Sagesses et réflexions

Je tiens les rennes de ma vie bien en main, avec une souplesse pour laisser du lousse quand il faut. Comme si j’avais soudainement bien saisi comment tenir fermement, mais avec le bon mou-slaque pour ne faire mal à personne. Ni aux autres, ni à moi. Le roseau qui plie sous le vent sans briser, vous savez? Ahhh, quelle satisfaction cette trentaine toute jolie et pleine de possibles magnifiques. Et l’homme de ma vie m’apporte encore davantage en ce sens. J’admire sa grande capacité à réagir à la vie avec sagesse et discernement, à prendre le recul nécessaire en moment opportun. Il pratique l’art de la dédramatisation, rôle parental oblige. Il me dit que nos deux ans d’écart font la différence. Je souris. Tu sais, mon amour, j’ai rencontré plusieurs hommes beaucoup plus âgés que nous et qui n’avaient pas toute cette sagesse! – Ce fut jadis ma spécialité: sortir avec des hommes beaucoup plus âgés que moi. –

Ce qui me conduit à un deuxième sujet en un seul billet: le passé. J’admire autre chose chez mon amoureux: il ne me barbouille pas son passé dans la face. Des bribes, des anecdotes, des grandes lignes importantes et fondatrices. Il répond à mes questions de femme curieuse, intéressée à lui. De mon côté, j’ai l’impression de vider mon sac de façon négative. J’ai cette impression désagréable de lui faire du ménage sous le nez: je régurgite des mottons de mon passé, des bouts difficiles, je raconte des moments où je suis presque encore offensée. Moi qui croyais mes placards bien en ordre, je vois bien que je n’ai pas tout classé de mes histoires du passé. Je lui parle de ce ‘problème’ (qui ne semble pas l’incommoder), sa réponse: « moi j’ai tout dit sur mon blog ». Ben oui, c’est sûr. Mais pas moi. Est-ce que de vous raconter mes turpitudes de mes frustrations passées pourrait me libérer? Est-ce maintenant trop tard pour me lester ce poids incommodant de mes silences passés sur des situations difficiles, sur mes mensonges à moi-même, sur mes hypocrisies de femme idéaliste complètement dans le champ à certaines périodes de ma vie? Joss me dit qu’il m’a déjà « brassé » par rapport à ces moments où je m’enlisais dans ma relation vaseuse avec S, mon ex-cinéphile. Mais j’ai tout oublié des remontrances de Joss. Pourquoi? Parce que je savais complètement être dans la mauvaise voie avec S, le rendre aussi malheureux que je me rendais malheureuse. Ma conviction d’être dans le tort à cette époque était aussi forte que ma conviction actuelle d’être absolument dans le bon chemin maintenant. Mais j’étais pétrifiée, « enlisée dans une mer de cordes au cou », j’ai déjà écris.

Est-ce que d’écrire tout cela ne fait que remuer la vase, où est-ce vraiment bénéfique? En tout cas, je ressens ce matin un besoin de l’écrire, alors je l’écris. Simple. Pourtant, j’étais convaincue d’avoir tout réglé ce passé dont le dernier chapitre s’était conclu en janvier dernier alors que S quittait enfin mon appartement. Nous n’étions plus un couple depuis plusieurs mois, mois de colocation interminables, douloureux et lancinants. J’ai vécu ensuite un agréable renouveau dans ma vie, et un besoin marqué de passer à autre chose, de me lancer dans le travail, de ne pas parler de mon passé, de vivre autre chose. J’avais l’impression de n’avoir été qu’une longue plainte pour mes amis tout au long de la relation avec S, tout au long de ma relation précédente avec D. Alors j’avais besoin de silence sur les difficultés traversées, sur les absurdités que je m’étais infligée en demeurant avec ces hommes incompatibles avec moi.

Depuis que j’ai débuté ce blog en février dernier, je n’ai pas dit un mot sur mes histoires d’ex. Ni sur S, ni sur D (ma vie partagée avec ces deux hommes équivaux aux six dernières années de vie de couple vécues avant ma joyeuse année de célibat). Je n’ai pas dit grand chose sur ma vie émotive de toute façon, jusqu’au jour où je suis tombée amoureuse à nouveau, de cet amour foudroyant et définitif qui ouvre sur des vérités. Alors j’ai ouvert mon livre, mon jeu et mes sentiments ici. Simple, libre, clair. Pourquoi? Je ne sais pas exactement, mais c’est comme ça. Peut-être ce sentiment de faire partie d’une communauté, me savoir lue par vous, voir les chiffres du compteur marquer le 800 lecteurs hebdomadaire. C’est paradoxal, car je livre maintenant davantage d’intimité que par le passé, alors que j’avais moins de lecteurs. Mais j’ai apprivoisé mon espace virtuel, comme les lecteurs m’ont apprivoisé, peut-être? De toute façon, libre à vous de skipper les bouts qui vous ennuient, et libre à moi de partager une dernière fois ces situations de vie qui furent douloureuses*. Je sais qu’il y a des vérités et des sagesses à en tirer. Preuve: je ne pourrais pas savourer mon bonheur présent avec autant de délectation si je n’avais pas traversé ces mers de tempêtes dans des relations houleuses depuis trop longtemps…

* Ne vous en faites pas, il y eu de bons moments aussi dans ce passé avec ces hommes merveilleux, tout pleins de petits bonheurs, de beaux projets et de grands rires, mais ils n’étaient pas compatibles avec moi et nos divergences personnelles nous empêchaient d’apprécier la vie ensemble. Mais ceci est le sujet d’un prochain billet.

2 réflexions sur « Sagesses et réflexions »

  1. Yannou!Il me semble que ça fait longtemps, au moins trois siècle qu’on s’est pas vu ou lu (alors que ça doit faire deux-trois jours? je tiens pas de comptes! Je te répondrais, chère tendre amie, que tu ne fut jamais une remâcheuse de mou, en tout cas, pas avec moi. Oui, tu avais besoin de parler de ce qui ne marchait pas bien… Et oui, j’avais l’impression de te répéter souvent la même chose… Mais, je comprennais totalement. On pense à tord qu’un malheur dans lequel on est installé et auquel on s’est habitué, est souvent mieux que l’inconnu – ce qui est évedemment faux. Mais il faut prendre le parachute et ouvrir la porte de l’avion… Qu’importe si tu sautes les yeux fermés, le parachute s’ouvre toujours! garantie!Non, tu ne te plaignais pas. Mais tu étais moins à l’écoute des autres, ça c,est plus vrai… Il était plus difficile de te raconter des choses à cette époque, car tu revenais constamment à toi… Ce n’est pas un reproche. Au contraire, je comprennais que ton cerveau était englué de réflexions et que les oreilles étaient bouchée par la cire des réflexions… Raconte si tu veux… On va te lire, c’est sûr.

  2. Oui mais ce que je comprends pas, c’est pourquoi j’ai encore besoin de parler de ce passé si j’en ai déjà tant parlé pendant les relations. Il me semble que je pourrais dire « affaire classée »! Mais non, ma perspective actuelle, et mon équilibre sain actuel me remettent en lumière mes erreurs passées, l’absurdité de certaines situations vécues.*Tant mieux si tu trouves que mes oreilles sont débouchées maintenant!*Joss: demain matin je serai au cours de Yoga… 😉

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