Au pied du mur

Ma chère maman fume depuis plus de 30 ans. Je souhaite qu’elle arrête de fumer depuis que je suis en âge de comprendre. On pouvait lui dire sur tous les temps, rien n’y faisait. Elle a toujours dit en rigolant que c’était son seul défaut. Je pense que maintenant j’aurai donc une maman parfaite…

Elle a attendu d’être au pied du mur, comme trop de fumeurs. Elle a fait un infarctus. Une crise cardiaque! Wow, c’est sérieux. Elle a eu un malaise cette semaine, sans réaliser qu’elle venait d’avoir une attaque cardiaque! Et ce n’est qu’après une série de tests poussés que le personnel de l’hopital a déclaré: infarctus! On vous garde, on vous soigne. Elle est branchée sur une multitude de machines qui font bip! bip! Son coeur est sous écoute.

Son cardiologue lui a dit: « c’est finit la cigarette madame! »
Et elle: « même pas une? »
Doc: « Non, pas une. Et je vais vous le répéter tous les jours. »

Choc. Coup à encaisser. Dur pour une fumeuse de se faire mettre au pied du mur. Mais elle ne s’est donnée aucune chance. On a eu beau lui répéter depuis des années, la supplier, tempêter, blaguer, faire tous les temps: rien à faire. Maintenant, c’est à elle de jouer. C’est sa vie, après tout. Heureusement, elle a eu un signal d’alarme à temps, et elle se porte bien. Son malaise cardique n’était pas d’une grande amplitude. Elle devra prendre du repos, mais elle va bien. Elle a seulement eu peur, très peur. Dans cette peur se cache probablement la force nécessaire pour l’aider dans la prochaine étape: arrêter de fumer. Courage, Maman!

Retenue nouvelle

Ceci est le troisième essai de billet que j’abandonne. Étrange. Moi qui écris si facilement normalement, sans hésitation aucune, toujours à vous souffler le premier jet des mes élans d’écriture spontanée, toujours à me lancer dans l’écritre comme dans l’eau d’un lac invitant. Et là, pour une raison mystérieuse, je suis toute pleine de retenue. Ou une sorte de syndrome de page blanche. C’est une sensation inconnue pour moi. Étrange. C’est comme si j’ai trop à dire, mais je ne sais plus comment crystaliser mes idées en mots, puis en phrases. L’essence de ce que j’ai à partager cette semaine: les hésitations professionnelles et les remises en question de mes choix artistiques. Je me pose beaucoup de questions sur les prochaines étapes de ma carrière, à savoir quels seront les bons choix pour moi, et quelle est l’orientation de mes prochains projets. Je doute. Au moins en attendant j’avance.

Reprendre la plume

Ça fait du bien de pouvoir écrire. Simplement des mots simples et petits. Ou des longs textes si ça me chante. J’ai tellement de poèmes en tête que ça sort en onomatopées. Woup woup. Ce soir, je suis comme ça. Parce que. C’est tout. Je suis contente car j’ai une impression de calme après la tempête de la fin de l’été et du début de l’automne. C’est fou, j’ai même l’impression d’avoir vieilli. Comme ça, ça nous tombe dessus. Bagn! On me demande mon âge, et j’hésite à répondre. Et non, pas pour le cacher, non. Parce que je ne sais plus. Tout va trop vite, et je perds le compte. Il faut que j’arrête, que je réfléchisse. 1974. J’ai 34 ans. Ben oui. Hey! Ho! Commence à être tant que tu aies un enfant, ma vieille.

J’y pense depuis plusieurs années, mais la conjoncture n’avait jamais été bonne. Tandis que là… Mais j’hésite à en parler. C’est comme un ultime tabou à partager sur un blogue pour moi. Je n’en ai jamais fait mention ici. Mais pourtant, je voudrais tellement avoir un enfant. Je suis mariée avec un homme qui en a 3, mais ils sont à lui. Et il en veut encore avec moi. Ses enfants sont grands, mon homme est encore jeune, donc tout est possible. Mais mon ultime tabou est de parler ici de mon désir d’avoir un enfant. Est-ce que d’en parler diminue les chances d’en avoir un? Est-ce que de partager ce désir provoque une pression indue sur la future mère? J’ai décidé de plonger, car je parle maintenant pour la première fois ici de cet enfant que je voudrais. En même temps, si cela ne m’arrive pas, ce ne sera pas un drame. Faut bien accepter ce que la vie apporte.

Besoin de douceur et de beauté

Dans mon nouveau travail, je dois trouver des vidéos sur Internet. Je prends une pause de la réalisation pour cette saison, où j’ai accepté de travailler comme recherchiste pour l’émission Vlog à TVA.

Dans mon travail, je fouille le web à la recherche de perles. Sauf que je suis confrontée à la réalité: pour trouver des perles, il faut se tapper beaucoup beaucoup de vidéos très… douteuses. Toute la médiocrité, la haine, la violence, le mépris, la laideur que l’humain peut générer se trouve sur le web. Et quand on passe 40 heures par semaine à fouiller dans cette immense bouillie d’images et de sons, on en voit passer beaucoup. Heureusement, parfois aussi on trouve des petits rayons de soleil.

Comme ici, avec toute la joie des films de Bollywood. Parfois, j’aimerai être comme ce super-héros indien, et repousser la méchanceté et la laideur grâce à mes supers-pouvoirs de Yogini.

Trop long silence

Cette longue période loin de mon blogue s’achève bientôt. Après le choc de ma nouvelle vie, je trouve maintenant le calme et un nouveau rythme. Nouveau travail, nouvelle maison. En ville à temps plein. Travail à la télévision dans un bureau de 9 à 5 (!!!), loin de mon bureau à la maison où je travaillais depuis 8 ans, devant un calendrier et des projets dont j’étais la seule maîtresse. Étrange, mais je trouve cela très reposant. J’y trouve une quiétude à fuir mes angoisses de créatrice. C’est vraiment très reposant, en un sens.

Je dois aussi trouver le rythme avec les enfants. Ils doivent aussi s’adapter à la vie en ville. Ils ont quitté définitivement la banlieue nord où ils ont passé la plus grande partie de leur vie. La Grande est heureuse, elle adore la ville. Elle va librement, avec tous les questionnements de ces 15 ans. Les garçons aussi, mais c’est quand même l’adaptation de l’école, vraiment plus difficile qu’auparavant. La marche est haute. Il faut les épauler dans cette transition. C’est beaucoup d’énergie. J’ai hâte à Noël. Avant, il y a l’Halloween… Ça tombe bien, la maison des jeunes est au coin de la rue, et ils font une super maison hantée.