Ma voisine Ginette

C’est le printemps. Non, je ne joue pas dehors. Je passe à l’action. Je fais du ménage. J’ai décidé d’abattre la liste de toutes ces minuscules choses que l’on remet à demain pendant… des années! J’ai décidé de me départir d’une collection de films sur cassettes VHS qui datent (abviously) d’une autre époque. Des très bons films. Des films oscarisés et palme d’orés. J’en ai fait cadeau à ma voisine Ginette. Ginette est un vériable personnage. Attachate et dramatique, elle sort tout droit d’une pièce de Tremblay. Irréductible gauloise dans le village du Plateau embourgeoisé, elle est fille d’un ouvrier de Saint-Henri, et elle a été ménagère (et sur l’aide sociale) toute sa vie. À la fin de la soixantaine, maintenant elle prend de l’âge et se soigne de ses multiples maux. Elle a une tendance lourde à être hypocondriaque, et insiste en roulant des yeux pour montrer TOUS ces bobos à ses auditeurs parfois mal à l’aise. Elle est toutefois un specimen rare d’un vrai « coeur en or » avec de l’amour à donner à la ronde de façon supra-démonstrative (à la limite du burlesque). C’est ainsi qu’il faut la préparer quand on lui fait un cadeau, car elle frise l’attaque et se transforme en fontaine de larmes. Elle adore le cinéma et la musique, et regarde avec intérêt les films de répertoire et les grands classiques que je lui refile. Je continue mon ménage, j’aurai peut-être d’autres trouvailles pour Ginette.