Silence, la rivière coule

Certains moments dans la vie sont portés par des états de grâce. Il faut se laisser le temps de s’habituer à vivre ses rêves. Mais l’habitude est un danger, elle amortit, retire le mordant, amène la passivité. Après un effort, j’ai tendance à vouloir me reposer. Mais si on obtient ce que l’on cherchait, on a pas réellement droit au repos. Il faut foncer encore, car la vie doit être saisie au vol. Le paradoxe de l’éloge de la lenteur et de l’intensité de la vie m’habite toujours. En fait, il faut savourer son bonheur, et non pas s’y habituer. Pour moi, le gage d’un bonheur vivant passe par la créativité et l’action. Ne rien faire fait rôder une angoisse sourde. Même si ronronner sous la couverture, avec un café un un bon livre, apporte de doux moments.

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