L’amour des mots

J’écris depuis toujours, depuis je sais écrire. J’écris des poèmes depuis l’âge de 8 ans. Je me souviens de ces petites histoires de flocons et d’hiver. Je dessinais à côté de mes poèmes d’enfant. Puis les années ont passé, et à l’adolescence ma passion fut confirmée: j’étais amoureuse de l’écriture. Je remplissais des cahiers entiers par plaisir de l’écriture, par rendez-vous avec moi-même

J’écrivais aussi des correspondance avec ma grande amie d’enfance, Véro. Nous échangions des cahiers où nous racontions des tranches de vie. De 12 à 16 ans, nous avons remplis 7 ou 8 cahiers. Nous avions réinventé le journal intime. Elle était ma voisine et ma meilleure amie. Je me souviens de ma joie le matin alors que je trouvais le cahier tout froid dans ma boîte aux lettres. Je lisais ses histoires, ses partages, ses confidences, ses questions. Nous étions liées par l’écriture et par la vie. Le soir, je lui répondais en partageant à mon tour mes doutes et mes angoisses, mes rêves et mes espoirs d’adolescente. Nous mettions des photos, des dessins, des folies, des parfums dans ces cahiers. C’est fascinant de les lire à nouveau. De voir cette belle évolution entre 12 et 16 ans, quelques années, mais une planète. Nous avons couché sur le papier le passage de l’enfance à la vie de petite femme. Nos priorités et nos questionnements démontrent de ce changement. À 12 ans, on discutait de recettes et de notre prochaine visite au Mail Montenach, le Centre d’achat du coin. À 16 ans, nous parlions du nom de nos futurs enfants, de nos rêves de carrière, de nos amours tourmentées et de nos premières blessures amoureuses.

Parenthèse:
J’ai malheureusement perdu trace de cette belle amitié forte, dans quelques dédales d’un corridor de Cegep, nos chemins se sont séparés, je ne sais plus trop bien pourquoi. Elle est psychiatre aujourd’hui, et mère de deux jeunes garçons. Je ne sais pas leurs noms. Je suis sûre qu’ils sont beaux ses petits hommes. J’aimerai bien la contacter. Je cherche parfois sa trace sur Internet, sans succès. Je ne l’ai pas revue depuis dix ans. Je pense encore à elle souvent. Je sais qu’elle pense à moi aussi. Mais ceci est une autre histoire.

Mon amour de l’écriture a continué à évoluer pendant ma vie. Toute mon adolescence, j’ai écris plusieurs poèmes d’amour et mes premiers textes érotiques. J’avais un grand plaisir à les lire à haute voix. Ensuite, j’ai étudié en communication et j’ai tenté le journalisme. Pas pour moi. Loin de la poésie, rechercher l’information exacte et couper les métaphores ne m’allait pas. Mon excellent professeur Jacques Larue-Langlois, tristement décédé l’an dernier, me l’avait clairement dit. Je crois qu’il m’aimait bien. Il m’a fait sentir que j’avais un certain talent pour l’écriture, mais pas journalistique…

Ensuite, au début de ma vingtaine, j’ai croisé le chemin de quelques écrivailleux; des poètes, des conteurs, des écrivains, des scénaristes. Certains furent mes amants, d’autres mes amours ou mes amis. Certaines de ces amitiés font encore partie de ma vie maintenant. J’écrivais alors comme aujourd’hui, avec emportement et passion. Cela a donné un premier recueil de poème, publié chez Planète rebelle: Mordre.

Et maintenant, comme plusieurs d’entes vous savez, je prépare le second, L’emportement, toujours chez Planète rebelle. Et j’adore tout autant l’écriture racontée. J’ai eu un énorme plaisir et une grande satisfaction à entendre mes mots dans la bouche de Suzanne Clément lors de l’enregistrement de la narration de mon film Plaisirs. Et bientôt j’enregistrerai quelques poèmes audio pour le DVD qui viendra avec ce livre-DVD. Cadeau des mots à moi-même: mots écris du livre, mots-images du film, mots-narration du film, mots-dits de mes poèmes. Poésie sur tous les temps. Et les médiums.