Bilan professionnel 2007

Je termine la saison première de L’Émission. Nous connaissons les gagnants, car c’était hier soir le tournage de la grande finale. Mais ils seront connus publiquement vendredi. Je sais que plusieurs d’entre vous serez très heureux, car ils avaient plusieurs fans… Quand à moi, je suis vraiment emballée par ce projet télé, et j’ai très hâte de faire la 2e édition du concours qui sera diffusée à l’automne prochain. Préparez donc vos projets pour le printemps…

Je termine (pour vrai) mon documentaire « Journal d’un danseur nomade » sur le solo 30×30 de Paul-André Fortier. Le montage image est terminé depuis mai dernier, et Martin M. Thétrault a maintenant achevé la musique originale. Je suis très contente de son travail. C’est très bon, extactement ce que j’entendais dans ma tête pour les mouvements de Paul-André captés dans tous ces lieux urbains extérieurs. Le seul bémol: je n’ai pas soumi le film au Festival des Films sur l’Art. Il aurait dû être lancé à cet événement, mais j’ai manqué le bateau. Dommage. Alors, j’attends le Festival de Nouveau Cinéma à l’automne prochain? C’est très long, très loin, il me semble…

En mars je m’envole pour L.A. pour présenter mon film Plaisirs au Festival International de Cinema et Technologie. Je suis heureuse de présenter ce beau film dans un festival. Dire qu’il a été refusé dans tous les festivals au Québec…

Je dois rapidement me mettre au boulot: je prépare une installation-performance pour février présenté à la Galerie La Centrale, à Montréal. Mon tournage est complété, reste à faire le montage et écrire les textes. J’ai très hâte de m’y mettre: je travaille sur la joie et les moments figés. J’ai tourné de superbes images des enfants qui sautent de joies dans les feuilles mortes, au soleil couchant. Je vais aussi utiliser des images d’archives filmées par mon grand-père Gélinas dans les années 40 et 50. On y voit mon père et mes tantes, enfants, qui jouent dehors. Et je compte écrire de nouveaux textes sur l’enfance, le jeu et l’essence de la vie…

Concours l’Émission à VOX: finale

Je travaille sur cette émission de télé depuis août dernier. Je m’occupe du lien entre la télé et Internet. C’est un concours de projets télé, où le public et nos jugent votent pour le meilleur projet afin de voir cette émission en onde à Vox à l’hiver 2008.

C’est maintenant l’heure de la grande finale, et il est temps pour les Internautes de voter pour le candidat de leur choix: le meilleur des trois projets télés proposés. Vous pouvez les voir sur le blogue de l’Émission, dont je m’occupe:

Razzia, émission de télé sur la photographie, donnant carte blanche à des artistes chaque semaine pour faire leur shooting de rêve
Triple W, sitcom humoristique traitant de différents sujets de société chaque semaine
Ultime, émission sur le dépassement personnel par les sports extrêmes

Pour voter (sélectionnez le meilleur projet), rendez-vous sur l’Espace Canoë de l’Émission. En participant, vous courrez la chance de gagner une caméra vidéo. Bonne chance!

Entre bonheur et colère

Des pensées se bousculent dans ma tête. Tant de choses à vivre, à partager, à débattre. Dans le feu roulant de l’action, il y a des bribes de temps suspendu où je médite. La vie qui s’immisce entre les interstices de quotidien, entre les miettes de pain brûlé, la vie dans l’attente du prochain métro, du prochain rendez-vous, du prochain courriel à envoyer. La vie dans le sourire d’une serveuse au café du coin, la vie dans la nonchalence des passagers de l’autobus qui va vers le casino, la vie dans le froid vibrant et le ciel bleu sur l’Île-Saint-Hélène. La vie dans les préoccupations lourdes de l’adolescence que je vois fleurir sous mes yeux. La vie qui bat de l’aile chez les gens qui viellissent et que j’aime. La vie grouillante et explosive de l’enfance qui se déploie. Je suis témoin de tout cela, j’observe, je note. Je surligne les beautés. Je me choque pour les laideurs. Et puis tout passe. Tout finit toujours par passer. En attendant, j’en profite bien. Parce que la vie est là, avec le bonheur, tout ce qu’il y a à prendre, tout ce qu’il y a à vibrer, à pleurer de joie ou de tristesse. Alors je la prends, la vie, au complet. À bras le coprs (bon, parfois je grogne un peu, mais quand même, je l’aime, la vie). Car, ne vous en déplaise, nous ne serons pas éternellement là pour en profiter, même si la société de consommation s’évertue à nous laisser croire le contraire.

Bon, là j’ai dit des choses jolies. Mais j’ai aussi des colères qui bouillonnent en moi. Toute cette satanée surconsommation, toute cette stagnation politique face aux drames humains, face aux conflits sociaux, face à l’injustice sociale flagrante, face aux graves situation à décrier dans notre société, et dans celles des voisins. Je suis en colère face à l’inaction politique et sociale lorsqu’il est question d’environnement et de solutions écologiques. Je suis en colère de voir toute cette ignorance crasse qui englue les cerveaux les mieux intentionnés. Je rage face à l’inconscience, au manque de sensibilité et à l’égoisme flagrant qui empâtent trop d’individus.

Alors, je fais quoi avec toute cette colère? Bon, je vais aller méditer pour me calmer.

Décès écologique

Je me questionne sans cesse sur mes choix de vies en lien avec le sort de la planète. Selon moi, plusieurs solutions à nos problèmes environnementaux se cachent (pas très loin) dans notre passé. Des solutions logiques et simples, respectueuses et non-violentes. Des remèdes de grand-mères, des pratiques ancestrales, une approche globale de la vie, de la mort.

On parle de plus en plus d’habitation écologique, de nourriture biologique, de vêtements éco, de desing vert. Mais la mort dans tout ca? Je fais ici allusion à l’industrie de la mort, et des rites funéraires. Avant l’heure dite où on trépasse, on y pense peu. Il faut être confronté à la mort d’un proche (ou avoir regardé la brillante série « Six feet under ») pour se poser des questions.

Personnellement, je ne veux pas être embaumée, maquillée, transformée. Je ne veux pas non plus être incinérée. Non. Je veux me décomposer naturellement dans un espace vert, joli, calme. Impossible? Non, car les rites funéraires verts sont à nos portes. C’est dans un article du Urbania du printemps dernier que j’en ai entendu parlé au départ. Ce fut une révélation. Oui, c’est possible de mourrir paisiblement, en accord avec la nature, sans être placé dans un cercueil kétaine et non-écologique, sans être embaumé de liquides chimiques toxiques pour l’environnement, sans être maquillé ridiculement comme pour aller à la mascarade. La mort n’est pas une farce, c’est un passage très important de la vie, et pour moi c’est sacré.

En Angleterre et aux États-Unis, il existe plus de 200 lieux d’inhumation écologiques. Ici au Canada, il existe une association Natural Burial Association, qui tente de mettre en place des lieux écologiques. Il existe aussi une coopérative The Natural Burial Co-operative, qui tente de faire progresser la situation pour établir des lieux naturels pour enterrer les morts.

Plusieurs écologistes et artistes à travers le monde font leur part pour offrir une alternative aux propositions traditionnelles de la puissante industrie de la mort. Vous pourriez reposer dans un très beau cercueil de papier recyclé conçu par Hazel Selina. Le modèle couvert de feuilles d’or, ou le modèle vert sont des objets très beaux, écologiques, et contemporain. C’est l’image que l’on se fait du cercueil du futur…

J’ai été fascinée par le projet Capsula mundi, conçu par Raoul Bretzel et Anna Citelli. Ils proposent de magnifiques oeufs de papier recyclé, dans lequel le corps repose en position foetale, comme au début de la vie. Les oeufs sont enterrés, et un arbre est planté au-dessus. Avec le temps, ses racines embrasseront votre dernière demeure. Poétique et écologique. J’aimerai tant pouvoir reposer de cette belle façon le jour où mon heure sera venue.

Vous pouvez trouver l’intégrale du texte de Sophie Massé publié dans le magasine Urbania, publié sur le blog Forest of memories