Chronique de Paris (2)

J’entre dans la boucherie colorée, joyeuse avec ses airs de Noël et ses petits plats appétissants.

Je commande des délices pour non-végétariens. Du boudin blanc, un chèvre chauvignol, une lasagne maison, une tartelette chèvre et tomates, des oeufs frais. Je me promet un régal, avec les haricots verts que j’ai cueilli plus tôt chez la marchande de fruits et légumes.

On reconnait mon accent chantant. ‘Vous êtes d’où avec un accent charmant comme ça?’ De Montréal. Je lance à la blague, le sourire dans le yeux: ‘ Je suis venue visiter Paris dans la grisaille et le froid!’. La dame rigole. Mais il fait beaucoup plus froid chez vous, non? ‘Non, car ici c’est plus cru. Chez nous c’est sec, donc le froid se supporte bien (je me raconte des histoires, quand il fait frette, il fait frette). En fait nos appartements sont très bien isolés.’ Mais surtout, nos commercants gardent leur porte fermée, alors qu’ici c’est tout le contraire. Elle m’explique que les portes ouvertes, c’est plus accueillant…

Je suis dans un film. Elle passe la tête par la porte voisine et s’époumonne joyeusement à Marcel:
« Maaaaarceeeel, la petite dame vient de Montréal, et elle dit qu’il fait plus froid ici qu’au Canada. »

Je retourne dans la rue où tombe une charmante neige…