Fuite de poésie (Mathilde)

Ma poésie s’enfuit par les trous de ma serrure. Elle est étouffée par les trop lourdes listes de tâches que je n’arrive pas à abattre une fois pour toute. Elle a la gorge nouée par une angoisse sourde de quitter un lieu que je n’ai jamais complétement aimé. Et elle est incrédule face à cet attachement irrésonable et irrationnel. Ma poésie est abasourdie de voir ma panique à l’idée de la visite de l’agente d’immeuble qui viendra fixer le prix de la maison ce soir. Ma poésie fume une clope en attendant peinarde que je retrouve mon imaginaire dans un cabinet de poésie que je devrai m’inventer dans un nouveau lieu inconnu (et urbain). [ Moi je ne fume plus depuis des années, mais elle, elle continue].

Ma poésie s’appelle Mathilde, et qu’elle a les cheveux oranges et une jupe très laide. Mais elle s’en fou. Elle boit du vin rouge qui fait des tâches sur ses dents, et elle sourit. Elle attend que je me calme enfin pour reprendre la plume sérieusement. Elle a des projets. Elle voudrait écrire pour les enfants. Elle voudrait aussi écrire pour les grands, encore. Elle parle de livres érotiques, et je ne l’écoute pas. Je suis ailleurs. Mais Mathilde ricane. Elle n’oublie pas, Mathilde. Elle marmone des histoires impossibles avec des extra-terrestres lesbiennes handicapées qui portent des combinaisons de latex en platique rose, et je suis presque scandalisée. Mais Mathilde s’en fou encore. Elle est patiente, si j’ai bien compris. Elle trouve que je la délaisse un peu trop depuis que j’ai rempli ma vie à raz-bord avec un homme dont je suis folle amoureuse, et trois enfants que j’adore avec qui je rigole trop souvent à son goût. Elle voudrait que j’écrive avec les émotions qu’ils me provoquent. Je veux bien, mais je manque de temps, et je suis une poule pas de tête. Mais je me promet bien de passer du temps avec elle après l’automne, quand la poussière du déménagement sera retombée, et quand je cesserai d’être bousculée constament entre deux lieux de vie.

Mathilde a bien hâte que je me rassemble, et elle a bien hâte que je rassemble mes idées. En attendant, elle s’en promet de bonnes, car elle vient avec nous en Europe samedi. Elle sera la première à siroter un porto sur les berges du Douro. Mais avant, elle veut ab-so-lu-ment qu’on aille prendre un pinard à Saint-Germain, et elle est bien contente qu’on fasse un saut dans le Marais. Ta valise est prête, Mathilde?

Logique de l’enfance

Vendredi je faisais des courses au supermarché IGA de ma banlieue nord. Des gentilles dames nous offrent des petites bouchées en dégustation, comme chaque semaine. Ces dégustations sont offertes dans des petits contenants individuels en plastique, avec des fourchettes en plastique. Après chaque bouchée, tout le monde met son « déchet » (à peine sali), dans une poubelle prévue à cet effet. À chaque fois, je suis outrée de n’avoir aucune option de recycler ces contenants et ustensiles de plastique. Benjamin me faisait remarquer que ce serait encore mieux de les réutiliser. Logique. Je le signale à la dame au comptoir. Sa réaction à ma suggestion d’avoir des plats lavables « que voulez-vous qu’on fasse, il passe 3000 personnes dans une journée, on pourrait pas laver tout ». Ah non, et pourquoi pas? C’est plus simple d’en disposer pour le mettre dans un dépotoir de Lachenaie qui déborde déjà, et de laisser s’accumuler des millions et des millions de petits déchets inutiles sans se préoccuper du manque d’espace ou de la contamination que provoque ces déchets platiques qui prendront des centaines d’années à se décomposer? Tout ça parce qu’ils ont contenu pendant quelques secondes des aliments qui les ont « sali » (honnêtement, je pense qu’un chiffon pourrait parfois les rendre comme neufs, ce qu’ils sont). Les bras me tombent.

Je signale à la gérante de l’établissement qu’il serait judicieux de recycler ces contenants, à tout le moins. Elle me regarde, hautaine, comme si j’étais une extra-terrestre grano tout droit débarquée de mon vaisseau en terre cuite. J’insiste: « Mais vous recyclez déjà, quand même? ». Elle tique, la bouche sèrrée. « Le papier et le carton, oui ». Sous-texte: donc les supermarchés IGA ne recyclent pas le plastique et les autres matières. Donc les supermarchés IGA ne compostent pas les denrées organiques périmées (J’exagère, voyez-vous, tant qu’à être extra-terrestre). Mais sérieusement, à quand une réglementation pour forcer tout cela? C’est tellement évident, il me semble. Et tellement simple.

Samedi nous nous promenons en vélo dans les rues de Montréal, à la recherche d’un appartement. Le soleil est radieux, la chaleur de l’été nous donne soif. Au coin de la jolie rue Laval et de Duluth, deux charmantes petites filles de 8 ans tiennent un kiosque de vente de limonade. Il y a une file d’assoiffés. Les affaires marchent bien. À chaque limonade vendue, les petites insistent pour que les clients ne partent pas avec le verre de plastique. Tous doivent le déposer dans le bac rempli d’eau prévu à cet effet. « Il faut nous les redonner, car on lave les verre ». Logique, non?

Changements

Pour ceux qui croient à ces notions, je pourrais dire que je nous sommes dans une période astrologiquement très chargée. Tellement de changements dans ma vie, dans nos vies, dans les vies de ceux qui sont près de moi. Changement de travail, d’environnement, départ, retours, nouveaux départs, deuils, transitions, déménagements, fin de projets, accouchements, voyages. La vie tourne à plein, à étourdir ceux qui ne sont pas solidement arrimés au sol. Je dois être forte et légère, savoir canaliser toutes ces forces telluriques qui pourraient m’emporter si je n’y prête pas attention.

C’est maintenant un processus en marche, nous allons consolider nos lieux de vie pour le début de l’automne, et s’établir en ville tous ensemble. Nous devons trouver un appartement pour 5 personnes (pour l’instant!), avec un jardin et une grande pièce commune. Adieu banlieue nord. J’ai tellement voulu quitter cet endroit, car le mode de vie ne correspond pas à ce que je cherche.

Mais maintenant, avec toutes les contradictions dont je suis capable, je considère les jolis côtés que je m’aprête à quitter. Les oiseaux nombreux dans cette région des basses-laurentides, mon parterre de fleurs et mes rocailles remplis de vivaces luxuriantes et heureuses, les grands espaces extérieurs, la rivière à proximité, la maison si lumineuse que nous avons joliement redécorée, la mobilité des enfants dans ces lieux si familiers, leur automonie dans ces lieux, l’espace de la maison, la cuisine à aire ouverte où nous adorons tant cuisiner tous ensemble et partager nos repas. Mais je quitte aussi tout ce qui m’a dérangé si longtemps: le mode de vie des banlieusards, le traffic, la distance qui me sépare de Montréal, le temps de voyagement, la pollution générée par nos déplacement, le coût de l’essence, la distance qui me sépare de mes amis, la maison qui ne correspond plus à nos besoins, le temps à investir pour entretenir deux lieux de vie, le fait de vivre à deux endroits et de se sentir éparpillé, la vie de quartier qui n’est pas celle de Montréal. Je dois accepter de partir, lâcher prise. Et trouver la perle rare d’appartement qui me fera oublier tout ce que je quitte…

Chercher la poséie

Entre les lignes, sur la route, derrière des casseroles à frotter, entre mon clavier et mes yeux, sous mes paroles triviales, face aux échéanciers, en mes billets d’avion, dans des colères vaines et futiles, dans des fleuves d’Amour, sur ta peau qui se repose, sous le son de tes doigts qui dansent sur le clavier, dans ton sourire si vaste parfois au soleil, dans nos coup de roues à sillonner la ville dans l’été, dans les rires des enfants qui résonnent de tant de complicités, dans les quelques jours qui nous séparent de la fin des classes, dans les rayons de soleil de juin, dans mes mémoires familiales nostalgiques, dans mon parterre fleuri que je devrai quitter avant l’automne, dans cette vaste maison que j’ai trop tant insultée car elle est si loin de la ville, dans des émotions si denses et légères, dans la complexité de celles-ci, dans des mémoires heureuses, dans des futurs que nous rêvons ensemble, dans mes angoisses presque ludiques, dans mon humour que je perd parfois, dans ton humour qui m’apaise tant, dans ma culpabilité étrange que j’aprivoise, dans les années qui passent si bien au fond, dans la légerté de ces mots comme un baume sur mes paniques quotidiennes, dans des espoirs pragmatiques de trouver notre toît sur l’île que j’aime tant, dans ma peur de blesser ceux que je vais quitter dans mon vieux quartier chéri, vers cette nouvelle demeure où nous trouverons une nouvelle paix, vers cet équilibre que nous cherchons à l’unisson, dans ces soirées familiales pleines de rire qui sont un elixir de bonheur, dans la vieillesse tranquille du soir qui tombe en souriant doucement, dans nos coeurs unis si bien de douceur et de tendresse, dans nos corps unis si bien de fougue et de passion, dans tous nos espoirs de donner la vie ensemble, dans tout cela et plus encore, j’aimerai bien retrouver ma poésie.

Architectes écolos

J’ai rencontré cette semaine des architectes écolos fort sympatiques. Je connaissais leur travail depuis un bout de temps par leur site. Laurent McComber est un créatif débrouillard. Il fait de l’architechture comme je fais de la vidéo: avec intuition (créativité aussi), débrouillardise (avec les moyens qu’on trouve!) et flexibilité (on fait de tout; je fais de la caméra, du montage et de la réalisation, il fait de la conception et la supervision des chantiers en employant directement les artisans compétents). Je lui parlais de mon rêve fou: fait un loft écologique familial pour des familles qui veulent faire un choix de vie urbain et écologique. Son réalisme pragmatique m’a donné des assises pour savoir si je pouvais réalistement pousser ce projet. Réponse: oui, possible, mais très difficile. Les promoteurs ont ratissé la ville depuis longtemps à l’affut des endroits industriels transformables en lieu de vie. Les très bons endroits sont partis depuis 20 ans, les bons depuis 10, et les potables depuis 5 ans. Il ne reste surtout des lieux contaminés ou inutilisables. Donc une piste possible est de trouver un promoteur déjà engagé dans un projet et qui a des moyens, des antennes et du flair. Et qui est prêt à vraiment écouter les demandes du marché (ça, c’est moi et d’autres familles). Les lofts existent, mais ils sont toujours pensés pour des couples ou des professionnels seuls. Mais saviez-vous, chers promotteurs, que des gens avec des enfants (plus que 2), ça existe, ça aime la ville, ça recycle et ça composte, et ça achète des maisons!

Poésie web

Je vous invite à (re)visiter mon espace d’exposition sur le web, où vous (re)découvriez mes petits tableaux de poésie interactive et autres esquisses numériques. Je viens aussi de remettre en ligne le projet « carte blanche« , une exploration poétique interactive sur le thème de la lecture réalisée en 2002. Ce sont des mini-jeux poétiques exploratoires, ou la souris devient une étoile qui éclaire des mots, fait teinter des sons et des poèmes, des notes de musique. Découvrez les mots qui volent lorsque vous survolez certaines zones, puis revenez au carrefour central pour découvrir d’autres petits tableaux. Vous devez avoir le plug-in shockwave installé.

Bientôt le Portugal

J’ai vraiment hâte de découvrir ce pays, sa culture, son architechture, son peuple, son vin et son assiette. J’ai soif de monastères, de châteaux fortifiés, de plages et de villages dans des vignobles. Très hâte de découvrir, d’explorer, aux côtés de mon amoureux.

À fleur de peau

Je suis sensible. Je vibre. Le temps frais me rend encore plus sensible, étrangement. Je regarde les rayons de soleil qui font frémir les couleurs de mon orchidée mauve. Je suis comme elle. Je m’incline et je ferme les yeux sous le soleil, toute pleine d’espoir de jours plus chauds. Je suis amoureuse de la chaleur. Je ne sais pas pourquoi je frémis tant. Je laisse monter en moi une gamme si vaste d’émotion, c’est très intéressant à observer. Je suis riche de l’intérieur d’une impressionnante palette vibrante. Pour ouvrir davantage mes antennes créatrices, je me donne le droit de piger à même cette source vivante. Et le catalysateur de ma source émotive est la musique. Mon outil musical est ceci. Last.fm est une merveille pour les amoureux de la musique qui veulent découvrir et se laisser emporter. Aujourd’hui je plane sur le tag « piano ». J’aime le piano, si vous ne saviez pas encore.

Je suis aussi vibrante de bonheur, car aujourd’hui c’est l’anniversaire de l’homme de ma vie. Et de sa grande fille. Ce fut son plus beau cadeau, pour ses 21 ans. La belle a aujourd’hui 15 ans! Merveilleux anniversaire à tous les deux, et aussi à Dominique, dont c’est aussi l’anniversaire aujourd’hui!