Tabou et blogue

Merci à Blogger qui a enfin amélioré son service. J’ai pu enfin mettre des mots clefs qui permettront de se retrouver dans mes archives. Je n’ai vraiment pas fini de revoir mes textes afin de les indexer, mais j’en ai fait une partie. Au hasard, un peu. Mais en même temps j’ai relu des textes, évidemment. Et c’est très curieux de revoir ainsi mes trois dernières années de vie à travers mes pensées, mes préoccupations, mes réalisations, mes humeurs, mon nouvel amour.

En même temps, je ressens une étrange culpabilité. Tout ce temps passé à écrire pour moi, finalement. Alors que des gens ont besoin de moi, alors que je pourrai être utile ailleurs. Alors que j’aurai pu faire tant et tant de choses de ce temps passé à écrire. Mais j’ai écrit, voilà, c’est fait. Complètement inutile de penser à ce que j’aurai pu faire de tout ce temps.

Je me sens blues ce soir. Je pense aussi à tout ce dont je n’ai jamais parlé sur ce blogue. Les tabous, les retenues, les discrétions pour les autres. Il y en a peu. Mais quand même, il y a un territoire dont je ne parle jamais. Et, étrangement, c’est un vaste territoire de moi-même. Et ce soir, j’ai envie d’en glisser un mot.

Je ne parle jamais, sauf à demi-mots, de ma famille. Oui, je parle souvent de « ma petite famille », c’est à dire de mon chum et de ses enfants. Non, je parle ici de famille plus élargie. Mais pas si large; je veux dire mes parents, mes grands-parents. Je suis très proche d’eux. Ma pudeur tiens au fait que je sais que cette famille élargie me lit (mes tantes ici, mes cousines belges, etc). Mais qu’est-ce à dire? C’est très étrange, car je suis incapable d’écrire autours d’eux, sur eux. Ceci n’est pas un journal intime, après tout! Alors pourquoi cet élan étrange et soudain pour révéler des pans de ma vie que j’ai toujours gardés diplomatiquement clos?

J’ai simplement envie de leur témoigner de mon amour, de mon support, à travers mon univers bloggien. Mon grand-père, qui est mon Parrain, est malade. Il termine doucement sa vie, qui fut riche et inspirante. C’est un homme que j’adore, que j’admire. Le voir souffrir est difficile. Se sentir impuissant devant la maladie de l’autre. Voir ma Marraine chérie (c’est ma grand-mère) souffrir à sa façon de cette situation qu’elle se refuse d’admettre, est aussi très difficile. Je tente de supporter ma mère du mieux que je peux dans cette épreuve. Je me sens maladroite, inutile. Et je voudrais aller les voir plus souvent. Je me sens coupable d’écire ces mots plutôt que d’être avec eux.

Je me sens coupable aussi car je voulais faire un film sur Parrain, qui a tant à raconter sur sa vie incroyable, et je ne l’ai toujours pas fait. Il est fatigué et malade. Ma caméra serait une intruse malvenue? Je ne sais pas. Il m’a dit bien vouloir me raconter sa belgique natale, la guerre, l’immigration, puis ses 25 ans à la mairie de son village au Québec. Mais en aura-t-il l’envie, la force? Quoi qu’il en soit, ses histoires m’habitent, m’habiteront toujours.