La poésie est de retour

Depuis le début du mois d’avril 2021 j’ai fait l’exercice d’écrire un poème par jour. Par jeu, au départ, afin de participer au #NaPoMo qui a court en ce moment sur les médias sociaux. Puis, au fil des jours, pour me rendre compte à quel point l’écriture me manque. À une époque de ma vie, j’écrivais tous les jours, sauf exception. Et, au delà de l’exercice, c’était par nécessité, pour l’effet exutoire de la poésie en prose, pour me donner une chance de trouver un équilibre dans mes combats intérieurs et mes émotions en montagne russe. Je retrouve ce même effet bénéfique, et je me demande pourquoi je m’en suis privée si longtemps.

Voici un texte publié le 7 avril

Le bonheur de lire tous ceux qui vibrent par les motsTant de beauté – de souffrances – partagéesDes images / des histoires / naissent sous mes yeux à vous lire, tous

Comme un baume par les mots à tant de mauxUn point de réflexion sous l’inflexion de vos connexions (À lire cette phrase, entends-tu le beat dans ta tête?

Relis-là à haute voix pour voir, je sais, c’est naïf)

Je décide de plonger aussi

Parce que les mots me rongent tous les jours

À trop me taire je m’use pourtant

Parce que les mots me rongent tous les jours

Et se frisent sur le bord de mon esprit

Parce que les mots me rongent tous les jours

Mais que je les laisse trop souvent s’envoler en silence

Ou même pire pourrir pendus sous mon nez

Pourtant je m’outrage sans cesse comme vous

de trop – de tant – de mal – trop souvent

et puis non

choisir le silence

tous les jours

Jouer safe au partage des mots des autres

Contrepoids à tous ces bavards inutiles

parce que le my myself and I y en a mare

Pourtant tant de souffrance dans l’intime à taire

Je n’ose souvent pas

Mais je peux vous partager mes minis-séries en yo-yo dans mon histogramme personnel

Mélodrames en si mineur

vous seriez fascinés essoufflés attachés par les yeux

Peut-être rivés à mes sagas si riches en rebondissements

Mes montagnes russes sont rock and roll, vous avez pas idée

Vous me connaissez peut-être

Vous croyez me connaître

au fond ma personne est sans importance

ma / ta / sa / souffrance est universelle

Dans tout ce cirque ordinaire

Une pause devant l’absurde inévitable déroulement du temps qui saccage et rebâtis

Vandale la vie vous charcute les rêves

Vous en propose de nouveaux

À qui sait rêver

Qui sait? Rêver est un luxe

À demain pour la suite du monde