Je suis comme je suis

Je suis sensible. Des jours plus que d’autres. En général, je suis sensible particulièrement au gens que j’aime. Parfois ça me rend irritable, d’autre fois ça me rend très heureuse, ou encore terriblement triste. Avoir les émotions si exacerbées, j’en paie le prix. Ce prix est le plein de vie ou le vide de la nostalgie qui s’attaque à mes dimanches soirs. La sensation de voir certaines amitiés s’effriter, alors que le temps passse, que les gens changent, que la terre tourne, et c’est normal. Ainsi va la vie qui va! Mais aussi chavirée par les états d’âmes de ceux qui me sont proches. J’aimerai bien m’en prémunir. J’aimerai bien avoir une armure qui laisse filtrer le soleil et pousser les fleurs, mais qu’aucune lance ne peut atteindre. J’aimerai ne pas avoir la tête lourde de cent tristesses dont je ne suis pas maitresse. Il me reste à me laisser emporter dans le flot du travail, des obligations, de la vie. La poésie comme remède. La musique comme rêve. Et beaucoup de tendresse de mon amoureux si merveilleux. Me couvrir de ses baisers comme un manteau opaque aux éclats de métal rouillé que la vie apporte. Être forte au-delà des déceptions, au delà des déroutes politiques vaines, au-delà des fatigues des conversations inutiles, de la bêtise humaine qui nous conduit tout droit à notre perte. Espérer retrouver des sourires perdus dans les dédales des erreurs passées, des mots proférés trop vite, dans la hâte de dire la vérité, alors que non, toute vérité n’est pas bonne à dire. Au-delà de tout, le pire est peut-être l’indifférence. L’indifférence me tue.
*
N’oubliez pas d’aller voter. Il ne vous reste que quelques heures.