Zone d’angoisse

Mon problème est doré, je sais, car je nage généralement en plein bonheur ces temps-çi. Mais je demeure moi, avec mes angoisses d’aaartisssss et de femme toute pleine de questions et de doutes. Pffff. Je me fais chier moi-même. Alors je vous partage mes angoisses, afin d’alléger les miennes. Peut-être. Déprime de vendredi soir raté.

1) Il est bientôt 21h et je n’ai pas soupé. Je n’ai aucune idée de ce que je vais bouffer, je n’ai aucune inspiration, et aucune envie de cuisiner pour moi seule.
2) Je ne suis pas sortie de la journée, malgrés la neige jolie et tout le monde qui le crie partout. Je vois par la fenêtre, et ma culpabilité n’en est que plus grande.
3) J’ai manqué mon dernier cours de Yoga. J’en ai manqué 3 en ligne. Je me sens moche et coupable, encore.
4) Plus du tout habituée à une soirée seule (ça s’oublie vite le célibat) je n’ai rien planifié ce soir, même si mon amoureux m’avait prévenu depuis des semaines qu’il célébrait l’anniversaire de son cousin ce soir. Alors je me retrouve le bec à l’eau. Et il va rentrer tard, tout joyeux. Moi je me sens plutôt de mauvais poil. Heureusement, je vais probablement dormir, alors il ne verra pas.
5) Mon unique tentative d’organiser ma soirée fut un échec, vu la dernière minute de la chose. Mon éditrice n’avais pas relu mes textes, nous ne pouvions travailler ce soir. Ma seconde tentative ne compte pas, car je n’ai même pas laissé de message sur le répondeur de Madame A. que j’ai tenté de rejoindre 3 fois. Pathétique.
6) Ma grippe carabinée me rend moche et morveuse. Je me sens nulle et toussante, fièvreuse et pleine de rougeurs. Je n’ai aucune envie de me retrouver dans un bar, encore moins seule. Et qui voudrait passer une soirée avec moi, de toute façon?
7) Il est hors de question que je reste plus longtemps devant cet écran, devant lequel j’ai passé de trop nombreuses improductives heures cette semaine.
8) J’ai dépensé un nombre incalculable de minutes de procratination à blogger aujourd’hui. Oui, je me sens coupable. Très.
9) Mon travail de cette semaine, sur la foutue narration de mon film, est nul à chier (j’exagère, je suis toujours très dramatique quand j’angoisse). Il manque la moitié du texte sur les 23 minutes du film, et le ton est foutrement décousu. Je suis très découragée. En plus c’était ma dernière chance, vu que j’ai 300 films à visionner la semaine prochaine pour un jury de court métrages. Au moins je serai si occupée à voir les films des autres et à les critiquer que je ne penserai pas à quel point mon propre film est ennuyant.
10) Mon film semble ridiculement interminable. J’ai très honte de tout le temps mis sur ce film pour le résultat que ça donne. Parfois je le trouve presque kétaine. Je suis vraiment ridicule, à me plaindre comme ça et à déprimer, alors que j’ai passé la semaine à essayer de terminer un film sur les plaisirs de la vie. Franchement.
11) Non, je ne pleure pas.
12) Oui, j’ai encore un sens de l’humour (mais il est plutôt cynique ce soir).
13) Je n’arrive pas à quitter cet écran, je pense vraiment avoir développé une dépendance technologique incurable.
14) Merci, je me sens mieux maintenant.

Bon. Faut que je fasse un plan. Primo, dernière tentative de rejoindre une victime consentante pour partager une bière. Deuxio, trouver de la nourriture. Si je visais des sushis, peut-être que je me sentirais mieux? Troisio, sauver ce post, le publier et me sauver au plus vite.