War (suite)

Je me fais plutôt silencieuse ces temps-ci. Mais je travaille, et je réfléchis. Entres autres à cette guerre qui secoue le proche-orient. Voici ma réponse à un lecteur qui commentait mon billet précédent.
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cher honorh,
Il est vrai que ma connaissance du sujet est limitée. Ces conflits sont extrêmement complexes et l’information dont nous disposons est souvent biaisée. Mais, de ma vie confortable et protégée, comme vous dites, j’aspire seulement à un peu de paix et d’égalité pour les zones du monde qui n’en n’ont pas. Et je ne me plaint pas, je constate seulement que certains gouvernements ont une diplomatie et une approche pacifiste qui sied mieux à mon esprit utopiste et pacifiste. Et le gouvernement Harper n’est pas de ceux-là, c’est tout. Je n’ai pas voté pour lui, je subis ces politiques pro-guerre que je désaprouve au plus haut point. Je veux le bonheur des Libanais, des Palestiniens et des Irsaeliens. Je veux la paix et la fin de la guerre, comme tous les enfants de la terre. Je veux aussi la fin du Hezbollah, car c’est la seule façon de redonner la paix au Libanais. Et je veux que ce démantèlement se fasse par la force internationale, et non seulement par les frappes Israeliennes. Je priorise la voie diplomatique.
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Avez-vous déjà imaginé un monde sans armes, sans missiles, sans fusils, sans bombes, sans nucléaire? Il resterait ce qu’on ne peux empêcher: les sabres, les épées, les couteaux. Les guerres, inévitables, redeviendraient alors celles des combatants et des soldats, elle ne serait plus une hécatombe de civils, tel que c’est aujourd’hui. Les avancées technologiques nous laissent croire à l’évolution de la civilisation humaine, mais est-ce réellement le cas?

War

C’est inévitable, mais cela m’attriste énormément. Ces conflits complexes font trop de victimes civiles. Mais pourquoi, après des siècles de déchirements, les humains n’ont-ils pas compris l’absurdité des actes de guerre. J’ai très honte du gouvernement Harper en ce moment qui ne dénonce pas les frappes démesurée d’Israël sur le Liban. Le plus difficile est d’admettre que les conflits raciaux et inter-religieux n’ont pas de fin. Ils n’en auront jamais, semble-t-il. Parce que la violence et l’ignorance ne disparaîtront jamais. Mais tout de même, est-il possible d’avoir un gouvernement qui puisse présenter ses condoléances aux familles de victimes canadiennes du conflit? Est-ce trop demandé de sommer ce gouvernement de tout faire pour empêcher davantages de victimes civiles? Cela me semble un principe de base: la violence attise la violence. Qui sera le plus intelligent pour vraiment stopper toute agression, et désarmer ses milices?

J’adore mon métier

Je vous l’avais déjà dit? Pas clairement en noir sur blanc, mais quand même. On sent bien ma passion pour ce que je fais (des films, de la réalisation, du montage, de l’image, du son et même des mots; de la créativité, quoi!), mais je l’affirme ici: je suis folle de mon métier .
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Il n’est pas rare que j’éclate de rire alors que je suis en train de monter une séquence que je tente de faire comique (et je suis mon premier public). Il n’est pas rare non plus que je pleure à chaudes larmes en visionnant des séquences touchantes (comme le film de Serge Gigère pour lequel je fais la bande-annonce en ce moment). Il m’arrive aussi d’éclater de colère, outrée, devant les faits qu’on me présente dans un documentaire (comme dans les films d’Ève Lamont, pour qui je travaille à l’occasion). Je suis créative, je carbure à l’émotion. Je suis vivante et passionnée. Dans la vie. Dans mon travail.
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J’ai clavardé avec ma petite cousine cette semaine. Elle a 20 ans. Je l’adore. Je la gardais souvent quand elle était petite. Moi j’avais une vingtaine d’années, elle la dizaine. Elle étudie en psycho en ce moment. Elle se pose des questions sur sa carrière, ses choix. Me demande à quel moment j’ai trouvé « ma voie ». Vers 20 ans, justement. Et je lui raconte ma « révélation » pour mon métier. Car j’ai la chance d’avoir eu l’appel, « la vocation », comme une voix venue de plus haut que moi pour me dire que j’étais à la bonne place, au bon moment. L’illumination, l’exhaltation, la joie, le bonheur, l’accomplissement. La totale. La passion. Celle qui vous fait passer 24 heures en ligne sur un projet, sur un buzz. Celle qui vous fait dire: je veux faire cela toute ma vie. Sans l’ombre d’un doute. Même quand c’est difficile, même quand on arrive pas toujours à payer l’épicerie, dans les temps difficiles. Parce qu’on aime ce qu’on fait, les gens qu’on y rencontre, ce qu’on accomplit, les valeurs qui se dégagent de ce métier. L’éventail de choses qu’on peut y faire. La magie de ne pas être cloisonné à une seule tâche, le renouvellement constant de la chose. La magie, point. La création pure. La buisness. Les défis.
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On passe tant de temps à travailler dans notre courte existence, vaut mieux adorer notre métier. Simplement. La vie est si belle quand on se lève le matin tout plein de joie de ce qu’il y à faire ce jour là. Et ceux qui me sortent l’argument de sécurité financière pour justifier un travail qu’ils détestent? Je vous réponds que rien n’est aussi payant que la passion. Mais il faut plonger à fond, et jouer le risque…

Inclassable

2/2. Deux refus sur deux réponses, à date. Je propose mon film Plaisirs dans les festivals depuis quelques mois, et j’attends des réponses. C’est très étrange de recevoir ces refus, surtout que je sais que mon film est vraiment très beau et poétique. C’est une opinion biaisée, me direz-vous (et vous avec entièrement raison), mais c’est la pure vérité. Objectivement, si je me détache et que je regarde ce film sur les plaisirs de la vie, sur lequel j’ai travaillé pendant cinq ans, je peux affirmer sans ambages que c’est un beau film. J’ai eu les commentaires d’une centaine de personnes jusqu’à maintenant et c’est unanime. Ce film est beau. Profond et léger. Et touchant. Essentiel. Point. Mais voilà qu’il est inclassable. On le regarde, et on se demande:
– Est-ce un documentaire? oui et non.
– Est-ce une fiction? oui et non.
– Est-ce un essai? oui et non.
– Est-ce un film d’art? oui et non.
C’est une oeuvre qui est comme la vie, un peu tout ça et pas du tout une seule chose. Je suis bien contente d’avoir réussi à faire un inclassable. Car, pour ceux qui l’on vu, Plaisirs demeure une oeuvre accessible. Pas de la poésie en trou-de-cul de poule. Pas du guindé-inaccessible-chiant-m’as-tu-vu. Pas une connerie incompréhensible. Pas un autre film torturé-déprimé-sadique-cynique. C’est beau, joyeux, festif, gourmand, sensuel. C’est lumineux.

Une programmatrice de festival a adoré mon film. Touchant. Beau. Mais ne cadre pas dans la programmation. Ok, d’acc. Mais je le montre où, mon film?

Heureusement, je sais déjà qu’il jouera au cinéma Beaubien à Montréal en novembre prochain. Au grand public de juger. Et ça tombe bien, c’est pour eux que je l’ai fait, ce film.

De toute façon, vous êtes plus nombreux à me lire ici que le public des salles de festival. Et tac. J’adore avoir un blogue. Je vous le donnerai en pièces détachés ici, mon film, tien. Comme ça vous verrez. Et en grand nombre. On appellera ça « Le festival Vivre la vie ». Premier festival mondial de films online. Yeah. Dès le 30 septembre.

Été

Voici ma wild bunch préférée. Remarquez bien mon amoureux à l’arrière-plan, aussi fier Papa de trois mousses de cette photo. Il porte une coquette margerite à l’oreille, cadeau de la belle et grande Raphaëlle, jeune fille en blanc sur la photo. Je les adore, vous savez! Dire que l’an dernier j’étais une célibataire sans enfants dans sa vie! J’ai toujours sû que j’étais particulièrement adaptable, amoureuse de la vie. Et les enfants, c’est la vie! Yeah!

Il fait chaud ce week-end, les piscines et les lacs du Québec vous attendent! Versez-vous un verre de rosé, grillez de la grillade, jardinez en famille ou en solo, baladez-vous à bicyclette, prélassez-vous dans un parc! C’est le Québec à son meilleur… Enjoy!

Lin Li Che

Ma grande copine de Chine s’est mariée hier. Je lui ai lu ce mot. Je le partage ici avec vous.

Je l’ai connue quand nous avions 13 ans, elle avait le même sourire. Nous avons fait les 400 coups ensemble. Nous avons fait tout notre secondaire côte-à-côte, à rêver et parler de la vie, de nos projets futurs, des pays lointains et des langues étrangères, des angoisses adolescentes et de nos amours naissantes. Des heures au téléphone et en réalité. Nous écoutions des films français obscurs ou des classiques suédois. À 14 ans, nous faisions des « pellerinages » qui nous menaient de notre Rive-Sud natale à Montréal la Grande, dans les boutiques, les rues et les parcs de la cité. Nous partions toujours vêtues en « punkettes rebelles » avec nos cheveux rouges et nos docs marten, son khol noir sous les yeux et mon bérêt noir vissé sur la tête. Notre parcours était toujours le même, ou presque: librairie Nouvel âge, Dutchys, Scandale, Friperies sur Saint-Laurent, Rendez-vous à Rio, Le marché du livre et autres bouqinistes poussièreux. Un peu plus vieilles (à peine) nous allions à des concerts punks ou prendre un verre au Grand Café, où nous rêvions de ces beaux jeunes universitaires (beaucoup trop vieux pour nous) aux cheveux longs et aux lunettes d’intello. Nous avons traversé cinq années de secondaires sans se quitter, à vibrer au mêmes initiations de la vie en simultané (le premier amoureux, les premières sorties, les premiers différents parentaux, les premières expériences diverses). Nous avions la complicité, les rires incroyables, la marginalité, la curiosité, la culture, le développement de notre intellectualisme naissant, la gourmandise, le respect, l’écoute et l’échange. Nous avions l’amitié, la vraie. L’amitié dont les fondations solides nous resteraient pour la vie.

Au début de la vingtaine, la vie nous a un peu éloignées l’une de l’autre. Besoin de temps et d’air, probablement, puisque nous avons passées ces cinq années presque soudées l’une à l’autre. Nous devions vivre un changement de cap en solo, ce moment où on quitte réellement l’adolescence pour l’âge adulte. Puis la vie nous a ramenées sur la même rue, à Montréal, alors que nous étions à l’unversité. Pas de hasard, non. Élise me coupait les cheveux, et nous fréquentions des 5 à 7 bien arrosés et fréquentés par la faune littéraire. Nous étions de nouveau complices. Nous avons retrouvé un nouvel équilibre dans une nouvelle amitié, qui reposait sur les bases établies au sortir de l’enfance.

Aujourd’hui, nous sommes toujours complices, malgré la distance. Car Élise a définitivement mis le cap pour cette Asie qui la fascinait tant depuis toujours. Nous avons passé des heures à échanger une correspondance électronique foissonnante, et des heures à clavarder sur nos chemins de vie, nos nouvelles questions de femmes adultes. Puis, c’est avec elle que j’ai fait une partie de mon voyage en Asie l’an dernier. Je rêvais depuis tant d’années de voyager avec elle. Ce fut un véritable plaisir de se retrouver encore une fois, complices, gourmandes et coquines. Nous avons fait plus de 3000 photos de notre périple en Chine, mémorable.

Maintenant, Élise a choisi Taipei pour vivre et travailler. Depuis 6 ans, je crois. Puis elle a connu l’amour, tout d’abord l’amour du pays, puis celui d’un homme. O. J’ai eu le plaisir de connaître O. l’an dernier, lors de mon passsage dans son pays, Taiwan. O est la douceur et le calme, la sérénité et l’engagement dont rêvait Élise. Il sait calmer ses anxiétés, la rassurer. Il est généreux et ouvert, comme elle. Il aime découvrir, tout sourire. Il la suivrait jusqu’au bout du monde. Son amour est vivant, concret. Simplement à les voir ensemble, on voit.

Je suis tellement heureuse pour elle. Je leur souhaite un bonheur plein et serein, des projets et des découvertes. Je leur souhaite de construire une famille à leur image: ouverture, respect et générosité.

Ses photos sont superbes. C’est la tradition à Taiwan de faire les photos « officielles » de mariage avant l’événement lui-même. Le résultat est .