Amitiés qui s’effritent

Par où commencer? J’ai envie d’écrire ici ce soir. Sans raisons et pour toutes les raisons. Moi qui prône le réseautage, et qui crie sur tous les toîts que l’Internet et les blogues sont des lieux sociaux, c’est avec une grande impression de solitude que je suis ici face à vous. Un besoin de solitude, ou un sentiment nostalgique qui m’habite ce soir, je ne sais pas. Je termine un contrat de montage, car je suis retournée à la réalisation indépendante pour des projets culturels après une incursion dans le monde de la télévision comme recherchiste. Comme je suis de retour dans mon bureau-à-la-maison, avec une perspective créative sur les choses et mon travail, je me penche sur des réflexions plus solitaires. Çe me fait du bien.

Mais ce soir je me sens envahie d’un sentiment que je ne peux pas vraiment définir. En ce moment, je me sens dans une période très créative, ou tout est possible. Mais tout cela vient avec un grand vertige, une impression de passer à côté de quelquechose d’indéfinissable. J’ai envie de saisir la vie pour l’embrasser, et lui dire merci pour mes grands bonheurs. Luxe énorme en ces temps où tout va trop vite, je suis couchée sur le dos et j’observe les nuages qui passent. Je pense beaucoup à mon grand-père, décédé il y a presque deux ans maintenant. J’observe le passage du temps sur mon deuil. Et j’observe aussi le passage du temps sur ma vie, mon travail, ma famille, mes amours, mes amis.

Je ne sais pas comment dire, mais je sens des choses ou des gens qui s’éloignent. Des amis dont le regard semble un souvenir perdu entre deux montagnes. Des rires dont l’écho se fait lointain. Une sorte de tristesse me gagne. Mais ces amis ne sont plus ce qu’ils étaient, ils ont changés, et moi aussi. Je dois faire le deuil de ces amitiés qui s’effritent, ne pas m’accrocher aux souvenirs de moments mémorables que nous avons vécus. C’est chose du passé, et je sais que tant d’autres moments m’attendent encore. Mais la trentaine bien amorcée amène une perspective sur l’impression de certaines amitiés immuables. Et je dois être sereine et les laisser s’éloigner. C’est ce qu’ils veulent, semble-t-il.

Branches de février

Les bourasques soufflent sur mon lundi
ma fenêtre s’ouvre sur la beauté des arbres urbains en manteau de neige

Je japonise ma ville par ces regards
des jardins imaginaires se tissent entre ciel et terre
sur la découpe des branches noires contre le blanc de la tempête hivernale

J’apprivoise les mots retrouvés en ces lieux
douce quiétude de s’ancrer au présent givré de sel des matins fragiles
pendus aux bras des arbres forts qui s’élèvent vers la lumière

Loin de la tourmente

J’ai parfois l’impression d’être dans le futur. Vivre libre et dessiner soi-même les contours de sa vie amène une grande satisfaction. Il n’existe aucune limite à ce qui est possible, si on est prêt à mettre les efforts, les sacrifices et le travail pour y parvenir. Je tente de vivre au diapason avec mes valeurs et mes objectifs, autant que possible. Le prix a payer en vaut largement la chandelle. Mais avant de pouvoir y parvenir, il faut avoir les idées claires. Et c’est un processus de tout les instants, de garder l’esprit alerte, de rester conscient. Il faut parfois des petits détours avant de retrouver son chemin, mais on réalise après coup que ce détour n’en était pas un. Chaque détour nous apporte quelquechose, et s’inscrit dans notre parcours avec une grande logique. Mais il faut parfois un peu de temps pour avoir cette perspective.

Identités multiples

Je suis ici et je suis ailleurs. Depuis plusieurs mois, je suis plus active sur yannickgelinas.com

Mon écriture sur Vivre la vie est fragile, sensible, personnelle. Ma parole sur mon Carnet de Yannick est celle de la réalisatrice, de la femme d’action, de celle qui se questionne sur les médias, la vidéo, l’Internet. Ces identités font toutes partie de moi. Et j’ai choisi de les diviser pour des raisons pratiques: certains lecteurs ne veulent pas rencontrer des vagues d’émotion, d’autres ne s’intéressent pas à mes réflexions technologiques. Tout à fait légitime. Mais ce n’est pas facile d’alimenter les deux. Donc j’alimente plus régulièrement mon Carnet, et je poste sporadiquement des billets ici.

Soupir.