ici

Rire sur la ville pour dissiper les fausses colères tordues
de mon balcon j’avale la lumière par les yeux, j’inspire
je rêve de repos sur une plage pour laisser libres mes cheveux et ma folie

tant de temps perdu
à distiller des angoisses vaines
dans des rumeurs faméliques où la fin du monde plane et rode

retrouver la légerté entre les touches est un leurre
elle se trouve dans l’air libre
les vagues les filantes ou le roc salvateur

ponctuer les rires de bordées franches de bonheur
oser
ne rien regretter
ne pas tartiner l’amertume des doutes et des angoisses

savoir vivre par la racine
savourer le dernier ciel
comme le premier

Plaisirs: chapitre 4 (Farniente) from Yannick B. Gelinas on Vimeo.

Moment de magie

Oui, au moment où l’est des États-Unis est ensseveli sous la neige, Vancouver et Montréal sont sans neige, ou presque. Mais nous avons eu le bonheur d’avoir une belle bordée le 2 janvier, si ma mémoire est bonne. Le billet qui suit a été rédigé (et vécu) suite à cette belle petite tempête hivernale.

La neige tombe encore, recouvrant la ville d’un manteau blanc douillet et feutré. Une blancheur légère, avec de gros flocons qui s’agrippent aux choses, aux gens. Nous sortons avec nos skis de fond, alors que les conducteurs de voitures garées sur la rue peinent avec leur pelle pour extirper leur véhicules des bancs de neige gourmands. Bien emmitouflés dans nos manteaux, sourire aux lèvres, nous chaussons nos skis au pied de notre escalier urbain. Notre piste sera ce chemin qui normalement est un trottoir pour des piétons pressés et autres promeneurs de chiens. La neige est molle et sèche, les conditions parfaites. Elle a lavé la ville de ses griseries, recouvrant arbres, rues et trottoirs d’une épaisse robe des beaux jours. Nos skis glissent comme un canot sur le lac, sur cette blancheur glacée, cette autre forme d’eau qui est un cadeau aux amoureux de la nature que nous sommes. On se dit que les pistes cyclables urbaines devraient bien être transformées en pistes de ski de fond tous les hivers. À chaque arrêt au coin des rues, les chauffeurs surpris semblent heureux de laisser passer les skieurs du dimanche que nous sommes (c’est dimanche). Les piétons gloussent de plaisir, les pelleteurs sourient, les promeneurs saluent, les voisins commentent. « C’est beau? » – Oui, c’est vraiment magique.

Silence beauté

Il existe plusieurs sortes de silences. Des lourds et des légers, des coupables et des complices. Des silences résignés, des silences partagés avec bonheur. J’aime le silence. Le silence de beautés paisibles. Le silence désiré, plein de promesses. Le silence appaisé, retrouvé, libérateur. Quand les mots cessent de faire du bruit, quand la ville se repose, quand notre esprit se calme et laisse place à la quiétude.