Chambre blanche

J’ai besoin de reconstruire mon monde, de m’isoler, afin de plonger dans la création. Je franchis une étape charnière, et je dois me recentrer sur mes projets créatifs. J’ai soumis plusieurs projets de documentaires web dans les dernières semaines. Je suis en développement et en écriture de projets multimédias. Je veux réadapter mes cédéroms de vidéo interactive pour le web. Et je pense à un roman que je veux écrire: La traversée.

Mon imaginaire est dans une chambre blanche.

De grandes fenêtres laissent entrer la lumière de la mer. Des rideaux blancs pendent de part et d’autre des fenêtres. Le vent s’engouffre, et le tissu vole doucement. C’est très reposant de regarder ce flottement. Le soleil se joue des plis qui se défont sur le tissu léger. Le claquement des rideaux est au diapason avec le roulement des vagues de l’après-midi, et l’écume de la mer se voit de loin. Le vent est fort. Il me lave. Je suis seule dans la grande pièce. Je suis au bord de la mer, mais il fait frais. Un feu brûle dans l’âtre. Le crépitement du bois qui se consume se marie au bruit du vent. Mon silence est habité. Les pierres sur le sol frais me font frissonner. Je vois de gros nuages noirs qui se pointent au loin. Ils passeront sans pluie. Je cherche du papier, un crayon, pour écrire ce que j’ai en tête. Les enfans sont partis, ils ont emporté avec eux des tourbillons de cris et de rires. Le calme est revenu. Et ma solitude est étrange. Elle m’apaise et m’effraie. Je suis d’une autre époque, je suis de toutes les époques. Je voudrais que les mots deviennent permanents, et pourtant je comprends l’impermanence de toute chose, et l’absurdité de mon désir de vouloir arrêter le temps. Tu dors près de moi. Je vois ton dos nu qui se soulève au rytme de ton souffle. Ce repos te fait tant de bien. Te regarder dormir me repose aussi, me nourrit. De longues mèches brunes roulent dans ton cou, et dévalent tes épaules fortes mâles. Je souris de te savoir là, abandonné au sommeil. Je résiste à l’envie de me lover à toi. Je fais un café très fort sur la petite cuisinière bleue. L’odeur m’enveloppe rapidement, et modifie ton souffle. Enrubanée d’un grand drap, je m’assois au petit bureau face à la mer. Je laisser monter l’écriture qui se couche toute seule sur le papier. Je dois tenir les feuilles qui dansent au vent.

Angoisses et montagnes russes

J’oscille sans cesse entre des bouillonnements créatifs de haute intensité, emportant dans mon sillage passionné des auditeurs heureux et convaincus (des bienfaits de mes théories), et des moments solitaires de grand désoeuvrement. Je me sens nulle, inutile, absurde. Pourquoi suis-je en proie à de tels égarements émotifs? Je me sens parfois lasse et fatiguée, ou alors survoltée et sûre de moi. Je suis comme ça. Ou je prend un médicament, ou je m’accepte. J’opte pour la 2e option. Heureusement que je partage ma vie avec un homme merveilleux, uniformément calme, qui me donne attention et patience sans limite, amour et écoute, peut importe mes délires.