La poésie est encore avec moi (pour Haiti aussi)

Le silence. Ici. Depuis longtemps. Et pourtant. Et pourtant vous êtes là. Encore. Et moi aussi.

La poésie ne m’a pas quittée. Elle est avec moi plus que jamais, en ces heures difficiles pour le peuple Haïtien. Dans la douleur. Là où les mots sont superflus. Là où le mot espoir semble dérisoire. Il reste encore la poséie, dans la vie qui se bat pour exister. Dans les rayons qui illuminent la poussière et les décombres, indistinctement. Dans la morphologie de l’horreur. Dans les cris et la catastrophe. Dans la clameur et dans le silence. Dans ces heures interminables d’attentes pour qui sans nouvelles, pour qui prisonier des décombres.

Attendre un dénouement. Un dénouement heureux. Un dénouement tragique. Mais un terme à cette attente interminable. Placer des mots là où la patience semble un mot grossier. Placer des mots là où il faut garder le silence. Garder le silence. Beaucoup plus qu’une minute.

Réponse à un lecteur

Voici un mot trouvé dans ma boîte de messages. Il m’a fait sourire.
« Il est 4h30 du matin. Je ne dors plus. Il fait encore nuit, le soleil ne se lèvera que dans trois heures. Alors pour tuer le temps, je me dis, tien, je vais aller voir ce que raconte Yannou, voir si elle a retrouvé ça poésie, si elle a le cœur en fête ou quels sont ses états d’âme. Est-elle joyeuse? Est-elle mélancolique? Ou bien a-t-elle le goût de philosopher?
Non, rien de tout cela. Elle c’est égarée dans cette aventure pseudo écologique et environnementale dont un tas de gens s’occupe déjà dans une cacophonie monumentale et dans laquelle, d’autres gens se frottent les mains en spéculant sur les milliards que cela va leur procurer.
Peut-être un jour, retrouvera-t-elle la sagesse et reviendra-t-elle avec plein de belles choses dans la tête et dans le cœur.
À bientôt chère Yannou. »

Bonjour Anonyme,
Quel gentil mot, plein de sagesse et de perspective. Il me fait sourire, en ce matin de janvier 2010. Alors que je me prépare à faire enfin ce projet écologique si important à mes yeux. Oui, il est vrai, beaucoup de gens se préoccupent des problèmes écologiques, mais peut-être est-ce parce que c’est très important. Et je me promet d’y mettre de la poésie et de la beauté. Alors, tout le monde gagne au change. Je ne suis jamais loin de moi-même lorsque je fais de la création, que ce soit pour un sujet documentaire ou pour un essai. Il faut dire que je trouve le documentaire très poétique. Enfin, il peut l’être. La poésie est partout, la perspective aussi. Suffit de la voir. Et pour la voir, il faut simplement regarder vraiment, et respirer aussi. Profondément.