Grenadine d’été et menace écologique

Je porte une robe rouge et je bois une eau à la grenadine avec des glaçons, assise à mon bureau de soleil de mon appartement montréalais. Je suis légère comme les bourgeons qui éclatent et qui ressemblent à des brocolis. Je pense au lila qui se prépare, là-bas, dans l’ancien jardin de mes grands-parents sur la Rive-sud, ce lila qui fleurira tout blanc et odorant en juin. Je suis contente car il fera la joie des enfants qui habitent cette maison où des rires ont éclatés entre ses murs pendant tant d’années.

Je suis heureuse. Mais je suis bien consciente de l’énorme travail qui reste à faire pour faire bouger le monde plus rapidement face aux menaces de destruction écologique. Je sais que le ton est grave, mais c’est davantage un fatalisme qu’une panique. Pas de panique pantoute, non non. On ne peut renverser la vapeur comme individus, même si je m’évertue avec une abnégation monastique et maniaque à faire des milliers de petits gestes pour sauver la planète. Je peux bien récupérer l’eau pour arroser mes plantes, mes voisin se préparent à la saison estivale où ils remplissent et vident quotidiennemnent leur piscine-champignon dans la ruelle. Je peux bien jetter un minimum de détritus aux ordures, récupérant, triant, compostant et réutilisant tout ce que je peux dans les moindres détails, plusieurs de mes voisins n’utilisent même pas leur bac vert. Et une grande partie du contenu de ce bac prends le chemin du dépotoir où il polluera la nappe phréatique, et tous les déchets confondus formeront une marmite toxique pour empoisonner encore davantage la planète, toute cette masse de surconsommation grugeant l’espace naturel encore disponible.

Mais la réponse est dans le collectif. C’est collectivement qu’il faut réagir. C’est en se rassemblant que nous deviendront puissants à faire changer les choses. Car j’ai espoir que tout cela peut changer, drastiquement. Mais une sérieuse mobilisation doit se produire. Et je vais faire tout ce que je peux pour l’encourager. Je ne sais pas encore comment, sous quelle forme, mais je vais mettre l’épaule à la roue, car on ne peut plus demeurer passif face à la destruction et l’absurdité de nos choix collectifs.

J’espère bien fermement que nous poserons un jour un regard épouvanté sur certaines réalités qui nous semblent aujourd’hui banales: ces voitures énergivores, ces maisons énergivores et non respectueuses de l’écologie, ces choix de consommateurs qui détruisent la planète, toutes ces matières organiques compostables que nous envoyons quotidiennement aux ordures et qui deviennent toxiques.

Fragilités du Jour de la Terre

Ce ne devrais pas être une seule journée. Pour moi, c’est tous les jours le Jour de la Terre. On la maltraite tellement, sans aucun respect. Mais elle nous survivra! Elle s’en remettra. Elle s’en remet toujours. Elle a vu des catastrophes naturelles la miner et la transformer depuis bien des millions d’années! Nous ne sommes qu’une autre catastrophe naturelle pour elle. C’est notre propre disparition que nous préparons en traitant la terre si mal.

Pour vous donner un peu de perspective, vous pouvez regarder notre belle planète bleue ici, c’est très joli et bien fait (merci Neave).

Et vous pouvez rigoler un bon coup en regardant ce grand classique (ou découvrez si vous ne connaissez pas)

Mais je garde espoir, même si je semble fataliste. Il faut continuer le combat contre l’ignorance, la désinformation et le capitalisme sans scrupule. Même les politiciens se réveillent. Mais ils n’ont pas tous le courage d’un Obama devant les grandes industries. J’étais très heureuse de lire que Monsieur Obama va de l’avant avec son projet de trains haute-vitesse. Le Québec n’aura pas le choix de le prendre, ce train!

Plaisirs en ligne

J’ai raconté ici une grande partie de mon processus de création qui a mené au projet ‘Plaisirs’. Ce devait être un projet multimédia interactif, puis pour des raisons techniques, j’avais pris la décision en 2005 d’en faire une version simplifiée, sur DVD, dans une forme linéaire classique. Bref, une vidéo avec un début, un milieu, une fin. Mais ce ne devait pas être la structure de cette histoire. Plaisirs devait être un univers exploratoire, très impressionniste. Les images et la trame sonore sont poétiques, empreints de cet impressionnisme très proche de la peinture ou de la BD. Le DVD est sorti en librairie, publié avec un bouquin de poésie, chez Planète rebelle. Et j’ai enfin une version complète du film offerte ici en 8 chapitres que j’ai placé sur Vimeo. Je vous offre le chapitre 8, parce que je commence par la fin, parce que. Voilà.

Plaisirs: chapitre 8 (La Farandole) from Yannick B. Gelinas on Vimeo.

Chambre blanche

J’ai besoin de reconstruire mon monde, de m’isoler, afin de plonger dans la création. Je franchis une étape charnière, et je dois me recentrer sur mes projets créatifs. J’ai soumis plusieurs projets de documentaires web dans les dernières semaines. Je suis en développement et en écriture de projets multimédias. Je veux réadapter mes cédéroms de vidéo interactive pour le web. Et je pense à un roman que je veux écrire: La traversée.

Mon imaginaire est dans une chambre blanche.

De grandes fenêtres laissent entrer la lumière de la mer. Des rideaux blancs pendent de part et d’autre des fenêtres. Le vent s’engouffre, et le tissu vole doucement. C’est très reposant de regarder ce flottement. Le soleil se joue des plis qui se défont sur le tissu léger. Le claquement des rideaux est au diapason avec le roulement des vagues de l’après-midi, et l’écume de la mer se voit de loin. Le vent est fort. Il me lave. Je suis seule dans la grande pièce. Je suis au bord de la mer, mais il fait frais. Un feu brûle dans l’âtre. Le crépitement du bois qui se consume se marie au bruit du vent. Mon silence est habité. Les pierres sur le sol frais me font frissonner. Je vois de gros nuages noirs qui se pointent au loin. Ils passeront sans pluie. Je cherche du papier, un crayon, pour écrire ce que j’ai en tête. Les enfans sont partis, ils ont emporté avec eux des tourbillons de cris et de rires. Le calme est revenu. Et ma solitude est étrange. Elle m’apaise et m’effraie. Je suis d’une autre époque, je suis de toutes les époques. Je voudrais que les mots deviennent permanents, et pourtant je comprends l’impermanence de toute chose, et l’absurdité de mon désir de vouloir arrêter le temps. Tu dors près de moi. Je vois ton dos nu qui se soulève au rytme de ton souffle. Ce repos te fait tant de bien. Te regarder dormir me repose aussi, me nourrit. De longues mèches brunes roulent dans ton cou, et dévalent tes épaules fortes mâles. Je souris de te savoir là, abandonné au sommeil. Je résiste à l’envie de me lover à toi. Je fais un café très fort sur la petite cuisinière bleue. L’odeur m’enveloppe rapidement, et modifie ton souffle. Enrubanée d’un grand drap, je m’assois au petit bureau face à la mer. Je laisser monter l’écriture qui se couche toute seule sur le papier. Je dois tenir les feuilles qui dansent au vent.

Angoisses et montagnes russes

J’oscille sans cesse entre des bouillonnements créatifs de haute intensité, emportant dans mon sillage passionné des auditeurs heureux et convaincus (des bienfaits de mes théories), et des moments solitaires de grand désoeuvrement. Je me sens nulle, inutile, absurde. Pourquoi suis-je en proie à de tels égarements émotifs? Je me sens parfois lasse et fatiguée, ou alors survoltée et sûre de moi. Je suis comme ça. Ou je prend un médicament, ou je m’accepte. J’opte pour la 2e option. Heureusement que je partage ma vie avec un homme merveilleux, uniformément calme, qui me donne attention et patience sans limite, amour et écoute, peut importe mes délires.