100% ados qui donne envie de faire des films. » À voir sur www.SilenceOnCourt.tv

José Navas et la faim

Vu hier la force et la grâce se déployer des ailes du chorégraphe et danseur d’origine brésilienne José Navas. Entre lui, son corps spculté de lumière et de sueur, et les corps des trois femmes qu’il a dessiné dans l’espace pour nous, « Portable dances » entraîne dans une transe dépouillée. Première fois que je vois ce grand chorégraphe à l’oeuvre, mais au dire de Joss ce spectacle est le premier de danse pure pour Navas. Coup d’encorcellement pour moi, le show se déroule dans un souffle. Très court, presque trop, on est suspendu dans les tournoiements et la précision aquatique des gestes. Les trois danseuses me faisaient parfois presque penser à des nageuses synchronisées, sans le côté kitch. La trame sonore de voix découpées crée des onomatopées rythmiques emaballantes, en synchronicité avec les mouvements des danseurs. De l’électro par la voix. Du bonbon, du bonbon. Pleins de mouvements précis parents du ballet, sans la forme rigide, avec des tas d’histoires d’émotions humaines stylisées sauce contemporaine. J’ai encore faim, j’en prendrai une autre assiette, s’il vous plait.