L’emportement

Voilà le titre de mon prochain recueil de poésie. Je suis contente. C’est bien de l’emportement dont il est question. Bien travaillé cette semaine avec mon éditrice. Elle m’a proposé un fil rouge pour tisser mon livre, et tout me plait bien. Ce bouquin me ressemblera. Dans tout mon emportement.
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Tourbillon de travail et de projet, car il faut bien se relever quand on tombe. Il semble que je suis comme ça, après la chute, je me relève. Alors bien armée de mes trois pompes d’asthmatique nouvellement révélée, j’ai remonté mes manches cette semaine pour ratrapper le temps perdu à me soigner. Quelle absurdité que le sort des travailleurs autonomes parfois. Pas droit à la maladie. Bref, j’ai tourné mon prochain reportage pour Silence, on court. Une entrevue très riche et révélatrice avec l’étonnante photographe Véro Bomcompagni. Elle a terminé son premier court métrage, un film entre l’art et la danse avec une jeune femme en chaise roulante. Bien heureuse d’avoir croisé le chemin de cette grande artiste sensible. Elle a accepté de me tirer le portrait pour la couverture mon mon prochain bouquin. Je me veux nue et sans voiles sous l’objectif et en couverture de bouquin. Rien de moins pour l’emportement de mes mots. De quoi faire taire mes angoisses jusqu’au prochain cycle.
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Toujours sous le thème de l’emportement, je me suis fait colère un peu aussi cette semaine. Je n’ai toujours pas été payée par l’Office National du Film du Canada pour mon reportage sur Herman Guitierrez qui se trouve en page d’ouverture du Grand site officiel depuis avant Noël. Je trouve cela scandaleux, et voilà, j’en ai tellement mare que je le dis ici. Mon frigo est vide, mon compte de banque aussi, mes paiements en souffrance. Mais mon amoureux m’a donné une piste superbe pour la signature de mon prochain contrat: exiger d’être payée sur livraison du projet. Vous n’avez pas de chèque pour me payer mes services? Dommage, pas de reportage pour vous. Ce n’est pas du chantage, c’est une arme pour me faire respecter un peu, car j’ai parfois l’impression qu’on rit de moi. L’automne dernier la Place des Arts a mis 3 mois à me payer pour mes services. Facture égarée, plaidèrent-ils. Les travailleurs autonomes doivent se faire respecter. C’est étrange, mais on dirait que plus l’institution est grande et reconnue, plus c’est difficile de considérer les personnes qui attendent des chèques pour leurs loyaux services. You-hou, il n’y a pas que des salariés-assurés-pensionnés sur terre. Yé suis là moi, et beaucoup d’autres. Et il faut qu’on mange, aussi. Bon.