Comment sortir de l’écran

J’ai trouvé. Mon idée première se précise.Comment sortir de l’écran? Je veux révéler l’envers. Révéler l’envers du blogue. Ce carnet est un livre ouvert sur mon processus de création, et on m’invite à faire une performance à la galerie La Centrale sous le thème « sortir de l’écran ». C’est l’évidence: révéler le blogue, montrer tout son potentiel d’instantanéité, de spontanéité, de partage. Toutes ces notions qui me collent à la peau (comme artiste).

Donc je lirai des textes tirés de ce blogue, illustrés en musique et en images. Avec la quête du bonheur comme filtre au contenu. Et j’écrirai aussi en direct. En attendant les gens, mais aussi entre les textes lus, comme présentation des textes. Parce que l’écriture non orale a quelquechose de terriblement intime, même si sa voie est publique. Parce que les mots sont plus doux, et libres. Oui, les mots sont libres. Libres de sonner comme le lecteur l’entends dans sa tête. Mais la voix n’est pas la prison de l’écriture. Elle est seulement une chambre, une pièce, un endroit où elle se pose. Elle n’étouffe pas la liberté des mots, la voix lui donne une direction, un ton.

Vous qui me lisez et qui ne me connaissez pas en chair et en os, avez-vous déjà imaginé ma voix? L’entendez-vous douce ou rauque, aigüe ou grave, suave ou haut-perchée? Moi-même, quand j’écris, j’entends ma voix dans ma tête qui le lit. Étrange, non?

Sortir de l’écran

Le 13 février prochain (20h) je partagerai mes textes en musique et en images à la galerie la Centrale (4296 boul. St-Laurent, Montréal).

Je lirai des poèmes, mais aussi des réflexions et des textes tirés de mon blogue. Je compte aussi bloguer en direct, lors de la performance, et poser quelques ordis sur place pour que les gens puissent faire des commentaires en direct.

Les thèmes? La joie, le bonheur, l’enfance, la nostalgie…

Musique Janet Lumb
VJ fait par Karine Charbonneau*

* Karine ajoutera des textures à mes images: archives familiales datant de 1950 (filmées par mon grand-papa gélinas), et images des enfants jouant au Parc Lafontaine en automne

Vision claire: habitation idéale

Enfin! Ma vision se précise. À force de questionnements sur le lieu de vie idéal, j’ai trouvé ma réponse. C’est en ville que je veux vivre. La vie en ville peut véritablement m’offrir le mode de vie que j’aime: ne pas prendre ma voiture pour les déplacements, esprit de village, quartier vivant, rapports chaleureux avec les commercants et les voisins. Je vis en ville et en banlieue en même temps depuis plus de deux ans: mon choix est maintenant fait – avant cela j’ai testé la banlieue pendant 17 ans pour y avoir poussé, et la ville pendant presque aussi longtemps comme jeune adulte -. J’ai toujours préféré la ville. Mon besoin de grand air et de campagne sera satisfait lors d’escapades en forêt, et les parcs et espaces verts de Montréal peuvent m’offrir satisfaction aussi. Dans l’idéal, très possible, je trouve un lieu qui possède une grande cours, avec un arbre dessus. Va pour l’endroit. Montréal. Le quartier maintenant… reste à trouver LE lieu.

Et maintenant, on loue? On achète? Pour avoir retourné la question dans tous les sens, il est tout à fait logique de devenir propriétaire. Surtout que mes projets se précisent. J’ai eu la révélation évidente de ce que je veux, vision partagée par mon homme. Claire comme de l’eau de roche. Un grand projet, très fou. J’hésite un peu à vous le livrer ici… comme si ce rêve très grand était impudique. C’est le fruit d’une grande réflexion, et de beaucoup de questions posées autour de moi, à des propriétaires de maison. Une vision qui est aussi le fruit de recherches sur l’habitation écologique et la préservation du patrimoine montréalais. Et la réponse me semble évidente, mûrie. Et je suis complètement emballée, embrasée, par ce projet. Je suis calme aussi, comme une forte certitude d’avoir trouvée ma voie. Le chemin sera long, difficile, mais terriblement excitant. Je suis prête.

L’amitié

Je devrais toujours me souvenir qu’après un phase d’angoisse et de déprime suit toujours un moment de plénitude et de joie. Toujours. (C’est Étienne qui le dit). Je suis comme ça, c’est tout. Et cette vague arrive par la porte de l’amitié (formule kétaine et véridique). J’aime mes amis. Tellement. Ils me font du bien. Ils sont là, autours de moi: par l’écran, le téléphone, la vraie vie. J’aime les humains, et ils me le rendent bien. Ce que j’aime le plus: faire rire mes amis. Le test pour savoir si je deviens amie avec une personne: est-ce que je la fais rire? Mon intense satisfaction: accompagner mes amis jusqu’aux larmes (de rire). Des fois je me trouve drôle moi-même (mais il ne faut pas le dire, ça gache tout). C’est comme de la chimie, avec certaines personnes je suis drôle, avec d’autres pas du tout. Parfois, avec mon homme, on a 5 ans. C’est une forme d’humour très légère et simple (parfois douteux), qui guérit de tout. Je le regarde et je le vois à 5 ans, pour vrai, et on rigole. On aurait été des vrais amis, même à cet âge, j’en suis certaine. On aurait fait pleins de mauvais coups ensemble. Aujourd’hui, on fait des bons coups.

J’ai très hâte, ce soir mes copines viennent souper. Au menu: poulet cacciatore et salade mesclun.

Se faire du bien

J’ai confié mes états d’âmes vacillants à une amie. Elle m’a simplement conseillée de me faire un petit plaisir par jour. Alors je dresse ici la liste des choses que j’aime et qui me font du bien:

– Écrire des billets
– Parler à des amis
– Lire mon journal avec un café au lait
– Sourire pour rien, spontanément
– Pardonner
– Manger des chips crunchantes
– Faire du ski de fond (avec ciel bleu)
– Faire du Yoga
– Chanter
– Écrire un bon texte
– Avancer (dans le sens: éliminer un item de la « to do list »)
– Prendre le temps

Vivre de la poésie?

Je publie ici une partie d’une réponse faite à une jeune fille qui a découvert mes textes de poésie sur Internet. Elle me demandait s’il est possible de vivre de sa plume…

Il n’est pas rélaliste de strictement « vivre de sa poésie écrite », du moins ici au Québec. Et je doute que ce soit le cas en France. La poésie est effectivement le parent pauvre de la littérature. J’ai publié deux recueils de poèmes, aux Éditions Planète Rebelle (Montréal), pour le plaisir de partager mes textes et la satisfaction de les voir publiés. Mais à chaque fois, ce ne sont que 500 copies qui furent imprimées. C’est bien peu.

Par ailleurs, la diffusion de la poésie sur Internet se porte bien, et cela permet de joindre des nouveaux publics. Pas de limite de frontière, et la publication est libre et gratuite! Le simple fait de publier vos mots sur un blogue personnel, ou un site de littérature, et de les signer, et vous existez comme auteur. Les lecteurs peuvent très facilement vous joindre, ou commenter. À titre d’exemple: j’ai 1500 lecteurs chaque semaine ici-même.

De plus, il ne faut pas oublier que la poésie est la source première des textes de chansons. Donc la poésie n’est pas morte, elle se porte bien, et elle est bien vivante par la musique!

Paresse et discipline de création

Joie. C’est mon thème pour cette nouvelle expo que je prépare.
Je vais sortir de l’écran, pour l’Agence topo. Pour une performance-installation de poésie.
http://www.sortirdelecran.ca/

Paresse

Je suis en train de me demander si je ne vais pas accueillir les gens en pyjamas dans la galerie d’art. Parce que je me sens terriblement paresseuse. J’aime dormir. Je trouve les oreillers blancs et les couettes de plume d’une incalculable poésie. Je trouve que les matelas confortables sont des nuages de paradis. J’aime ne rien faire, réfléchir à la lumière, écouter les gouttes d’eau qui tombent, le vent dans les fenêtre, la poussière qui danse dans le soleil. Je suis contemplative. J’aime aussi ne rien faire de façon constructive: lire mon journal (au lit), par exemple.

J’admire tous ces créateurs qui ont une discipline de fer: lever à l’aube, heures de rédactions de recherches planifiées, structurées, efficaces. Compte-rendus, rendez-vous d’affaire, planification, entrainement, cours de ressourcement, organisation. Zéro procrastination. Chapeau. Je n’y arrive pas. Je suis paresseuse. Certains en doutent car ils voient mon CV et une liste longue comme ça de projets, mais c’est de la poudre aux yeux: je fais des projets de création depuis 1996! Et même, avant ça si on prend en considération tous ces cahiers remplis de textes, d’idées, de scénarios, de projets, de chorégraphies, d’histoires, et surtout de poèmes que j’ai rempli depuis mon plus jeune âge. Heureusement, j’ai eu suffisament de cette foutue discipline pour trier et publier ce que je considère comme le meilleur de ces textes épars!

Marrathon de création

Je pense que je suis davantage une courreuse de fond de la création. Pour preuve: je termine enfin mon documentaire sur Paul-André Fortier et son solo 30×30. J’ai réalisé, monté et produit le film seule, avec l’argent que Fortier danse à réussi à nous dégotter pour faire le projet (financé par le Conseil des Arts de Montréal). Je suis très heureuse de la musique composée par le talentueux Martin M. Thétrault. En ressort donc un documentaire de 52 minutes: Journal d’un danseur nomade. Le film fait le récit du projet fou de Fortier: danser 30 jours en ligne, pendant 30 minutes, dans des lieux urbains surprenants, beau temps, mauvais temps, sous le nez des passants. Le périple se déroule de NewCastle (où je suis allée filmer il y a deux ans), à Yamagushi, en passant par Nancy, Ottawa et Montréal. J’ai passé un très grand nombre d’heures à tenter de tirer un film intéressant de ces dizaines d’heures (plus de 20) d’images de performance. J’ai volontairement omis toute entrevue du film assez rapidement. Soyons francs: Paul-André n’aime pas tellement les entrevues. Mais il m’a ouvert son journal de voyage avec générosité, et j’ai pu en tirer un récit narratif très intéressant pour comprendre son parcours, en réponse à des images qui parlent déjà beaucoup. La musique de Martin est venu rendre tout ce tableau beaucoup plus homogène et fluide, il a complètement réussi à rendre les textures et les ambiances que j’entendais dans ma tête.

Mais je dévie. Je vous entretenais de ma paresse. Elle est relative, au fond. Je suis quand même en train de faire 5 projets de front: finaliser ce film (la ?#$#%$ de distribution), monter « Joie », préparer un nouveau contrat pour le conseil des arts, clore l’Émission-VOX et entreprendre des nouvelles chroniques pour Premières vues, toujours à VOX. Mais je fais quand même des siestes. Faut dire que je me suis levée à 6h00… Quand je vous disais que je suis paresseuse…