L’inutile est nécessaire

En écho, le silence des portes closes. Je cherche la meilleure métaphore pour décrire ce dont je suis témoin. Un peuple vissé. Englué d’inaction – je suis la première coupable-. À coup de signatures veut changer de sort.

Mais l’imminence de l’inutile nous rive au pied du lit
Jamais nous ne pourrons atteindre un nouveau rivage
Tous ces coups de gueules ne sont que des mots d’esprit
Qui mettent en lumière notre véritable esclavage

(Avez-vous remarqué tous ces journalistes qui répètent que la pétition pour la démission de Charest est inutile? La démocratie est une illusion. Une utopie, à tout le moins. Plus de 100 000 signatures en 2 jours, c’est un cri qui me semble crédible.)

Arrachés à nos terres, encubés dans nos boîtes, déracinés de nos rivières: nous ne sommes plus rien.

Vissés à nos écrans, esclaves de nos dépendances, on rêve egoistement de romance. Sans avoir de vrai plan.

Mais ne vous en faites pas, le pouvoir veille et vous en tricote un, solide parce qu’ils sont nombreux, solide parce qu’ils sont riches, solide parce qu’ils sont le pouvoir, justement – avec cette manie de se croire intouchable-. Un plan improvisé sur un coin de table lors d’un diner bien arrosé, fait de mailles sérrées et propres en apparence. En apparence, seulement. Un plan d’illusion pour vous endormir au gaz. Un plan de dollars bien verts (quelle ironie), pour garnir leurs placements en bourse.

À quand la fin de la mascarade? Ne vous taisez pas, l’inutile est nécessaire.
À vous de me le dire.

Je ne suis plus un 7up

J’ai perdu ma poésie en chemin. Trop de vaisselle lavée en grognant, trop de frustrations inutiles perdues dans le vent, trop de nostalgie qui flotte dans mon air, trop de problèmes de la terre entière sur mes épaules: ça use. J’ai déjà été une jeune femme pétillante, pleine d’entrain, une réserve sans fin de bonne humeur et d’énergie. C’est fini. Je me dirige vers mes 37 ans avec le constat cruel que je ne suis plus un 7up, avec ses bulles intensément pétillantes qui semblent pétiller sans fin. Niet, fini la naïveté de la vintaine. Je ne peux même pas la feindre. La vie m’a amené des déceptions, et pour le moment, je ne vois que le verre à moitié vide. Pourtant j’ai bel et bien trouvé le Grand Amour. Je ne savais pas que c’était une option dans la vie: vous avez le Grand Amour, et bien le reste sera moche mademoiselle. On ne peut pas tout avoir. Bon, en attendant, je vais tenter de retrouver mon chemin. Et sur la route, je vais chercher les bonnes blagues, histoire de me dilater la rate un peu. Parce que c’est lourd ne pas être un 7up. Faut savoir pister le pétillant extérieur et le pasticher, peut-être. Peut-être que mes bulles peuvent revenir, même si je me dirige vers le 40?