Conseils de voyage familiaux

Ceci est un texte qui fut écrit en réponse à Grande Dame, qui planifie un grand voyage familial avec ses enfants.

Chère Grande Dame,
J’y vais à mon tour de mes conseils, moi qui ai voyagé quand même pas mal, et à tous les âges (mes parents étaient de grands voyageurs). Et moi qui ait 3 enfants avec qui j’ai fait quelques escapades, parfois assez… intenses (camping sauvage avec les 3 enfants pendant quelques jours, alors qu’ils avaient 8, 10 et 12, camping au bord de la mer, différentes excursions).

Premièrement: je suis allée en Grèce en juillet, et je ne recommande cela à PERSONNE, et encore moins à une femme enceinte. Très mauvaise idée, selon mon avis. C’est étouffant et lourd, et il y a peu d’arbres. J’ai beaucoup souffert de la chaleur là-bas, malgrés la mer et le vent du large. Le soleil tappe! J’ai trouvé cela pire que l’Asie en juillet!

Deuxièmement: faire vivre un grand voyage à tes enfants est une très belle idée, mais si vous le faites, je te recommande fortement la SIMPLICITÉ. C’est à dire une formule où vous avez une base fixe, et vous faites de petites escapades autours. Quand j’étais petite (vers 8, 9, 10 ans) nous partions en Europe tous les étés -ma mère est belge-. Et les voyages en voiture étaient très difficiles physiquement pour moi, car mes parents faisaient des kilomètres pour voir un max de pays en un temps record. J’ai garde un souvenir impérisable, et je suis convaincue que ces voyages ont vraiment forgé l’artiste que je suis devenue (je me souviens comme si c’était hier du musée Dali à Figueres en Espagne, visité à 9 ans). Nous avons aussi fait l’europe de l’est avant la chute du mur (yogoslavie, techécoslovakie), et je suis infiniement reconnaissante envers mes parents qui m’ont fait voir non seulement des pays qui ont complètement changé aujourd’hui, mais ils m’ont fait vivre une situation politique qui est maintenant passée à l’histoire. Et je me souviens de beaucoup de choses, peut-être même davantage qu’eux (lorsque nous racontons nos souvenirs, je me souviens de détails qu’ils ont oubliés). Mais lors de tous ces voyages, nous avions notre « base » en Belgique ou en Espagne. Cela permettait un temps d’arrêt, un repos, pour se sentir « comme à la maison » et visiter autours. C’est vraiment l’idéal, surtout avec des enfants, et surtout avec une large marmaille.

Mes meilleurs souvenirs (ben, heu, ils sont tous extras, mais bon), sont dans cette maison en Espagne que nous avions loué, la villa Kimoredi (Qui m’aurait dit), avec plusieurs cousins et oncles et tantes. Nous étions une dizaine à rester dans une villa au bord de la mer. Nous avions une cuisine, ce qui rends le coup du voyage vraiment avantageux. La location d’une maison s’avère aussi beaucoup moins couteuse que des hotels, surtout en grand groupe. Et c’est vraiment agréable et beaucoup plus reposant d’être basé à 1 seul endroit, d’où on découvre graduellement les environs, et d’où on fait facilement des esacapades d’un jour.

De toute façon, selon mon expérience de voyageuse (Europe, Asie, Amérique latine), c’est minimum 1 semaine au même endroit pour profiter d’une ville ou d’un lieu. C’est le temps nécéssaire à l’acclimatation au quartier et ses habitants, ce qui permet une expérience moins superficielle qu’un transit continuel. On fait alors de vraie rencontres, on s’intègre un peu dans le tissu social du pays. Et voyager en constant déplacement est très épuisant, sans être enceinte!

Bref, c’est mon avis. Je pense que si tu veux profiter d’un vrai repos, tu devrais effectivement partir en couple. Mais pour l’expérience de voyage avec les enfants, je te recommande très fortement la location d’une maison dans un endoit de ton choix: Espagne, Grèce, Sud de la France (la Provence fait tripper les enfants), Italie. Mais aussi Mexique, Costa Rica et même Thailande. Toutes ces destinations sont faciles avec des enfants, à condition d’avoir une maison louée qui devient la base. Et cela se fait très bien, même avec un jeune bébé… (une amie à moi a 3 enfants en bas âge, et elle voyage avec eux sur le mode « maison de base », les enfants ont 2, 4, 5.)

Voilà pour mes conseils! Bon voyage!

Retrouver une vieille amie…

La semaine dernière j’ai eu une merveilleuse surprise en prenant mes courriels. Veronica. Veronica, une amie d’enfance dont j’avais perdue la trace. Je n’avais pas eu de ses nouvelles depuis 1986. Nous étions des amies très proches à l’âge de 10 ans. Je l’avais quittée en larmes alors qu’elle repartait vers son Argentine natale. Nous avons correspondu par lettre (pas d’Internet à cette époque!) pendant quelques années, puis nos chemins se sont écartés à l’adolescence. La distance, le temps qui passe, les vies qui changent si vite à cet âge. Mais je n’ai jamais cessé de penser à elle de temps en temps.

J’ai écrit ce billet il y a un an. Je parlais d’elle. Sa soeur a découvert mon blogue, puis elle a lu le texte. Avec grande émotion, me raconte-t-elle dans une missive électronique. Avec des larmes qui remontaient sans doute de toute la charge de son passé au Canada. Toutes ces années d’enfance dans la banlieue sud de Montréal, à connaître la neige, les sapins de Noël, le ski de fond, le sirop d’érable, les cueillettes de pommes à l’automne, l’halloween et les citrouilles, les piscines de banlieues et les fêtes d’enfant avec des BBQ et des hots-dogs canadiens. Et puis le retour vers la chaleur de l’Argentine et toutes les fabuleuses traditions locales, la nourriture, les odeurs, la lumière de sa mère patrie. Mais sans neige. Et avec les souvenirs d’enfance canadienne bien loin derière. Elle habite maintenant Mendoza, en Argentine. Elle est psychologue et elle a un petit garçon d’un an. Elle m’a envoyé des photos. Nous avons repris contact. Elle m’écrit en espagnol, je lui réponds en français. J’aimerai bien visiter l’Argentine… j’en ai toujorus rêvé!