Entre bonheur et colère

Des pensées se bousculent dans ma tête. Tant de choses à vivre, à partager, à débattre. Dans le feu roulant de l’action, il y a des bribes de temps suspendu où je médite. La vie qui s’immisce entre les interstices de quotidien, entre les miettes de pain brûlé, la vie dans l’attente du prochain métro, du prochain rendez-vous, du prochain courriel à envoyer. La vie dans le sourire d’une serveuse au café du coin, la vie dans la nonchalence des passagers de l’autobus qui va vers le casino, la vie dans le froid vibrant et le ciel bleu sur l’Île-Saint-Hélène. La vie dans les préoccupations lourdes de l’adolescence que je vois fleurir sous mes yeux. La vie qui bat de l’aile chez les gens qui viellissent et que j’aime. La vie grouillante et explosive de l’enfance qui se déploie. Je suis témoin de tout cela, j’observe, je note. Je surligne les beautés. Je me choque pour les laideurs. Et puis tout passe. Tout finit toujours par passer. En attendant, j’en profite bien. Parce que la vie est là, avec le bonheur, tout ce qu’il y a à prendre, tout ce qu’il y a à vibrer, à pleurer de joie ou de tristesse. Alors je la prends, la vie, au complet. À bras le coprs (bon, parfois je grogne un peu, mais quand même, je l’aime, la vie). Car, ne vous en déplaise, nous ne serons pas éternellement là pour en profiter, même si la société de consommation s’évertue à nous laisser croire le contraire.

Bon, là j’ai dit des choses jolies. Mais j’ai aussi des colères qui bouillonnent en moi. Toute cette satanée surconsommation, toute cette stagnation politique face aux drames humains, face aux conflits sociaux, face à l’injustice sociale flagrante, face aux graves situation à décrier dans notre société, et dans celles des voisins. Je suis en colère face à l’inaction politique et sociale lorsqu’il est question d’environnement et de solutions écologiques. Je suis en colère de voir toute cette ignorance crasse qui englue les cerveaux les mieux intentionnés. Je rage face à l’inconscience, au manque de sensibilité et à l’égoisme flagrant qui empâtent trop d’individus.

Alors, je fais quoi avec toute cette colère? Bon, je vais aller méditer pour me calmer.