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Casseroles!

Vu ce soir dans la manif des casseroles d’Outremont: des juifs hassidims tout sourire qui tapaient de la casserole sur leur balcon (!), une dame indienne en sari qui tapait allègrement de la cuillère depuis sa fenêtre, des bébés émerveillés, des enfants en pyjamas qui déambulaient joyeusement en musique de cuisine, une dame enceinte jusqu’au yeux et qui manifestait paisiblement, un monsieur très âgé dans son fauteuil roulant électrique qui tapait sur sa casserole, et plus de 300 personnes joyeuses qui faisaient une musique à l’unisson! Très peu d’étudiants dans ce lot… mais un peuple qui se réveille!

De colère et d’espoir

Voilà que notre société traverse une vraie crise. Une crise d’identité. Deux visages: d’un côté la jeunesse qui a soif de véritables changements, une jeunesse qui se donne le droit de rêver à un monde véritablement équitable, à une société qui prendrait les moyens d’incarner ses valeurs jusque dans ses institutions et dans ces choix politiques. De l’autre côté l’establishment politique, Libéral mais au-delà, qui ralie une partie de la masse ‘bien pensante’ de la population qui trouve maintenant que les étudiants exagèrent. Certains événements et éléments sensasionalistes évacuent trop souvent l’essence même du débat: le choix de société qui se pose, à savoir la gratuité scolaire ou pas. À la lumière du rapport Parent produit il y a plus de 35 ans, la gratuité scolaire n’est pas un caprice, c’est l’incarnation d’une valeur profonde de justice sociale. La gratuité scolaire est un idéal à atteindre, comme la gratuité des soins de santé. À tous ceux qui pensent encore que la scolarité doit être payée à ‘son juste prix’, je rappelle le danger d’ouvrir le débat à la fin de la gratuité de notre système de santé, où les problèmes de gestion et de financement sont les mêmes que dans l’éducation. Voulons-nous vraiment d’une socitété qui où le capitalisme et la recherche de profit dicte nos choix en matière de santé et d’éducation? Il me semble que c’est vraiment loin des valeurs des Québécois, et d’une majorité de Canadiens.

Interpréter les signes

Je reviens d’une semaine de repos avec mon amoureux à Barcelone. Pause mérité après un automne intense où j’ai retrouvé le goût du travail, avec passion. Après une année difficile l’an dernier, nous avons décidé de prendre une pause d’in-vitro. Cette semaine à Barcelone nous a donné l’occasion de penser un peu à notre projet d’avoir un enfant. Nous aimons bien cette période sans soucis, et je n’ai pas encore envie de reprendre les cycles d’in-vitro, si éprouvants. J’ai retrouvé une vie active et heureuse où je me consacre entièrement à mon travail et mes implications, sans brûler de l’énergie à vide sur des espoirs et des déceptions -et la douleur physique- causés par les aléats des tentatives de fécondation in-vitro. Savourer son bonheur quotidien à partager la vie avec l’homme que j’aime, à faire des projets stimulants et rêver à de nouveaux projets, tout cela me ressemble. Je n’ai aucune envie pour l’instant de forcer les choses pour avoir un enfant. Si cela arriverait naturellement, je prendrais le cadeau et j’adapterais ma vie. Mais si cela n’arrive pas, c’est comme ça, et c’est très bien ainsi.

Nous avons été au Monastère de Monserrat, dans les montagnes tout près de Barcelone. Bien que l’endroit fut touristique et trop achalandé, nous avons trouvé un endroit tranquille dans une petite chapelle où nous avons pu nous recueillir. J’avais besoin de me centrer, de faire le point en moi et autours, dans ma vie où la spiritualité prends moins de place qu’elle n’en a déjà eu. Assise dans cette chapelle silencieuse, j’ai demandé à avoir un signe de ce que je devais faire par rapport à mon projet d’enfant. Je suis comme ça, intuitive et ésotérique. J’assume.

Au retour de Monserrat, notre train a été stoppé à une gare d’un village espagnol pendant une heure car un homme dans le train s’est effondré. Il gisait sur le sol, victime d’un malaise. Il aurait eu un malaise cardiaque, et en tombant il s’est heurté la tête. Les secours devaient prendre le temps d’évaluer la situation avant de le déplacer. Tout s’est fait dans le calme, on a sorti l’homme du train sur une civière une heure plus tard, et nettoyé le sang dans le wagon tout près du nôtre. C’est une situation banale -pour nous du moins- qui ne nous retardait pas, car nous n’étions attendu nulle part. J’étais surtout émue car une femme pleurait. Et parce que je ne parle pas Catalan, je ne pouvais la réconforter comme j’aurais voulu le faire. Une jeune fille est venue lui parler pour la calmer. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de cet homme, mais il s’en est tiré sans grand mal.

Je n’aurais pas vraiment porté attention à cet événement si la situation ne s’était pas répétée de lendemain, variante du même scénario joué par un autre acteur. Nous étions en transit depuis Barcelone, dans l’avion à Londres qui nous ramenait à Montréal. Juste avant le décolage, un jeune homme s’est effondré à l’arrière de l’avion, victime d’un malaise cardiaque. L’avion n’a pu décoler avant une heure et demie, car les secours sont venus évaluer la situation. Je voyais ses pieds qui dépassaient sous le rideau à quelques sièges de moi, sans voir son visage. Exactement comme l’homme du train, où j’avais seulement pu voir ses pieds allongés sur le sol. En voyant cet homme pris d’un malaise, qui nous immobilisait encore une fois, m’empêchant d’aller de l’avant, je me suis soudainement souvenu que j’avais demandé un signe. Voilà qu’on m’en servait deux, pour qui veut croire en ces égarements ésotétiques. Le jeune homme s’est senti mieux, et ne voulait pas quitter l’avion, malgrés l’ordre des médecins qui refusaient qu’il reste à bord pour sa propre sécurité. On a dû faire venir la police pour l’expulser vers un hôpital.

Je suis restée dubitative devant ces événements. Comment dois-je les interpréter? Je joue à JoJo Savard: avoir un enfant serait un fardeau pour moi, cela m’apporterait des problèmes de santé et m’immobiliserait dans ma vie? Ou puis-je trouver une piste positive d’interprétation à ces lugubres avertissements?

Retrouver la joie

Une fois les tempêtes passées, la vie pour moi ne veut pas dire le calme. Le bonheur est résolument dans l’action, dans les vagues qu’on surfe avec délectation, dans les mouvements avec lesquels on danse, dans l’ondule de cette vie qui bouge, vibrante. Cette façon de vivre me ressemble davantage, et j’apprécie les moments de tranquilité et de contemplation à leur juste valeur. Je le savais, mais maintenant je l’ai vérifié, l’inertie me tue à petit feu. Mon sourire est franc, mon coeur bat, ma tête s’active. Je me suis retrouvée.

Ébullitions

J’ai suis très émue de voir les manifestants hier qui occupent le parc devant La Tour de la Bourse de Montréal, rebatisé Place du peuple. Un sentiment de voir se concrétiser des années de frustration, de colère, de sentiment d’impuissance. Enfin sentir que toutes mes réflexions et ma philosophie était partagée par un plus grand nombre. Je souhaite voir grandir ce mouvement, prendre en maturité, en profondeur et en sagesse (c’est déjà la voie du mouvement). Je souhaite voir éclore de nouvelles façons de faire. Je souhaite voir naître plusieurs projets issu de ces réflexions. Dans la mouvance, plusieurs documentaires sortent avec un sens du timming presque parfait: République, de Hugo Latulippe, Surviving progress de Mathieu Roy, et Trou story de Desjardins et Monderie.

Si les choses s’étaient passées autrement, j’aurais aussi un projet en ligne à propos de consience écologique. Mais voilà, la vie amène des circonstances qui changent parfois le cours des choses. Mon projet est en dormance (mais pas moi, heureusement!), il sommeille et attends de murir pour voir le jour. Faire des projets créatifs, c’est long. Faut s’armer de patience, de courage et de détermination. Il faut y croire, en dépit de tout, il faut se préserver soi-même, et savoir attendre le bon moment. Je parle de quoi déjà? De mon projet ou de la révolution en marche?

Ceci dit, je me sens en ébullition en ce moment. Je vibre de joie de voir ces mouvements sociaux s’aligner. Je suis fascinée par la scéne politique nationale et internationale qui craque de partout. Mais
à petite échelle aussi, je prépare plusieurs projets, je suis sur plusieurs comités, engagée et impliquée. Vivante.

Révolution à vos portes

Rassembler ses mots et ses idées, première arme de la révolution pacifique. Les donner aux autres, faire résonner la parole au-delà de nos murs. Prendre action, ne pas passer son tour. Tendre la main, faire autrement. Voter. Faire des projets. S’impliquer. Se reposer quand il faut. Travailler fort, au bon moment, sur les bons projets qui ont un sens pour nous. Freiner la productivité à tout prix pour ramener l’humain au coeur de nos préoccupations. Redonner. S’impliquer dans sa famille, dans son quartier, dans sa communauté, et ailleurs si on le peut. Ne pas se taire devant l’injustice. Dire. Prendre acte, puis agir. Se tenir. Croire. Partager. Ne pas fermer les yeux. Embrasser la solidarité. Être pour la coopération, la collaboration, la création et surtout la co-création. Tout faire pour être automomes et solidaires. Concrètement: ne pas gaspiller, moins consommer, éviter de jetter, choisir le vieil objet plutôt que le nouveau, garder ses choses longtemps, faire attention aux gens et aux choses, cesser l’inutile, freiner l’absurde course au côté sombre de la modernité. Respecter les vieux. Aimer les enfants. Assumer. Durer, perdurer, persister, encourager. Être généreux, envers les autres, envers soi-même. Faire face. Croire. Croire à tout prix que tout cela est possible, nécessaire, inévitable. Réinventer le monde. Respirer, encore plus profondément. Pardonner. Cesser de juger. Agir. Sentir le mouvement. Être lucide et critique. Assumer que l’argent n’achète pas tout. Redistribuer la richesse. Ne pas fermer les yeux devant l’injustice. Cesser d’abdiquer. Cesser le cynisme. Cesser la parole vaine. Embrasser la perspecive. Faire des phrases courtes, efficaces, rigoureuses, les planter là où elles trouvent écho. Se rassembler. Croire à la force du nombre. Se mobiliser pour se tenir. Garder espoir, l’ancrer dans son quotidien. Ne pas oublier l’histoire. Changer de chemin. Faire autrement. Prendre la musique au corps. Habiter son corps. Faire corps avec l’autre. Avancer. Ensemble.

(Re)trouver sa voie

Sur le fil d’une année revivre le film. Pas à pas, les mots me manquent. Je cherche, je trouve, et pas tout le temps. J’ai longtemps cherché au mauvais endroit. Tout était là, et pas moi. En laissant de vaines quêtes m’alourdir, je me suis coulée moi-même. Enlisée dans la peur, le plus grand ennemi à nous-même. De mes cendres, je peux revenir au soleil. Un peu plus usée, mais plus sûre aussi. Des certitudes, la seule possible est qu’il n’y a pas de certitudes. Les silences achettés à prix d’or. Les leçons de l’échec. La haine en vrac. De la petite haine rouillée. Comme on dit: tiens il fait frais dans mon coeur, je vais mettre une petite haine.

Des insultes murmurées, si nocives car elles consument notre intérieur. Des insultes tournées vers soi, la pire des armes sournoise et douce. L’envie de ne plus rien. Le gris qui s’abat trop longtemps sur les paupières, puis le sommeil. Les circonstances de la vie où tout le sombre vous arrive par bourrées. Les petites attentes déçues, les grandes déceptions qui se répètent encore, le moral au plus bas, l’espoir en canne, les drames quotidiens qui virent au mauve, la colère de l’insolvable. Puis la vie nous rattrappe, et les phares s’éteignent. Le phare des aïeux maternels, en souffrance et en agonie depuis trop longtemps par manque d’amour, avec un désir de mort lascinant qui l’encombrait. Sa douce lumière qui ne clignote plus, qui a cessé à l’été. La mort comme une libération pour elle. Le deuil. L’attente. L’attente du temps qui passe et qui guérit. Le réveil enfin, avec la lourdeur de savoir qu’il faut vivre ses deuils, tout ses deuils. Puis chercher la source vitale, la seule issue possible: trouver sa joie. Elle est toujours au bout du chemin, à vous attendre. Elle se trouve là où on (re)trouve sa voie. Et sa voix. Voilà où j’en suis.

Laisser partir Ernestine

Ernestine était une femme courageuse, d’une grande douceur et d’une infinie gentillesse, mais avec dotée d’une détermination qui fut une arme pour passer à travers les épreuves de la vie. Née à Philippeville en Belgique en 1921, d’un père militaire, elle a eu la chance d’avoir une bonne éducation comme pensionnaire ‘fille de miliaire’. Elle y a vécu sept belles années, où elle appris à écrire en français d’une belle écriture soignée et artistique, elle y a appris la cuisine, l’art ménager et comment bien tenir un budget, la couture (plus tard, elle apportera de l’argent au ménage en faisant des travaux de couture, de vêtements pour enfants), elle aura aussi appris le dessin au pastel au pensionnat, – art qu’elle pratiquera toute sa vie, elle nous laisse une impressionnante collection de dessins de nature morte aux douces couleurs -. Elle nous racontait parfois des épisodes de cette vie de pensionnaire, où elle écoutait en cachette des disques de Tino Rossi en faisant de la couture. Je pense que ces dernières années en résidence lui ont probablement rappellées la période du pensionnat du début de sa vie.

Toute jeune femme, elle a vécu la 2e guerre mondiale depuis sa Belgique natale. Elle avait un peu enfoui la terreur de la guerre en elle, résignée. Elle me racontait souvent que son père Ernest avait entendu à la radio, la nuit, l’entrée en guerre de la Belgique. Il avait alors annoncé d’une voix blanche: ‘C’est la guerre les enfants, rendormez-vous’. Elle se souvenait aussi clairement du clocher de la Collégiale, l’église de Nivelle, abattu par les Allemands. Elle me disait souvent avec fierté: ‘on a jamais eu faim pendant la guerre, Maman (Adèle) marchait tous les jours des kilomètres à pieds pour aller nous chercher à manger, et nous avons mangé tout l’argent du café de mes parents pendant la guerre. (ses parents avaient un café à Nivelle)’ Des années de peur et d’angoisse, surement, qu’elle su masquer par une grande joie de vivre et un rire cristallin. Chacun sa défense, et Ernestine s’est réfugiée dans l’amour et la beauté des fleurs.

Elle a rencontré son grand amour, Ferdinand, pendant la guerre. Un pari sur la rue ou dans le tram, mon grand-père est venu l’aborder. Ce fut le coup de foudre, l’amour fou. Quand on regarde des photos de l’époque, on comprends, ils étaient si beaux tous les deux… Ils se sont mariés en 44, avec des alliances de fer blanc vu les conditions difficiles de l’époque. Ernestine a donné naissance à deux enfants les premières années de mariage: Jean-Claude et Myriam. C’est en 1952 que la petite famille prend la route du Canada, pour y trouver des meilleures conditions de vie. Mon Grand-Père espère alors avoir une ferme, peut-être en Alberta. Ils arrêteront leur route au Québec à Saint-Joseph de la Rive, déjà bien loin de la Belgique natale et de la famille d’Ernestine.

Elle ne l’aura jamais dit car elle ne se plaignait jamais, mais l’immigration fut sans doute très difficile pour Ernestine. Loin de sa famille et des amis, c’est la rigueur de l’hiver, la glace et la neige, qui furent la plus grande épreuve. Mais Ernestine savait que la qualité de vie et les conditions de travail au Canada n’auraient pas d’égal en Belgique. Mon grand-père a trouvé une bonne situation à l’usine CIL de McMasterville, et ils ont pu s’achetter une jolie maison avec des arbres, un potager et de grands pareterres de fleurs, rue Sirois. Elle était très fière de cela. Mais c’est surtout l’arrivé de la petite Nicole en 1954 qui allait amener une grande vague de joie à Ernestine. Elle adorait les bébés, les enfants. Elle m’a d’ailleurs ensuite littéralement couverte d’amour, moi son unique petite-fille.

Ernestine a eu une belle vie, et elle savait la savourer. Elle aimait rire, et son Pilou ne cessait de la taquiner. Elle adorait ses petits tours, ses jeux de mots, ses chatouilles, ses calins en rigolant. Mon grand-père ne pouvait pas quitter une pièce sans qu’elle réclame d’un ton faussement autoritaire, haut et fort (de fille de Militaire): ‘mon bec!’. Bonne cuisinière, elle a partagé cette passion et cette belle gourmandise. Sans faire d’excès, elle aimait les bons petits plats, les bons vins et les bonnes bières, les repas en famille. Ma mère me racontait que lorsqu’elle était petite, sa Maman amenait la friteuse en camping à la mer, où ils partaient en vélo! Ernestine a eu tellement de beaux moments, de rigolades, de traditions avec la famille et amis au fil des ans.

Mes grand-parents ont eu la chance de beaucoup voyager, ils retournaient souvent en Europe, pour visiter la famille, son frère Jean, ses soeurs Juliette et Gilberte et leur familles. Ils ont pu faire de beaux grands voyages dont Ernestine parlait parfois quand elle était encore en forme. Elle avait adoré son voyage au Portugal, où ils avaient dormi chez l’habitant. Elle parlait encore de la Grèce et de la Crête. Elle me disait parfois avec passion: il faut que tu voies le Monastère des Météores, c’est tellement beau! Elle avait la qualité de s’émerveiller devant les beautés du monde, d’être reconnaissante du bon et du beau. Encore la semaine dernière, nous nous sommes assises ensemble dehors, et en voyant les feuilles si vertes du grand érable, elle disait avec la même fraîcheur enfantine: ‘C’est beau!’.

Elle a traversé la vie avec son rire qui cascadait derrière elle, même si elle ne riait plus lors des dernières années sans son grand amour. On se souviendra d’eux ensemble, encore amoureux à un âge très avancé, marchant main dans la main, avec des regards tendres et des yeux doux l’un pour l’autre. D’elle on retiendra ce rire légendaire, cette bonne humeur et cette sociabilité incroyable malgrés ses problèmes d’audition amenés par la viellesse. Sa grande tendresse, elle paraissait dans ses gestes, dans son ouverture et sa générosité pour les autres. Ernestine était toujours auprès de son cher Ferdinand pour l’épauler sans relâche dans sa vie, elle l’a toujours encouragé dans son travail de Maire de McMasterville, et dans toute son implication communautaire dans la région de la Vallée du Richeulieu des années 70 à 90.  Ernestine partageait son homme pour qui l’engagement communautaire était un credo, même si je pense qu’elle aurait préféré l’avoir pour elle seule plus souvent! Mais je sais qu’ils ont eu tellement de bon temps, entre les soupers communautaires et dansants, les parties de golf où elle conduisait le caddy, les soupers de l’âge d’or, les activités du groupe de Bénévolat de la Vallée du Richelieu. Et leur rendez-vous hebdomadaire du samedi soir qui était sacré, le souper au restaurant. Parfois chez Dan Vito ou Au Il Martini, où ils faisaient partie de la famille. Il semble que partout où mes grands-parents passaient, ils étaient aimés.

Cette femme si douce et généreuse, cette fontaine d’amour maternel, et est train de partir. Elle aurait eu 90 ans cet automne. Mais détrompez-vous, elle n’est pas morte de vieillesse, elle est morte de chagrin d’amour. Elle aura vécu, ou survécu, 4 ans au départ de son tendre époux, Ferdinand Borremans. Son coeur pur était solide, même au chagrin, elle aura résisté 4 longues années où elle nous répétait sans cesse qu’elle s’ennuyait tant de son Pilou.

On meurt comme on a vécu. Ma belle Marraine est si douce, gentille et pure, est en train de s’éteindre tout doucement, sans bruit. Ses yeux d’amour qui s’ouvrent encore sur son bleu aquatique presque turquoise. Ce regard si pur, si chargé d’amour, elle m’a couvé avec ce regard tant de fois depuis ma naissance, avec toute la lumière de son coeur qui brillait dans ses yeux, jusqu’à son lit de mort. Elle est fatiguée, elle peut se reposer en paix. Je l’emporte avec moi, dans mon coeur et mon âme, pour toujours, jusqu’à ma propre mort.

Désobéissance

« La désobéissance est un acte tellement difficile à réaliser que l’histoire n’a jamais cessé de mettre en avant les individus, célèbres ou inconnus, qui ont osés l’assumer. Ceux qui ont su se dresser contre les régimes totalitaires et les politiques ségrégationnistes sont autant de héros du monde moderne. La désobéissance est un acte individuel qui tire sa force de la capacité des hommes à oeuvrer en commun. La désobéissance ouvre la voie à la résistance collective. En ce sens, elle est un danger pour tout pouvoir qui abuse de son autorité. Voilà pourquoi la désobéissance, en ce qu’elle conteste des règles établies est considéré comme une infraction consciente et volontaire. À ce titre, tout contrevenant se confronte à une répression qui peut être violente et implacable. » Le jeu de la mort, documentaire de Christophe Nick

Ce documentaire a été diffusé l’an dernier à la télévision française. Il questionne le rôle de la télévision dans nos vies. J’hésitais à le regarder, l’associant à une émission sensationnaliste. Mais j’ai été fascinée et effrayée par ce que j’ai découvert. Mais pas surprise.