L’essentiel: Zeitgest Addendum

Ce documentaire n’est pas nouveau. Mais certains films sont des essentiels, c’est donc une bonne idée d’en parler encore. On peut douter de la façon de présenter les choses, voir même de la véracité de certains faits, poser des questions, refuser des opinions. Mais il faut voir Zeitgest pour justement se poser des questions. Mettre en doute. Laisser ses convictions être ébranlées.

C’est essentiellement ce qu’apporte ce documentaire: douter de l’ordre établi. Déconstruire les mythes. Et la démarche vaut largement la peine. Pour ceux qui ne l’on jamais vu, prenez le temps de découvrir ce documentaire troublant et dérangeant, même si certains chapîtres remettront directement en questions vos croyances et vos convictions. Allez jusqu’au bout de l’exercice. Le premier chapître à propos de religion rebuttera certains croyants, c’est certain. Même si vous êtes de ceux-là, écoutez les autres chapîtres.

La seconde partie, Zeitgest Addendum, porte davantage sur la crise économique. Et propose des débuts de solutions à tous ces problèmes qui semblent insolubles. À grand coup d’utopies. Tout utopiste sois-je, je ne suis pas certaine de pouvoir aller aussi loin que ce que Peter Joseph propose: abolir le système monétaire pour installer une nouvelle économie basée sur les ressources. Mais une chose est certaine: le système financier et monétaire capitaliste est purement destructeur, tel qu’il existe aujourd’hui. Ce système crée davantage de problèmes qu’il améliore la situation globale de la planète et de ces habitants.

Zeitgest est sorti en juin 2007, et la suite Zeitgest Addendum est sorti en octobre 2008. Chaque film dure 2 heures, et se regarde très bien sur le web en plein écran. Passez le mot.

Convictions

La solution pour résoudre les graves problèmes écologiques auxquels nous faisons face? Il faut simplement que chaque compagnie soit tenue véritablement responsable de son impact écologique et social, et que le gouvernement oblige les compagnies à respecter ces normes.

C’est très difficile de vivre avec des convictions fortes. Peut importe lesquelles. Les miennes sont écologistes, sociales et politiques. Bien à gauche sur l’échiquier. Mais ce doit être aussi difficile d’être à droite, je présume. Mes valeurs se rafermissent avec les années, en même temps que mes convictions évoluent au gré de mes apprentissages et mes expériences. C’est parfois difficile de contenir la rage qui monte en moi face à toutes ces absurdités destructrices mises en place par un système complaisant. Ce système de gouvernance et de consommation qui amène le peuple à bien dormir sur ses deux oreilles, sans déranger, sans lever le ton. Ce système ne nous appartient pas vraiment, il nous échappe. Mais je garde le rêve que nous pourrons un jour reprendre ce pouvoir, et changer les choses.

Ce matin, on fait le lunch aux enfants. On place leur sandwich dans un sac de lait réutilisé, emballé avec un élastique du journal La Presse (pourquoi tous ces élastiques gaspillés? Benjamin est rendu avec une collection de super-balles maison…). Tout petit geste, mais important pour nous. Je suis tellement heureuse d’entendre la grande affirmer qu’elle fera la même chose avec les lunch de ces enfants. Ce que j’espère, c’est que ces sacs plastiques n’existeront simplement plus. Il existe des solutions bien plus efficaces pour distribuer les aliments en créant moins de déchets. Des bouteilles consignées, par exemple. Ou des matériaux bio-dégradables.

La solution? Il faut simplement que chaque compagnie soit tenue véritablement responsable de son impact écologique et social, et que le gouvernement oblige les compagnies à respecter ces normes.

Bruits d’été

La chaleur s’installe sur Montréal. Au loin, j’entends des cris d’enfants qui portent au-dessus des grands arbres d’Outremont. J’imagine que ces cris de joie proviennent des jeux sur l’eau des piscines municipales – je sais que c’est mon imagination, mais c’est agéable-. Ces sons se trouvent associés pour moi à l’été et aux Vacances, au soleil et aux terrasses, aux balades légères et aux appéros de fin d’après-midi, à la liberté et à l’amitié.

Les fleurs et les oiseaux (gris)

Pour ramener un peu de vie dans le béton de ma ruelle arrière, j’ai installé une mangeoire pour oiseaux. Elle n’est visitée que par des gros moineaux urbains, tous gris eux aussi. Les enfants disent que je suis raciste des oiseaux car je peste parfois contre mes gris moineaux. Moi je plaide que c’est la diversité dont je rêve, pas l’exclusion de mes moineaux de ville. Donc, pour attirer des Gros-becs, des Roselins et des Chardonnets, j’ai fait trois gros bacs de fleurs que j’ai posés sous la mangeoire. J’ai mis des géraniums, des fleurs blanches qui tombent en cascades, des capucines oranges et des cosmos roses et blancs. Tout cela devrait attirer un peu de couleur (je parle des oiseaux). Ce matin, je jette un coup d’oeil à mes fleurs et à mes éventuels visiteurs ailés. Grand éclat de rire. Que vois-je, caché derrière les gros bacs de fleurs? Un gros matou tigré, bien posté pour viser le moineau. Vous devinez la couleur du chat? Gris, hé oui, et quand même joli.

L’amour des mots

Un peu de poésie de dimanche matin
Ceci est un texte qui ouvrait un spectacle de poésie présenté le 22 avril 2006 à la maison de la culture Mont-Royal

De toutes mes inconstances, l’écriture est ma permanence. Car les mots qui coulent sont un baume qui emporte le ventre et séduit la raison. J’aime les mots, leur sens, leur forme, leur rythme. J’aime leur profondeur et leur légèreté. J’aime leur musique.
Je suis éprise des mots. Tous ceux que l’on trouve dans des ouvrages qui nous laissent croire au génie, à sa puissance dans les méandres les plus subtils de l’humanité. J’aime les mots qui nous entraînent dans des histoires et dans l’histoire, mais j’aime les mots aussi pour leur force et leur beauté pures. Je parle ici des mots collectifs, assemblés en phrases, puis en paragraphes et en concepts élaborés. J’aime les mots comme on aime un parent ou un amour éternel, avec la permanence des racines.

Achetter ou louer une maison?

Nous habitons un appartement que nous adorons, que nous avons déniché l’été dernier. Après un quête intense de ce lieu, au prix d’un déménagement titanesque, nous avons établis nos pénates dans ce nid idéal pour nos besoins. Les enfants se sont bien adaptés à la vie en ville, ils adorent notre appartement, et ils adorent le quartier. Bref, tout est merveilleux en ce bas monde.

Mais voilà que mes propriétaires nous annoncent qu’ils veulent vendre leur logement. Et que les futurs propriétaires auront la priorité, et pourraient donc nous déloger. Dire que je serais triste de quitter ce logement est un euphémisme. Je n’ai aucune envie de bouger d’ici! Donc, mon rêve serait d’achetter l’appartement. Il est clair que nous ne pourrions jamais achetter ce triplexe magnifique au coeur d’Outremont, sur une rue bordée d’arbres, calme, avec des superbes pièces spacieuses.

Et si nous achettons notre étage, qui seront nos voisins de condo? Je rêve de voir les deux autres étages occupés par des gens aimables, avec qui je partage mes valeurs et mes priorités. Il est temps de refaire le toît? Nous pourrions envisager la possibilité d’y faire un toît vert. La petite cours doit être rénovée? Pourquoi pas enlever le béton pour retrouver la terre, et y planter des fleurs. Sans parler du parterre avant, qui est une pelouse classique, et que je rêve de voir transformé en terrassement aménagé, d’inspiration japonaise. J’ai envie de cela, très fort. Mais pourrons-nous trouver le financement adéquat pour achetter? Et nos conditions de paiement nous prendrons-elle à la gorge? J’ai peur de perdre ma liberté de locataire, et d’avoir la responsbilité financière d’un logement. Mais en même temps, je sais que c’est le meilleur moment d’investir, et le bon timming pour devenir propriétaires…

Ce matin l’évaluateur s’est présenté ici. Nous saurons combien vaut ce logement, et si nous pouvons rêver de l’achetter…

Cha cha cha de l’angoisse (et vache maigre)

Pourquoi suis-je la proie de ces déboitements du quotidien, comme je les appelle? Probablement parce que j’ai trop de temps pour penser, sans aucun doute. De multiples ouvrages de réflexion expliquent que l’angoisse et l’anxiété sont dûs à trop d’attention porté à son propre ego. Mais mes angoisses viennent de constats extérieurs: je suis triste de voir la socitété se diriger tout droit vers sa perte, triste de voir le monde se polluer, triste de voir autant de cruauté et de méchanceté, tant d’inconscience de l’absurdité des gestes destructeurs et égoistes que posent trop d’humains. Je suis en colère quand je lis les journaux, je grogne quand un livreur laisse tourner son moteur, et je tourne ma langue sept fois quand j’entends trop de remarques où des gens sont si terriblement insconcients de la destruction qu’engendre le système en place. Nous vivons dans la valorisation de la surconsommation, quoiqu’en disent les têtes bien pensantes de ce monde. Nous vivons dans une hypersexualisation malsaine où des « vaches maigres sexy » (!!!) annoncent de la crème glacée. Je suis la seule à ressentir de la colère face à ces conneries?

Au tournant du chemin

La vie est une marche perpétuelle. Ma petite vie a commencé dans un sentier dans la forêt (cui-cui). Après l’enfance et l’adolescence, j’ai trouvé ma voie qui s’ouvrait dans une clairière. Tout était très clair, sans être précis. Je voulais tout (comme dans la chanson d’Ariane Moffat): l’amour et l’épanouissement de l’artiste que je sentais en moi. Pendant de nombreuses années, j’ai marché sur un chemin de terre. Le petit sentier de gravelle de mes 20 ans s’est élargit de plus en plus, en une belle route, pleine de perspective. Le monde autours de moi changeait, et j’évoluais avec lui. J’observais, de loin, le bout du chemin. Au bout, je pouvais voir, il y avait la mer. Cette grande étendue d’eau, vaste et belle, hypnotisante et magique, c’était la vie devant moi. Je sentais l’excitation monter en moi, de rejoindre bientôt la mer, en savourant bien chaque moment de plaisir en route, en prenant conscience de tout un peu plus à chaque pas posé à même le sol brûlant, chaque pose sur le sol glacé.

Je sentais qu’en retrouvant le mer, ce serait une étape imortante, une toute nouvelle perspective. J’ai toujours avancé avec une belle liberté, sans perdre la mer de vue, mais en me trompant un peu de chemin parfois. Errances émotives, découvertes professionnelles, explorations à tous les niveaux. Ma route prenait son sens dans mon avancée, parfois ralentie par les fleurs du tapis, en d’autres moments accélérée par mon enthousiasme et ma passion pour la vie.

Toujours est-il que je suis arrivée au tournant du chemin, face à la mer. Comme quand le sentier de gravelle devient en asphalte, et que ça roule soudainement sans bruit: krrrrrrr, tchlak, ffffffffffffffff. Et dans ma tête, les tambours, la joie. Je suis en bordure de la mer, je la hume, j’y touche bientôt. C’est beau et grand. J’ai trouvé mon Grand Amour il y a quelques années (oui ça existe), nous avons fait notre nid en ville (je suis comblée), nous voulons un enfant (bien lire: non, je ne suis toujours pas enceinte) et j’ai de nouveaux défis professionnels qui correspondent en tout à ce que je cherche à accomplir depuis de nombreuses années (pincez-moi, je ne rêve pas).

Et maintenant, je fais quoi? Je fonce, encore. Et je n’ai pas l’intention d’y aller à la nage.