Le temps qui passe

Encore le temps, comme un leitmotiv, qui vient alimenter mon imaginaire et mon écriture.

Courrir après lui, en manquer, l’observer, tout faire pour le ralentir, ouvrir la bouche sidérée de sa vitesse vertigineuse. Se couvrir de sa nostalogie, de ce qui est terminé. Rêver de ce qu’il sera pour construire des utopies. Laisser l’angoisse des possibles se dissoudre dans ses marées, où rien n’existe vraiment sans lui. Laisser naître des beautés, laisser s’en fanner d’autres sur son passage. Le temps comme mémoire, comme mateau de désir. Le temps qui fuit, le temps qui passe, le temps d’un rêve et j’en passe. Le faire rimer avec les idées convenues, des non-dits, des silences. Un frisson, une image, un tremblement. Le temps intangible et tellement réel. Le temps qui n’est personne et qui détruit tout. Le temps qui façonne, qui crée la beauté. Le temps qui se pare pour devenir durée, le temps qui ne finit plus pour devenir éternité, les regrets baptisés nostalgie, les rêves à venir nommés utopies, le temps imaginé qui est fantasme, le temps parallèle qui est fiction, le temps présent enfin ancré dans l’action. Même être immobile au présent est une action.

L’angoisse, soudainement appelle l’écriture. Et vlan: un coup de vent, je vous écris ce texte venu d’on ne sait où dans les méandres de l’espace-temps.

J’ai tellement hâte d’avoir un piano. Des textes comme ça, pour moi, ça appelle des notes, et tout est là pour que je transforme les mots en musique, et la musique qui roule sur les mots.