Deuil

Mon cher Parrain est décédé il y a quatre mois. Il était malade, atteint du cancer depuis plus d’un an. Il avait 83 ans. Il est parti dignement, comme un chef. Il est décédé un vendredi. Le mardi précédent, un après midi d’une journée très chaude de mai, nous avons pris une bonne bière belge ensemble. Une Leffe, que nous avons désaltérée et savourée dans un « aahhhh » commun. Ce moment est gravé à jamais dans ma mémoire. J’avais une grande complicité avec cet homme calme, au sens de l’humour légendaire. J’adorais discuter avec lui; parler de politique, d’actualité, d’environnement, de la sitation internationale, de l’histoire. J’adorais l’entendre me raconter ses histoires de vie, ses voyages, son enfance. J’adorais partager avec lui mes récits de vie, mes succès professionnels, dont il était fier (je le sais sans qu’il me l’ai jamais dit directement, je le sentais).

J’ai vécu le deuil de son départ assez sereinement, avec beaucoup de peine, mais une grande paix aussi. Il est parti sastisfait de sa vie, il a vécu heureux, il a accompli de belles et grandes choses. J’étais très fière de lui, de tout ce qu’il avait fait pour sa communauté. Il est parti me sachant heureuse, avec une vie devant moi pleine de potentiel. Il a eu un bel adieu, en grande, avec les pompiers comme porteurs et le drapeau de McMasterville en berne, municipalité de la Rive-Sud de Montréal pour laquelle il a été maire pendant plus de vingts ans.

J’ai pleuré son départ. La vie a repris son cours. Je pense très souvent à lui. Et le temps passe. On intégre doucement l’idée de la mort, du départ définitif d’un être aimé. Mais c’est très étrange d’apprivoiser l’abscence. Le temps passe, et c’est avec un grand sourire que je me souviens parfois de lui, de ses blagues, de ses grimaces, de ses chansons, de son rire. Parfois des vagues de tristesse m’envahissent, comme ce soir, alors que je m’ennuie tellement de lui. J’aimerai seulement aller le voir pour lui raconter mon nouveau travail et la semaine satisfaisante que je viens de terminer. On aurait pris une Leffe ensemble, sur sa galerie arrière, avec ma Marraine chérie à nos côtés. On aurait cogné nos verres pour souligner son anniversaire.

Lundi mon Parrain aurait eu 84 ans. Ce soir j’ai bu une bonne Leffe en écrivant ce texte, et c’est avec vous que je partage ce moment. Alors tous ensemble nous pouvons lui souhaiter: Bonne fête, mon Pilou!

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