Femme de coeur

Je suis au centre d’un bouillonnement de projets et d’activités. Je surfe sur cette vague avec un grand sourire. Je suis juste un peu fatiguée, mais quand je prends le temps d’un peu de repos, je récupère vite.

Mes fins de semaines où je réussis à ne pas avoir de travail, je déambule dans les rues d’Outremont et du Mile-end avec mon amoureux et les enfants. On s’arrête pour prendre un café late et une pâtisserie à la terrasse d’un café, on bouquine, on flâne dans les galeries de la rue Saint-Laurent. Sourire aux lèvres de prendre le temps de vivre.

Lundi j’ai réussi à m’échapper du feu roulant qu’est ma vie professionnelle pour visiter mes grands-mères. J’ai roulé vers la Rive-Sud, sur l’autoroute de soleil, avec une vielle cassette qui chantait des airs d’une autre époque: « Les feuilles mortes se ramassent à la pelle… non je n’ai pas ouuuuublié ». Je me sentais bien, heureuse de prendre un peu de temps pour visiter ces deux femmes que j’aime et que je vois trop peu souvent.

J’ai kidnapé ma chère Marraine pour une grande balade en voiture, comme elle les aime. Je suis arrivée à sa chambre, et sa surprise s’est transformée en joie de petite fille aux yeux brillants quand j’ai annoncé: « On va faire une promenade, ensuite je t’amène dîner. » C’est si simple de faire tellement plaisir à ceux qu’on aime. On a roulé le long de la Rivière Richelieu, on a vu les oies qui rentrent pour le printemps, et le soleil éclatant qui frisait la surface de l’eau en millions de cristaux. J’ai monté le son de la musique, et on a chanté ensemble. On est passé devant des maisons qu’elle a habité autrefois, à son arrivée au Canada. Après un dîner chez mes parents, je l’ai ramenée chez elle, moi aussi le coeur content de la savoir en paix.

Ensuite, visite de Grand-Maman Georgette. Encore un accueil de sourire et d’yeux brillants. Elle avait des coupures de journaux pour moi, comme d’habitude. Des articles intéressants, des nouvelles qui la touchent, un magasine de cuisine pour la ménagère modèle de 1959. Elle m’a confié sa recette secrète de sucre à la crème. Elle en avait une copie imprimée, glânée par ma tante Louise qui l’avait observé à l’oeuvre à une vieille de Noël.

Elle m’a ensuite montré de vieilles photos d’elle avant son mariage. Une photo de groupe, où elle pose auprès d’un cavalier. « On était pas obligés de jouer au Papa et à la Maman pour sortir ensemble dans ce temps-là », me confie-t-elle. Je réponds: « Oui mais il était très collé sur toi, ce beau grand Monsieur sur la photo ». Elle marque un pause. « oui, mais je préférais ton Grand-Père. » Je remarque un autre homme, à l’arrière, qui la regarde avec insistance, et un sourire qui ne ment pas. « Et lui, Grand-Maman? ». « Ah, c’est le notaire. Je ne voulais pas sortir avec lui, c’était un vieux garçon »- lire: un homme célibataire dans la trentaine, alors qu’elle avait le début de la vingtaine.- J’adore les conversations avec cette femme solide, à l’attitude si inconditionnellement positive. Je suis repartie, le coeur content de porter l’héritage de ces femmes de coeur, d’engagement et de convictions.

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