Faire son nid

Nous vivons dans deux lieux. J’aimerai tout rassembler dans un seul endroit, histoire de cesser de répandre mon énergie à gauche et à droite. J’ai tout d’abord considéré cette situation de vie comme idéale: le luxe d’avoir le choix, d’avoir une varitété de lieux de vie. Mais cette période est révolue, et je suis trop amoureuse de la ville pour vivre en banlieue. Mais trouver un appartement assez grand pour une famille de 5 personnes, peut-être bientôt six (on l’espère), est-ce que c’est possible? Je sais que oui. J’ai très très hâte de trouver ce nouveau lieu.

Les poubelles

Je suis une militante écologiste du quotidien. Depuis mon enfance, j’ai toujours détesté jetter des choses. J’ai reçue une éducation sensible à l’écologie par mes parents et grands-parents (de tous côtés!), mais aussi avec l’influence des écoles que j’ai fréquentées (surtout au primaire). J’ai toujours considéré comme un crime de jetter de la nourriture, des objets ou toute matière qui pourrait trouver une vie meilleure (lire « une autre vie »).

Je me souviens d’aller visiter des friperies de Beloeil en compagnie de ma mère, et de la grande joie que nous avions à faire de fabuleuses trouvailles dans ces « greniers enchantés ». À l’adolescence, ce fut naturel pour moi de faire des pelerinage dans les sous-sols d’églises et autres brocantes, en compagnie de ma grande copine Élise. Nous dégottions des vestons d’hommes et des grands imperméables au style d’une autre époque, et nous réinventions notre mode pour en faire des vêtements que nous consédérions alors comme « branchés ». Je me souviens aussi, à la même époque, de transformer des vêtements pour faire des expériences de style. Des anciennes jupes sont alors devenues « jupes-pantalons ».

J’ai toujours adoré rafistoler des objects pour les rafraîchir et les embellir; repeindre une vieille table, réparer des chaises, transformer des vieux objets en oeuvre d’art. C’est ainsi que j’ai utilisé de très vieux tubes de peinture séchée (approx. 1930) ayant appartenus au père d’un ami écossais, pour en faire une oeuvre à accrocher au mur. J’aime les vieux objets. Ils ont une histoire à raconter, il suffit de prêter l’oreille. Et puis la pluspart des objets d’aujourd’hui n’ont pas la qualité de matériaux et de confection d’il y a 50 ans.

Je n’ai jamais supporté qu’on jette de la nourriture. Mes grand-parents maternels, ayant connu la 2e Guerre Mondiale en Belgique, avaient conservé une sensibilité particulière au gaspillage. On finit son assiette ou on garde les restes. On ne jette rien! Les vieilles croutes de pain allaient pour les oiseaux. Mais cette sensibilité est commune à tous les gens de cet âge, toutes origines confondues (pays et classes sociales). Je me souviens de cuisiner un jour avec ma Grand-Maman Georgette (la mère de mon père), et de prendre conscience de cette attitude dans des détails. J’épluchais des pommes de terre, et elle était scandalisée de l’épaisseur de mes épluchures « il restera plus de patate, si tu continues comme ça ». J’épluche plus mince, maintenant. Et je cuisine des plats délicieux avec tous les restes.

Depuis plusieurs années je fais mon compost. Et je tente de convaincre les gens autours de moi de faire de même. Et de jetter un max dans le bac vert plutôt que la poubelle. J’ai ainsi fait subir une cure mince à mon sac de poubelle. J’ai un rôle d’éducatrice écologiste de premier ordre auprès des enfants. Il m’arrive souvent de repêcher des éléments recyclables dans la poubelle, et je fais enquête. C’est de plus en plus rare, dois-je avouer. Et cela me fait tellement plaisir quand les enfants me demandent « les bâtons de popcycle, ça se recyle? ».

Mais le plus difficile c’est les lieux publics et les bureaux de compagnie: aucun recyclage, aucun compost! C’est un non-sens, quand on pense que les individus font de grands efforts pour recycler. Comment est-ce possible que le gouvernement ne force pas la note, ne légifère pas afin de forcer le recyclage et le compost massivement dans les commerces et édifices publics? Il suffit de mettre un système en place. Nous ne pouvons laisser le choix, et attendre la bonne volonté de chacun. Nous savons bien que les commerces ne feront pas ce choix seuls si il n’est pas plus rentable économiquement. Et pourtant, à long terme, c’est beaucoup plus rentable de faire des choix écologiques.

Saviez-vous que 34% (source: François Cardinal, La Presse) des déchets dans les dépotoirs sont compostables? En contact avec les détritus toxiques, enfouis ou laissés à l’air libre, ils deviennent à leur tour toxiques. Ces mêmes déchets organiques pourraient devenir un engrais et une terre saine si ils étaient compostés adéquatement. Finalement, c’est simplement une question d’organisation. Il faut trier les déchets, et s’assurer qu’ils se transforment afin de ne laisser aucune trace nocive sur et sous terre. Les japonais sont maîtres dans cet art (vidéo en version française).

Le premier geste consiste donc à prendre conscience que chaque élément qu’on met dans un sac poubelle prend le chemin d’un dépotoir qui devient un monstre toxique. Et ce Frankenstein nous exlosera au visage si aucne action n’est prise. À chacun d’agir!

Hommage à Ferdinand Borremans

Mon cher Parrain (mon grand-père) nous a quitté il y a un an. Vous aviez peut-être lu les textes sur son départ que j’ai publiés ici-même l’an dernier. Un texte-hommage a été publié dans L’Oeil régional de cette semaine, pour les gens de la région de Beloeil, et pour tout le monde sur le site de l’Oeil régional.

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La douleur et la tristesse sont maintenant chose du passé. Il ne reste qu’une foule de bons souvenirs. Et une peine douce, sous forme d’ennui. Comme on s’ennuie tant d’un être cher qu’on a pas vu depuis longtemps. J’aimerai tant seulement aller prendre une bière avec lui et parler de tout et de rien. Surtout l’écouter. Qu’il me chante ses chansons en flammand. Et entendre son rire éclater si fort.

Ma voisine Ginette

C’est le printemps. Non, je ne joue pas dehors. Je passe à l’action. Je fais du ménage. J’ai décidé d’abattre la liste de toutes ces minuscules choses que l’on remet à demain pendant… des années! J’ai décidé de me départir d’une collection de films sur cassettes VHS qui datent (abviously) d’une autre époque. Des très bons films. Des films oscarisés et palme d’orés. J’en ai fait cadeau à ma voisine Ginette. Ginette est un vériable personnage. Attachate et dramatique, elle sort tout droit d’une pièce de Tremblay. Irréductible gauloise dans le village du Plateau embourgeoisé, elle est fille d’un ouvrier de Saint-Henri, et elle a été ménagère (et sur l’aide sociale) toute sa vie. À la fin de la soixantaine, maintenant elle prend de l’âge et se soigne de ses multiples maux. Elle a une tendance lourde à être hypocondriaque, et insiste en roulant des yeux pour montrer TOUS ces bobos à ses auditeurs parfois mal à l’aise. Elle est toutefois un specimen rare d’un vrai « coeur en or » avec de l’amour à donner à la ronde de façon supra-démonstrative (à la limite du burlesque). C’est ainsi qu’il faut la préparer quand on lui fait un cadeau, car elle frise l’attaque et se transforme en fontaine de larmes. Elle adore le cinéma et la musique, et regarde avec intérêt les films de répertoire et les grands classiques que je lui refile. Je continue mon ménage, j’aurai peut-être d’autres trouvailles pour Ginette.

Ciel aride

Le ciel aride ne m’offre pas d’éteindre ma soif. Les mots eux-mêmes me semblent flotter dans le vide. Je me sens perdue comme un petit pois (bleu). La poésie est absurde. Je suis sans nouvelle de mon amie Eza qui joue la missionnaire en Afrique. Le temps s’impaciente. Mon homme est loin. Mes deux ordinateurs sont branchés simultanément. Mon clavier est suspendu et mes épaules lourdes. Je me silence moi-même à attendre des faux-retour. Je clavarde avec Jacob qui me fait des réponses d’ado: « ma vie est plate ». La mienne aussi peu l’être. Je m’acharne à faire revenir les fantômes technologiques de projets dinosaures dans le ciel de la technologie. Je désespère de voir des projets magnifiques qui sont oubliés sur des disques durs endormis. Soupir double. Le téléphone sonne. C’est mon homme. Je vais lui parler.

Culpabilité

Hier, on m’a demandé si je suis une personne qui a tendance à se sentir coupable. Ma réponse rapide, et très sûre de moi: « Non, je n’ai pas ce défaut. J’ai beaucoup d’autres défauts, mais pas celui-là. » Puis j’y repense. Honnêtement. Je doute, soudainement. Oui, à l’occasion je me sens coupable de dormir le matin – parfois jusqu’à 8h30, alors que tout le monde est debout depuis 6h45…-. J’ai certaines culpabilités « familiales » qui planent (je devrai, j’aurai dû, je pourrai…). Je me sens parfois coupable de ne pas faire ce que je m’étais promis de faire. Surtout que la vie apporte son généreux lot de millions de petites choses qu’il faut faire, que l’on doit faire, qu’il est primordial de faire. Et l’accumulation des retards (remettre le ménage à plus tard, remettre certaines réparations à plus tard, remettre un compte à payer à plus tard) rend toute situation beaucoup plus difficile à régler si on tarde trop. La discipline est donc la clef du succès. Mais pour moi c’est davantage dans l’action. Je me lève un matin, et je « clanche » une série de petits trucs qui trainent. Mais ce n’est pas très organisé, structuré. Je le fais, c’est tout. Ensuite, je me sens bien. Mission accomplie.

Tout est une question d’équilibre. S’accorder du temps est la clef du bonheur pour moi. Le temps de voir le soleil, de savourer ma tartine du matin avec mon journal, le temps de rigoler avec les enfants, le temps de cuisiner des bons petits plats pour ceux que j’aime, le temps de paufiner un montage pour en être complètement satisfaite. Mais si le temps se dilate, je me taxe de parresse ou j’ai la ferme impression de « perdre » du temps. Je me donne pourtant beaucoup de droit de me faire plaisir. Je m’accorde du temps à moi. Et oui, force est d’admettre que je me sens coupable à l’occasion. Mais juste un peu.

Creacamp: un concentré de créatrices pétillantes!

Samedi après-midi dernier, je me suis rendue à Creacamp: concentré d’énergie créatrice plus efficace que toutes les boissons énergisantes réunies. Vraiment. Quel grand plaisir que d’entendre le récit de toutes ces femmes d’ici qui crée par l’artisanat, le desing, la musique, la peinture, la couture, les bijous, le cinéma, l’écriture, et beaucoup d’autre chose encore. Les angoisses, les fragilités, les forces et les certitudes qui se rencontrent. J’ai déjà hâte au prochain rendez-vous.

Métropolis bleu

Samedi matin dernier je participais à une table ronde sur la littérature électronique au Festival Métropolis bleu. J’ai quitté la maison en prenant avec moi quelques copies de mes oeuvres multimédia: Mordre et parenthése, Navigation et autoportraits, L’emportement et plaisirs, le film. En partant, j’ai confié à la grande que je n’aimais pas ce film, que je ne l’aimais plus. Trop sucré, trop de miel, trop de couleurs, trop de mots, trop de bonheur concentré, trop, trop. J’avais l’impression que l’écran suintait du miel quand le film jouait. Je suis partie vers le lieu de la conférence, mon livre-DVD de miel sous le bras. J’ai été accueillie avec émotion par l’animateur du panel. Bruno Guglielminetti m’a tendu la main à mon arrivée. Il m’a tout de suite dit qu’il a regardé mon film Plaisirs trois fois de suite, qu’il avait encore des frissons en y pensant, que c’était un film beau, touchant. Un film nécessaire, somme toute. Les larmes aux yeux, j’ai accueilli ses commentaires comme une réponse du destin à mes mots durs envers mon travail que j’avais prononcés quelques minutes auparavant.

Les enfants gourmands

Fin de semaine à Québec en mars dernier

J’ai tant de textes en tête à partager ici, mais depuis des mois, c’est un silence étrange qui demeure sur Vivre la vie. Je tourne en rond. Je voulais raconter la fantastique fin de semaine à Québec avec les enfants fin mars dernier. Pour eux: comme un rêve (dirent-ils). Restaurant cinq étoile au déjeuné, musées de Québec, balades pleine de charme dans la vieille capitable. Pour moi: de très belles rencontres professionnelles, et du ski à son meilleur au Mont-Saint-Anne. Les enfants sont maintenant de vrais pros de la planche, nous pouvons donc faire du ski partout à une vitesse intéressante (lire: assez vite!). Quel plaisir de dévaler les pistes sous le soleil et dans le vent, avec le fleuve à nos pieds, les cinq en slalom sur toute la largeur des pistes à nous seul! Pur délice. Grand grand bonheur pour moi de trouver non seulement un homme pour partager ma passion du grand air et des muscles qui chauffent, mais toute une bande de (presque) ados souriants, enthousisates et pleins d’énergie face à mes idées folles de tout vouloir faire, découvrir, explorer!

Petite famille gourmande

Je voulais raconter ma dernière fin de semaine, où nous avons partagés de bons repas avec les enfants si gourmands. Nous sommes allés savourer des tapas rue Saint-Laurent, à la sala rosa, un endoit que mon homme et moi adorons, que nous avons fait découvrir à nos trois critiques culinaires en herbe. Vendredi soir en ville, si agréable: rires partagés, gourmandises partagées, tranches de vie partagées. Le bonheur. Nous avons remis cela en visitant un restaurant chilien adorable et délicieux samedi midi (La Chilena, rue Saint-Laurent, dans le mile-end). Les enfants se sont régalés de leurs burritos et salsa fraîche, les parents aussi!