Solo 30×30 – Fortier danse

Voilà enfin que Paul-André Fortier est de retour à Montréal pour faire son solo 30×30. 30 minutes dansées chaque jour pendant 30 jours, dans un même lieu extérieur. C’est la 5e et dernière ville de son périple. Il sera là tous les midi, qu’il pleuve ou qu’il neige, pour offrir sa performance de danse contemporaine aux passants. Il sera à l’angle des rues Sainte-Catherine et Clark jusqu’à la mi-novembre. Je serai là pour le filmer. À moi le mandat de faire un documentaire pour raconter son périple…
Pour lire l’article à Radio-Canada

À la tivi – sur Canal Vox

Montréal, le jeudi 26 octobre 2006 – Le 31 octobre, un spécial Halloween à vous glacer le sang à l’émission Premières vues! Faites la connaissance de la reine du film d’horreur au Québec, Izabel Grondin. Le réalisateur du film Sur le seuil, Éric Tessier, partage ses impressions sur les courts métrages gore et trash de la jeune cinéaste qui se consacre uniquement au film d’horreur depuis une dizaine d’années. Le fondateur du Festival de films d’horreur SPASM, Jarrett Mann, nous parle de l’événement qui fait de plus en plus d’adeptes. À la chronique techno, Yannick B. Gélinas nous explique comment réussir des effets spéciaux épeurants. Pour une soirée d’Halloween réussie, regardez Premières vues le mardi 31 octobre à 20 heures sur les ondes de Canal Vox.
Visitez le site Internet et le blogue techno de Premières vues.

CIBL – Kinécittà

J’ai oublié de vous dire que j’étais hier à la radio de CIBL à l’émission culturelle de la sympathique Fabienne Cabado. Paul-André Fortier et moi-même y étions invités pour parler du projet 30×30. Une heure de radio est pour moi une heure de plaisir. À parler de l’emballant projet de Paul-André, qui danse son solo dehors en plein centre-ville de Montréal, tous les jours à 12h15, pendant 30 jours. À parler de ma passion pour la danse que j’espère contagieuse. À parler des images filmées à travers son périple dans 5 villes à travers le monde. À parler de danse contemporaine et des publics qui la reçoivent gratuitement comme un cadeau. Allez donc voir danser Paul-André. Vous pouvez passer, vous arrêter 5 ou 30 minutes, c’est gratuit, c’est dehors, c’est dans un terrain vague coin Sainte-Catherine et Clark à Montréal.

L’article de Fabienne dans le journal Voir

Révolution verte

Notre sombre gouvernement Harper frappe encore. Ils tentent de faire adopter une absurde loi « contre le smog » alors que ce sont les changements climatiques qui sont la pierre d’assise de tout le problème environnemental. Alors que l’opposition et tous les citoyens crient unanimement qu’il faut agir et que la position du gouvernement Harper est inadmissible. Je me demande seulement comment peut-on être à ce point contre la vertue? La verte vertue, vous savez. Il faut agir, fort et vite, afin d’éviter le pire. Et seulement pour tenter de minimiser l’irréparable. Car nous avons déjà tant endomagé la terre que tous les environnementalistes s’entendent pour dire que nous allons tout droit à notre perte, et nous menons notre chère planète à l’abattoir. Les citoyens québécois semblent d’accord là-dessus. Unanimement verts. Si nous sortions dans la rue pour le crier?

Digimart 2006

Je suis disparue depuis quelques jours parce que je suis ici.
J’ai l’impression d’ouvrir la lumière et de voir des concepts qui existaient déjà dans le noir. Je me sens comme la princesse au bois dormant, et je viens de me réveiller. Beaucoup de pain sur la planche, mais le plan est clair. Au boulot. Vous verrez bientôt l’éclosion du vlogue Plaisirs. Enfin des images en ligne à vous mettre sous la dent.
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Pour tout lire sur les conférences Digimart visitez Sylvain qui blogue en direct.

À suivre aussi mon webzine Silence, on court! sur quelques invités de Digimart, et sa directrice Sheila de la Varende.

Réflexion sur Montréal et ses banlieues

J’adore Montréal. Petite, j’avais des frissons de plaisirs en franchissant le pont Jacques-Cartier. Je me souviens de mon excitation en entrant dans la cité de nuit: les lumières de la ville, les gratte-ciel, les milliers de voitures, des gens partout. Je suis profondément tombée amoureuse de Montréal je devais avoir 8 ou 9 ans. La ville était pleine de trésors, de gens excentriques, de boutiques raffinées, de nourriture introuvable dans la banlieue sud d’ou je venais. Adolescente, je faisais régulièrement des « pélerinages » en ville, le plus souvent avec ma copine Li. Nous nous balladions au centre-ville, dans les boutiques, arpentant la Saint-Laurent, la Saint-Denis, avec nos frimousses d’adolescentes ravies.

Vers l’âge de 17 ans c’est à cause de mes études au collège de Maisonneuve que j’ai enfin établi mes pénates en ville. Tout d’abord dans le confortable condo de ma chère tante Lou. Douce transition pour la petite princesse de banlieue. Mais ce fut une adaptation rapide. Entre les sorties au théâtre, les lectures de poésie, les films indépendants et les bars alternatifs, je jubilais. Marcher dans les rues de la cité était pour moi une bouffée d’air frais nécéssaire à ma survie, tout autant que mes escapades dans la nature. Mes années universitaires se déroulèrent dans la joie totale, bien ancrée dans Montréal.

Une fois mes études terminées je m’envolais pour l’europe. Pour les amours, pour le travail. Ce séjour ne rendit Montréal que plus chère à mes yeux. Deux ans plus tard, je retrouvais ma ville et ses habitants avec une joie exhaltée. Je m’installais à nouveau sur le plateau, ce quartier que j’adore, bien qu’on se plaigne de sa gentrification. Ma ville n’est pas parfaite. Elle est parfois laide et sale. Elle est parfois bâtie par des propriétaires qui la développent sans égard pour l’environnement ou les humains. Ses habitants peuvent être froids, comme dans bien des grandes villes. Sa pauvreté est parfois cachée, d’autre fois s’étale sur les trottoirs pour dormir, et ça fait peine à voir. -Je connais les visages de l’itinérance de mon quartier et du centre-ville car je les vois vieillir depuis une quinzine d’années.- Mais je m’égare. Je voulais simplement dire que j’aime ma ville, et que je n’imagine pas la quitter vraiment un jour.

Mais voilà qu’il y a un an exactement j’ai rencontré le Grand Amour. Celui qui vous fait utiliser des mots comme « toujours » « éternité » « par-delà le descriptible et l’indescriptible ». Voilà que ce cher homme habite la banlieue nord, avec ses mousses. Une jolie maison, avec un terrain et des arbres. Voilà que je migre à temps partiel vers la banlieue. Stupeur. Moi l’urbaine, je passe au mode banlieusard. Étrange retour de la vie, car c’est là que j’ai poussé. Mais je ne serai jamais une véritable banlieusarde. Lui non plus d’ailleurs. Il est comme moi, fait de ville et de campagne, de béton et de forêt, de métal et d’eau. Mais nos destins liés ont posés leur pénate dans la banlieue, pour l’instant.

Mais je n’arrive pas à vraiment me sentir chez moi dans la banlieue, bien que je sois chez moi dans la maison. Je suis étrangère à toutes ces routes et ces autoroutes, ces supermarchés occupés le mercredi matin par de vaillantes petites maman à la maison. Je les salue avec respect, d’ailleurs. Mais moi je me sens déphasée ici. Pas chez moi. Un je-ne-sais-quoi d’inconfort. Je vois bien que c’est la vie pratique pour les enfants, avides d’espace et de sécurité. Mais je sais que les enfants peuvent aussi être très heureux en ville (le journal l’a dit la semaine dernière). Je n’arrive pas à dire exactement ce qui me dérange dans la banlieue. Une saveur artificielle, je crois. Une sorte de Hamburger Helper de l’habitation. Je cherche l’authentique, et la banlieue, bien que villagoise ou agréablement québécoise, reste un rêve américain en préfabriqué. La banlieue cultive la distance et les apparances, le béton et le culte de la voiture.

Lisez-moi bien, j’ai beaucoup apprécié mon été banlieusard; entre les BBQ et la picsine, mon terrassement et les oiseaux, les parties de foot au parc et les marches à la rivière, le skate park et le ciné en plein-air. Je ne rejette pas tout en bloc: je questionne. En fait, il suffirait de revoir l’urbanisme des banlieues pour les strucuter en villages. Voilà qu’on retrouverait naturellement l’essence de la nature humaine et de l’autenticité que je recherche; la communauté.

Frôler la mort

Samedi matin nous avons traîné un peu à la maison. On quittait pour Montréal, mais plusieurs petites tâches à effectuer sur le terrain on repoussé notre départ qui se voulait matinal. Nous quittions finalement la maison vers midi quize. On partait de Bois-des-Filion pour se rendre à l’appartement montréalais. Par la 19. Celle qui croise le chemin de la Concorde. Celui qui s’est effondré. Exactement le même. Par un concours de circonstance (que nous avons fort heureusement gagné, Le Ciel soit loué), nous avions décidé de faire un arrêt à Laval pour retourner un disque dur défectueux que nous devions retourner depuis deux mois. J’étais au volant. Je me souviens avoir eu une fraction de seconde d’hésitation à la sortie Saint-Martin (la dernière avant le fatidique lieu d’accident). Je me disais que j’étais déjà bien en retard sur mon horraire, et que ce détour me retardait davantage. Puis je me suis dit encore que ce disque dur m’était essentiel, et que je devais faire cet arrêt. J’ai pris la sortie. Chez Micro-byte nous avons rapidement trouvé solution à notre problème, ressorti avec un disque dur fonctionnel. Il faisait beau, nous roulions doucement dans des petites rues de Laval. Le téléphone de Sylvain a sonné. C’était sa mère qui nous annonçait l’accident. Je crois bien qu’elle s’assurait en même temps que nous n’étions pas sous le tablier de ce pont qui s’est effondré. Effondré exactement au moment où nous aurions très bien pu y être. 12h15 Bois-des-Filion, plus ou moins 15 minutes nous séparait du lieu de l’accident. Sérieusement. Nous avons vu des piétons et des cyclistes accourir de partout dans les rues pour se diriger vers le mur anti-bruit qui nous séparait de la route. La Route.
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Dans la voiture, j’ai entendu la moitié de la conversation de mon homme avec sa mère. Je suis restée abasourdie quelques secondes. Comme quand on apprend la mort de quelqu’un qu’on connait. Sous le choc. Je n’ai même pas pensé que nous aurions pu y être sur le coup. Non. Quand il a raccroché, je lui ai dit de m’écouter d’abord. D’écouter mon histoire. Avant même qu’il m’en dise davantage.

Ce qui m’assomait était cette vision claire et ses pensées que j’ai eu il y a quelques jours, en traversant le pont Papineau qui surplombe la Rivière-des-Prairies, pas très loin du lieu du terrible accident de samedi. Pendant quelques minutes j’avais alors complètement visualisé le pont qui s’effondrait alors que je roulais dessus. J’ai vu le pont s’effondrer dans l’eau, avec moi qui roulais sur le pont, qui tombait, tombait. J’ai pensé au choc que cela ferait. Je me suis demandée si je mourrai sur le coup en frappant l’eau, les os brisés, ou si je mourrai noyée, prisonière de ma voiture qui s’engouffrait dans l’eau. J’ai pensé à ces films où l’on voit les gens s’évader dans de pareilles circonstances. Je me suis dis que la pression de l’eau serait probablement trop forte. Qu’il me serait impossible d’ouvrir la portière et difficile d’ouvrir la fenêtre, avec toute la pression d’eau de la rivière glacée, alors que mon véhicule coulerait doucement vers le fond. Puis j’ai imaginé le scénario si je réussissais à sortir de l’auto, je nagerais vers le loin. J’ai même jetté un coup d’oeil au fort courrant pour me dire qu’il me faudrait aller dans son sens, me laisser aller, pour aller le plus loin possible de l’effondrement du pont. Je me suis dis que si je survivais jusque-là il me faudrait aussi ne pas me faire tuer par les autres véhicules qui tomberaient du pont. Tout cela avec moults détails, en traversant un pont de la 19, très près du lieu d’accident, quelques jours plus tôt.

Ça vous arrive souvent (avant, je veux dire) de penser à des ponts qui s’écroulent avec vous dessus? Moi c’était la première fois que j’y songeais, et ce quelques jours avant l’effondrement fatal du viaduc de la Concorde. C’est fou, hein?