Tous les articles par yannickgelinas

Yannick B. Gélinas est réalisatrice de documentaires, reportages et projets multimédias depuis près de 25 ans. Elle a réalisé une douzaine d'œuvres de vidéo interactive, dont 2 publiées chez Planète rebelle avec livre de poésie dans les années 2000. Elle a fait des vidéos pour l'ONF, Fortier Danse Création, le Conseil des arts de Montréal et et la Ville de Montréal. Elle a remporté un Gémeaux pour le documentaire From Montréal en 2013. Elle a réalisé plus d'une quinzaine de projets vidéos pour le milieu des Fab labs et des Fab City avec Communautique depuis 2019. Impliquée dans le milieu culturel montréalais depuis plus de 20 ans, elle siège sur Commission numérique de Culture Montréal où elle est présidente du comité création. Son vif intérêt pour la question des enjeux écologiques l’amène à collaborer à Objectif 13, un accélérateur pour les startups en technologies propres. Yannick B. Gélinas est diplômée au Bac en communication et à la Maîtrise en multimédia de l'UQAM (Université du Québec à Montréal).

Min Tanaka – danseur bûto

Je reviens de la performance de Min Tanaka, danseur et chorégraphe japonais, artiste du bûto de la première heure.

J’étais d’abord sceptique face à la performance, la jugeant un peu hermétique. Je crois qu’elle l’est, ce n’est pas du divertissement ni un spectacle où la poésie ou la beauté nous touche. Tanaka joue sur un autre régistre, beaucoup plus profond, beaucoup plus subtil.

Les éclairage faibles et le kimono noir sur fond noir n’aidant pas, le spectacle peut avoir un côté soporifique. Mais je me souviens du commentaire d’une amie que j’avais invitée à voir Bras de plombs, de Paul-André Fortier, et qui s’était assoupie durant la performance: « si je me suis endormie, c’est que le spectacle m’a amené à un état de calme, de détente et de relaxation comlet. Ce n’est pas négatif, au contraire ».

Et bien ce soir j’ai dû lutter contre mes paupières lourdes, car la lenteur des mouvements appellent à un ralentissement, un grand calme. Mais tout le corps et le visage de Min Tanaka est sollicité, cripé, tordu, en souffrance lascinante. C’est la douleur pure exprimée par le corps. Et entre les lenteurs des mouvements, c’est un appel à l’introspection, un douce transe qui s’installe entre le corps du performeur et le public. Car oui, c’est finalement en transe que le chorégraphe nous amène aussi, tout comme lui.

Armé de son poignard il avance péniblement, se traîne, et porte son agonie sous les projecteurs, et sur un petit promontoire situé au centre de la scène. Il s’expose à nous sans pudeur, dans une grande vulnérabilité. C’est cette franchise humaine qui m’a portée, emportée. Je me suis sentie appellée, interpellée, directement comme créatrice. Min Tanaka m’a parlé, à travers sa performance et m’a dit clairement deux choses; il faut avoir confiance, et ma place ici est de créer beauté et conscience.

Parfois le doute nous assaille, sur notre place dans le monde, notre rôle, face à la folie humaine et à la destruction qu’elle entraîne. Pour moi, le chemin se situe clairement dans l’art, dans l’art résolument contemporain, dans l’art qui questionne, touche et bouscule mes semblables. Si je pouvais, par mes créations, toucher et secouer les gens comme Min Tanaka l’a fait pour moi, alors mon but serait atteint.


Min Tanaka

Le temps de travail

Le temps me file encore entre les doigts, brûlé, consummé, déchiquetté par le travail.

Ces jours-çi l’écran m’avale complètement, et je disparais sournoisement entre les secondes pixélisées. Mon oeil rougit, et moi je persiste, acharnée, obsédée par le détail.

Étrange comme notre regard se fatigue différemment quand l’on crée pour soi et quand l’on crée pour les autres.

Carnet d’odeur: le café (extrait)

Extrait d’une série de textes sur les odeurs, à paraître en 2005 chez Planète rebelle

Les petits dimanche
où le matin m’appelle dans un rythme sans souffle
pour ponctuer ma semaine froide

Je plonge ma tête ultimement dans l’oreiller
diable que re-dormir est foutrement bon
Je fuis le petit matin et sa grisaille
pour ronfler à l’ombre des abat-jour

Merde les rabat-joie qui me crieront paresse!
Vous ne connaissez pas le plaisir délectable
d’une bonne farniente bien en règle
dans la pleine conscience du sommeil
après un petit déjeuné trop copieux
la vaisselle sale abandonnée
le journal-tempête répandu sur les draps
le café délicieux abandonné en chemin
pas trop loin du lit
ses effluves refroidies qui cernent notre territoire-sommeil
la musique qui résonne comme un piano feutré dans un ravin tropical
la pluie sur la vitre qui rythme le souffle
doucement
très très doucement

Amitiés féminines

L’OBC? Vous ne connaissez pas cet acronyme? Ou vous en faites partie? Hé bien, l’OBC, c’est un groupe d’amies. Nous nous sommes connues il y a un peu plus de 10 ans, lors de notre bacc en communication à l’UQAM. Et depuis on ne s’est jamais perdues de vue! Des femmes merveilleuses, des amies, des soeurs!

Travaillant toutes dans le monde des communications (Internet, cinéma, télévision, radio, presse écrite, magasine féminin), nous sommes des fonceuses qui s’épaulent. Le meilleur des réseaux pour les travailleurs autonomes, c’est les amis!

Il y a aussi tous ces moments de fête et de détente partagés, tous ces soupers de filles, ces confidences, ces voyages à travers le monde, ces projets fous.

Un groupe d’amies est aussi un support moral incroyable et une inspiration très forte à poursuivre toujours le combat de la vie, la tête haute et le sourire aux lèvres!

Longue vie à l’OBC, et sachez qu’ici c’est chez vous!

Réflexion sur les plaisirs

Oui je travaille toujours à ce projet interminable. Depuis trop longtemps j’y ai pensé, ce qui m’a fait considérablement tourner en rond. Après avoir obtenu le go pour me lancer, je me suis retrouvée pétrifiée (par le travail aussi, mais bon) sans pouvoir amorcer ce nouveau projet multimédia.

Pourtant au moment où je terminais Parenthèse en 1999 je portais déjà Plaisirs en moi. C’est un projet plein de lumière et de vie.

Les plaisirs? Au départ c’était pour s’arrêter et prendre le temps de regarder la vie et toute sa force. Puis je me suis personnellement un peu embourbée dans la vie elle-même. Maintenant le temps a passé sur tout cela, et le recul me donne une force nouvelle.

Après le tournage qui eu lieu l’été dernier, et une première version de montage en décembre, me voici bientôt repartie pour un tour! Dès la semaine prochaine, je me remets à temps plein sur le projet.

Enfin en ligne

Finalement j’ai mon espace. Drôle que je sois comme un cordonnier mal chaussé. Moi une dame du multimédia, j’entre seulement dans l’ère bloguienne. Mais bon, j’aime bien relavitiviser les impératifs sociaux par ce léger décalage. Cela prouve à merveille qu’on peut bien se mettre hors de son temps pour un temps…

J’entends bien utiliser mon espace virtuel pour remettre mes pendules à l’heure. Tant de temps me file entre les doigts, et tant de choses que je veux faire. Le temps est mon thème récurrant!

Je me suis dit que je pourrais ici partager toutes ces riches discussions qui demeuraient jusque là en circuit fermé avec mes amis, mes copines, mes cousines, ma famille, mes psychologues, mes consultants matrimoniaux, mes avocats, mes massothérapeuthes, mon professeur de chant et tous mes amis imaginaires. Ah oui, et ces multiples monologues intérieurs qui deviendront peut-être des dialogues grâce à vous tous. Bon, au boulot.