Ce qui touche

Ce matin j’avais les oreilles neuves. J’ai posé mes écouteurs dessus. « Will You Follow Me » d’Ariane Moffat. Sans savoir pourquoi, sans raison particulière, larmes. Comme ça. Touchée. Parce que. Parce que je suis sensible. Vibrante. Parce que je carbure aux émotions. J’attends toujours le moment d’être transportée. C’est ma source, ma vie. C’est par ces émotions que je fais mon travail. C’est aussi par ces émotions que parfois je ne fais pas mon travail. Je suis une indisciplinée qui se discipline. Je tâche de rendre mes débordements affectifs fonctionnels. Je me cadre, je me propulse dans une direction, et j’opère. Sauf que parfois j’ai un peu de difficulté à partir le moteur, parce que je dois vibrer pour travailler. Parfois je me contraint et j’arrive à faire des choses alors que je travaille avec ma tête. Mais mon coeur fini toujours par embarquer.
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Je vous ai déjà dit que je veux un piano?
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Je suis une artiste. Jusqu’au bout des ongles. Je vis de création. Parfois on me dit que je suis chanceuse. Peut-être. Un peu. Ou beaucoup. Mais j’ai fait de la place à la chance dans ma vie. Je lui donne de l’air pour qu’elle arrive, la chance. Comme de partir vivre à l’étanger en laissant tout derière soi pour quelques années. Comme de ne pas faire de 9 à 5 dans une grosse compagnie. Comme de laisser entrer dans ma vie un homme qui a trois enfants. Comme disent les vieux, on a juste une vie à vivre. Vrai.

Pour plusieurs personnes, ce mode de vie est risqué, impensable. Pour moi, c’est l’évidence. C’est un mode de vie où je m’appelle liberté. Je n’ai pas de limites. Je fais. Je tâche d’être dans l’action, de faire ce que je veux, mais de toujours le pousser jusqu’au bout. Dans le respect. Respect des autres, de moi. Avec un idéalisme qui peut paraître naif. Parfois je suis découragée, parfois je me sens lasse, dépassée, indisciplinée. Ce qui me ramène est la réalité, les pieds dans le sol, les balises sociales, les obligations. Mais une fois lancée, tout roule. Je me demande quand même quel genre de société nous aurions si davantage d’individus adoptaient ce mode de fonctionnement? Si tout le monde avait un travail qu’ils aiment, une vie qu’ils aiment, un amour qu’ils aiment?

Yannick-la-fille à Macadam Tribu

Je porte un prénom tradionnellement masculin. J’aime mon prénom. Il me ressemble. Un peu marginal. Une touche de viking, de battante. Un prénom qui mord, mais en douceur. Il n’en a pas toujours été ainsi. À l’adolescence, c’était plus difficile. Mais maintenant comme adulte, cela suscite des réactions, des commentaires, et cela crée des situations parfois cocasses. Je le raconte dans ce reportage radio «vivre avec un prénom de sexe opposé» (reportage de Stéphane Leclair fait pour Macadam Tribu à Radio-Canada). Vous entendrez bien, je m’appelle Yannick, mais je suis une femme…

Hygiène féminine écologique: Diva cup

Je viens de franchir un nouveau cap dans ma conscience et ma pratique écologique! En fin de semaine je suis allée faire un tour chez Coccinelle maternité à Terrebonne. Cette petite boutique vend non seulement des articles écolos pour les nouvelles mamans, mais aussi des accessoires écologiques pour l’hygiène féminine. Je connaissais déjà le Keeper, et je cherchais à m’en procurer un. L’équivalent canadien est la Diva cup. Cette petite coupe de plastique souple s’insére un peu comme un tampon. Mais réutilisable. On lave toutes les 12 heures, avec un peu de savon et de l’eau. Fini les tampons achettés (et jettés) à chaque mois, et l’argent qu’on jette avec! Fini de polluer avec serviettes et tampons, de gaspiller des matériaux qui ont servi à les faire. Coccinelle maternité vend aussi des serviettes sanitaires lavables. Génial! Après les couches lavables, retournont aussi aux serviettes lavables, comme au temps de nos grand-mères! La différence: les tissus se lavent plus facilement, et les protèges-dessous écologiques sont conçus de manière très pratique. Une petite attache à motif qui se « snape » à la petite culotte, et on y insére des mini-serviettes lavables « luna pad ». Très bien fait. Pratique. Écologique. Trouvable en petits motifs rigolos ou en cotton beige biologique.

Sur le site de Martine la banlieusarde, on peut lire des discussions autours de l’utilisation de la Diva cup. Je viens de passer ma première période (!) d’utilisation, et cela demande une adaptation. Normal apparemment (ce n’est pas facile à mettre et enlever au début, crée des situations rigolottes). Mais je compte bien persister car on rejoint un double objectif économique et écologique! Et en plus, on a vraiment l’impression de se rapprocher de notre nature féminine… phénomère fascinant et agréable.

Fermeture de Silence, on court! (2)

L’histoire ne se termine pas sans un mot. Les internautes, les cinéphiles et les cinéastes font entendre leur voix et lire leurs mots! Antoine Godin écrit un billet sur Canoë. Son commentaire s’ajoute à l’article déjà publié sur Canoë dont j’avais fait mention dans mon billet précédent sur la fermeture de ce grand portail du court métrage francophone. Kim Saint-Pierre réagit fortement et judicieusement sur le blogue de Kino. Danny Lennon récolte une centaine de réponses sur le blogue du Journal voir. Allez faire un tour pour donner votre réaction.

Fermeture de Silence, on court!

L’aventure se termine après 5 ans. J’étais de l’équipe initiale de ce grand projet de courts métrages francophones sur Internet, mis en place par le citique de cinéma Michel Coulombe.

Mon point de vue sur la fin du projet que l’ONF a décidé de cesser de financer? C’est dommage, Silence, on court! a fait beaucoup pour le court métrage; lieu d’archive incroyable pour les Internautes cinéphiles, motivateur de nouveaux projets par ses multiples concours, répertoire impressionnant de courts métrages francophones, et collection de plus de 200 reportages sur le cinéma de court métrage au Québec et ailleurs dans la francophonie. Silence, on court! a participé à la vague d’émancipation du court métrage depuis 5 ans. Le site fut un précurseur en la matière, et se couplait merveilleusement avec la démocratisation et l’accessibilité de la production vidéo à l’ère du numérique. Ce site est né alors que la quatitée de courts métrages produits faisait un bon prodigieux, et les projets de diffusion et de création vidéo se multipliaient. Silence, on court! fut un phare pour plusieurs Internautes qui découvrirent le court métrage et pour des jeunes de la relève qui purent être diffusés sur une plate-forme reconnue, avec une visibilité inégalée (300 000 visionnements annuellement).

La disparition de Silence, on court est déplorable, mais ce n’est pas la fin de la diffusion de court métrage sur Internet. S’offre à nous (cinéastes et cinéphiles) de multiples possibilités, à travers les canaux de diffusions variés que sont YouTube, BlipTV, Revver, Glubert et autres Google Vidéo, sans parler des multiples podcasts de tout acabit. Mais tous ces sites ne sont que des canaux, avec une visibilité certe formidable, mais ils ne seront jamais le lieu rassembleur et dédié au court métrage francophone qu’était Silence, on court!

Je viens de donner une entrevue téléphonique à ce sujet à la reporter Francine Plourde de Radio-Canada. Diffusion ce soir du reportage radio pour le bulletin de nouvelles.

Voir article sur Canoë sur le sujet

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Chassés-croisés

Je travaille avec mon Grand Amour. Nous avons officiellement notre compagnie inc. depuis quelques mois. Au quotidien, on valse merveilleusement entre le travail, la famille, les projets et nos amours passionnées d’amoureux fous l’un de l’autre. Notre secret? On communique clairement les balises de nos territoires. Nous avons établi une règle tacite, que nous avons verbalisé ce matin:
– Faire une réunion dans l’auto: c’est ok
– Faire une réunion en lunchant: c’est bon, jours de semaine et dîners seulement
– Faire une réunion dans la chambre à coucher: non, pas bon
– Faire l’amour au bureau: oui oui, approuvé par la haute direction (après quelques tests, la compagnie a fait des recommandations à ce sujet et déterminé suite à une étude poussée que c’est excellent pour la productivité)

Le végétarien et la planète

Je ne suis pas végétarienne. J’aime la viande, raffinée et bien apprêtée. J’aime les cailles, le lapin et les cuisses de grenouille. Mais dans le tourbillon de la vie quotidienne je cuisine du boeuf, du poulet et même, oh scandale, du porc (mon scandale vient du fait que le porc est le produit des mégaporcheries, est boosté aux hormones et détruit les fermes familiales en plus de polluer la nappe phréatique). Mais j’aimerai bien être végétarienne. Même la Grande le réclamme. Les périodes de ma vie où j’ai eu des épisodes végétariens (mon maximum est deux mois consécutifs de végétarisme) je me portais à merveille, je me sentais saine, moins fatiguée, revitalisée.

Et voilà qu’hier j’ai eu le plaisir d’entendre la montée de lait d’une végétarienne bien informée: Patricia Tulasne. Elle a écrit Végétariens mais pas Légumes. Invitée à l’émission matinale de la télé de Radio-Canada, elle s’est emportée avec passion afin d’expliquer sa vision et ses arguments qui la poussent au végétarisme. De quoi convaincre les amateurs de viande de faire une douce transition vers un végétarisme partiel! Je tente de résumer quelques unes de idées clefs dont elle parlait;
1) le traitement infligé aux animaux est cruel et non respectueux de la nature (argument déjà connu depuis longtemps, mais capital, d’autant plus que les gens ne semblent pas vraiment en prendre conscience)
2) les animaux sont gavés de médicaments et d’hormones que l’humain consomme à son tour (je savais déjà, mais ouache)
3) la production de cette viande (et celle du lait et des oeufs) entraîne une grande consommation d’énergie qui contribue grandement au réchauffement de la planète. En conparaison la production de légumes demande 20 fois moins d’énergie pour nourrir plus de personnes. (Quel argument intéressant, nouveau pour moi, et dont ne parlent jamais les groupes environnementaux…)
4) La production de viande entraîne un très grand gaspillage d’eau, ressource qui n’existe pas en quantitée illimitée!

J’ajoutte:
5) L’emballage de la viande utilise une grande quatitée de matières non recyclées (pellicule plastique, stéromousse, re-double-sac-plastique à la caisse pour éviter que le sang ne coule).
6) Les fermes productrices de viandes, de lait et d’oeuf poussent la surproduction, donc la surconsommation et le gaspillage. Ils entraînent la fermeture des petites fermes familiales et la destruction de l’économie locale. Et cette méga-production entraîne des déplacements géographiques important pour arriver à vendre les productions, et donc encore plus de pollution, et moins de fraîcheur pour les aliments!

Patricia Tulasne mentionnait aussi qu’il n’existe pas de végératiens qui ont du surpoids. Vrai. Et il est vrai que manger végétarien ne veut pas dire faire une croix sur le bon goût des aliments, au contraire! Si la popullation réduisait sa consommation de viande de 30% cela aurait un impact environnemental important. À ne pas négliger. Penser à la planète pour se faire du bien à soi-même. Musique.

À fleur de peau

Depuis la publication de mon livre de poésie en avril dernier, j’ai peu écrit de poésie. La vie, l’été, le travail, l’amour, l’automne, les millions de choses à faire ont comblé mon besoin de poésie vivante. Ma posésie se vit en direct, mon bonheur si grand sur une longue période, un bonheur-racine. Mais les mots de beauté me hantent et vont ressurgir sur l’écran dans peu de temps, je le sens. Bientôt aussi ce sera le salon du livre de Montréal, et je serai là le vendredi soir pour une séance de signature au kiosque de Planète rebelle. Je vous y verrai peut-être?