Mode de vie: la campagne, les projets

J’en ai marre de toujours être fatiguée et sous pression. J’aimerai bien vivre à la campagne, faire de la soupe, des confitures et écrire des histoires. J’aimerai donner des ateliers de chant et de Yoga. Et m’occuper de mon bébé, aussi, peut-être, si un jour j’ai la joie d’en avoir un.

Si je trouve un coin de campagne qui me plait, j’ai aussi un projet qui me tient à coeur. J’aimerai faire des atelier de créativité pour artistes. J’ai déjà mon concept. Lorsque j’ai travaillé en europe il y a quelques années, j’ai eu l’occation de faire partie de groupes de réflexions sur les médias. Dans ces groupes se trouvaient des intervenants de plusieurs milieux qui luttaient contre la violence et le racisme dans les médias, et de plusieurs pays européens. Ces rencontres étaient riches et inspirantes, très saines. J’ai fait la connaissance de jeunes intervenantes sociales italiennes, de consultantes médias néerlandaises, de réalisateurs britaniques, de cinéastes de l’animation bulgares, de professeurs de communications allemands, de directrices de programme scandinaves.

Les rencontres-ateliers duraient quelques jours et se tenaient à l’extérieur de la ville, dans des campagnes calmes et inspirantes. Ces rencontres étaient financées par la communauté européenne, dans le but de susciter échanges et apprentissages des différentes stratégies et approches. Pendant deux ans, j’ai eu la chance de participer à cinq ou six de ces rencontres. Ce fut un moment professionnel et une expérience sociale très enrichissante, marquante. C’est à ce moment que j’ai décidé que je voudrais un jour mettre sur pieds de telles rencontres au Québec, probablement vers la fin de ma carrière. Il me reste donc quelques années de réflexion avant de mettre en place ces « retraites ». Mais je pourrais bien en faire un prototype…

Pendant quelques jours nous apprenions non seulement à connaître les autres, mais à nous connaître nous-mêmes, à nous mettre en déséquilibre comme individu créateur. Je me souviens avoir mis en place un atelier où j’utilisais la caméra, combinée à des ateliers de mouvements et de danse très simples. Ce moment créatif effervescent excitait tout le monde: du vieux réalisateur à la jeune infographiste. Des gens qui n’étaient ni comédiens, ni danseurs, ni artistes directement se retrouvaient soudainement à jouer ce rôle, à retrouver la fraîcheur et la naïveté. C’était presque thérapeutique: on donnait à des adultes le droit de jouer. S’en suivait des diners sur l’herbe où nous avions de grandes discussions sur la société, et des soupers où on se racontaient nos vies, nos drames, nos peurs. Spontanément, comme ça. Certains ateliers étaient dirigés, certains moments étaient libres: mais nous étions ensemble pour partager une expérience, et un contexte agréable nous permettait de le faire. Chacun arrivait là pour partager ses expériences et diriger un atelier pour le groupe dans un esprit très communautaire mais jamais désorganisé. J’ai très hâte de tout mettre en place pour organiser de telles rencontres.

Dans mes « retraites de ressourcement créatif » les gens pourront se quesitonner sur la place des médias dans notre vie, mais aussi apprendre à faire un équilibre entre l’utilisation des outils technologiques et le besoin de bouger, de respirer l’air pur, de bien manger.

Je dois vous quitter, je vais à mon cours de Yoga. En attendant, je prends les inscriptions.

Les connards sont parmis nous

J’ai toujours été doucement féministe. Je suis féminine et féministe. Je suis une féministe de la fin du siècle dernier (!), mais je n’ai jamais brûlé de soutif en dansant au bord d’un feu en criant: « libération ». Non. J’ai 33 ans, je suis donc d’une deuxième, voire d’une troisième génération de féministes confiantes. Je n’ai jamais eu à me battre pour gagner mon droit de vote ou mon accès à l’éduction. J’ai même eu le luxe de choisir une profession plutôt réservée aux hommes. Je ne me suis jamais sentie mise à part à cause de mon sexe. Je me suis parfois sentie « agressée » par des hommes en mal de pouvoir, mais rien de bien grave: des bousculades, des avances déplacées, des charmeurs maladroits, des nus-vites de banlieue. Les hommes québécois sont eux-mêmes généralement assez féministes. C’est d’ailleurs ce qui cause leur crise identitaire, en mal d’identification masculine forte. Ceci est un autre débat. Je voulais vous partager quelques anectodes peu rassurantes: aujourd’hui je viens d’avoir des signes que la connerie machiste est toujours bel et bien vivante.

Bel après-midi d’automne, je marche sur le trottoir. Il fait frais et vif, je marche d’un pas rapide. J’entends un « pssst, pssst » qui attire mon attention. Je lève la tête en direction du bruit. Et là, horreur: un atroce vieux bonhomme me tire la langue, penché à sa fenêtre pour observer les passantes. Non, ce n’est pas une grimace qu’il me fait. C’est une démonstration tout sauf sensuelle de son appétit de vieux branleur. Il agite sa grosse langue mauve en émettant des sons guturaux qui ressemblent à une imitation de vomissement de chameau en rut. C’est probablement son flou souvenir de ce qu’est un cunnilingus, mais j’aime mieux ne pas y penser car c’est moi qui va vomir sur ses souliers. Je passe mon chemin.

Et puis ce soir, je rentre chez moi en vélo. La soirée est agréable, la nuit sur Montréal tellement belle. Je file à pleine vitesse. Puis arrive un connard sur sa bécane. Il crie à tue-tête. Il génère un gros truck d’énergie négative. Je me rends soudainement compte qu’il m’adresse la parole, d’un ton faussement mielleux: « Hey chérie, tu roule plus vite que moé ». Non, c’est toi qui roule plus lentement. Et il remet ça: « Hey, viens donc avec moé, suis-moi… » Et spontanément, je voudrais l’envoyer promener de manière crue et vulgaire. Mais je tourne ma langue et lance: « Va donc faire une thérapie! » Au moins je l’ai fait rire, et de bon coeur.

Fermeté et indulgence

Ces deux mots m’ont inspirée hier lors de ma pratique de Yoga. Tout seul, chacun de ces mots n’as pas autant de force que si ils sont jumelés. J’adore.

Fermeté et indulgence permettent une discipline de vie ouverte et respectueuse. La fermeté amène le courage et la détermination, la progression. L’indulgence empêche toute violence, envers soi-même ou les autres. Rien n’est plus épuisant que l’intransigence, et l’indulgence nous en protège sainement.

Il faut pardonner. C’est la clef. Le lâcher-prise trouve tout son sens avec le pardon. Pardonner à soi et aux autres. On peut ensuite marcher avec le sourire, et le partager. Mais pour garder le cap, et marcher dans une direction précise, il faut être ferme, sans contredit.

Zone claire


Fidèle à moi-même, je me pose des questions sur la création. Je dois présenter une nouvelle oeuvre en art médiatique pour l’hiver, et je n’ai fait aucune demande de subvention en ce sens. Je devrai donc me résoudre à faire cette production en trouvant les ressources par moi-même, ou en prenant de mon temps personnel pour produire. Mais pourquoi ne pas chercher des fonds privés pour subventionner ma création. Un commanditaire? Pourquoi pas…

photo: Raphaëlle

Trouver un mécène est le rêve de tout artiste. Est-ce une utopie? Ce ne serait pas ma première… Mais heureusement que ma poésie continue de nourrir ces vaines utopies, car elles existent au moins par des univers fantasmés. J’ai terriblement soif de création, et de sens. Je dois donc me donner les moyens de m’abreuver un peu…

Je vois une fôret, et beaucoup de lumière. Des voix, des souffles, des murmures. Un temps de réflexion pour le public. Une possibilité d’interaction, aussi. Laisser l’histoire nourrir un lieu, pour livrer un cadeau.

10/10

Mercredi soir, nous avons mangé chez Lalou pour célébrer notre 10-10. Note parfaite. Délice. À l’image de mes deux dernières années avec lui. Ou nos deux premières années, comme il le dit si bien.

J’ai laissé fondre le saumon fumé sur ma langue, enrobé d’oeufs de poissons, nappé d’un nuage d’oeuf en neige. Je me suis laissée envelopper par les fumets d’une lotte sur un lit de lentille au goût exquis. Et j’ai craqué les yeux fermés pour le pot de crème au chocolat noir: pur délice. Accompagné d’un blanc sec et fruité qui se mariait à merveille au tout, comme nous. Cette fête des sens était partagée dans un duo gourmand, en tissant le fil de conversations riches et appaisantes, stimulantes et vibrantes. Rêves colorés, réel bien ancré.

Nuage. Joie. Sourire.