L’inévitable retour des choses (et des gens)

J’adore la Californie. C’est elle qui nous a donné la chance d’enfin avoir un enfant ensemble tout naturellement, mon homme et moi. Ce cadeau de vie est arrivé il y a 8 mois, notre petite fée, née entre les montagnes de la baie de San Francisco, un matin de lumière rose éclatante qui brûlait la brume de la mer. Pour sombrer dans le plus sucrés des clichés, ma vie n’a plus jamais été la même depuis. C’est un euphémisme: mon coeur veut exploser d’amour à chaque jour, chaque heure, chaque seconde. C’est une bénédiction que d’avoir cette enfant, une joie pure, un plaisir fou à la voir grandir, apprendre, explorer, se développer. Tout ça décuplé, car vécu avec mon Grand Amour.

C’est à cause de lui si nous avons choisi San Francisco pour notre vie Californienne. Comme vous savez, mon homme est venu y travailler, je l’ai suivi, trop contente de pouvoir vivre ‘ailleurs’. J’ai toujours aimé les voyages, et vivre hors Québec a toujours été pour moi un enrichissement et une chance à ne pas manquer. J’ai eu la chance de vivre en Europe il y a 15 ans, et je savais qu’un jour je quitterai à nouveau le Québec. J’étais partie pour deux ans en 1999, et nous sommes ici depuis deux ans. Il semble que ce cycle est la limite de ce qui me ramène à Montréal.

Je vis en ce moment des sentiments mélangés, mixed feelings, comme disent les anglais… Car nous rentrons au bercail à l’automne, juste avant le premier anniversaire de notre petite. Une occasion trop belle pour la laisser filer, Sylvain arrive là où voulait être professionnellement. Une proposition qui ne se refuse pas. Après le nécessaire saut en Californie pour ces deux merveilleuses années, c’est l’inévitable retour vers Montréal, pour les mêmes bonnes raisons. Nous savions que la Californie était une parenthèse de vie, car nos grands étaient restés là-bas, dans nos terres de neige et de froid, dans nos terres de canicules et d’orage. La petite arrivée, il était important pour nous de réunir la famille, notre petite et notre grande famille. Nous rentrons donc à Montréal pour l’automne, c’est bien vrai. Je suis un mélange de joie et de tristesse, tellement heureuse de voir notre famille réunie à nouveau, de me rapprocher des amis, de permettre à notre fille de grandir sur la terre de ses racines. Mais je suis aussi tellement triste de quitter la Californie, son soleil, ses gens easy goign, les rues et les maisons de San Francisco, les quartiers de Inner Sunset et de Cole Valley, la bouffe bio en abondance, les arbres et la verdure partout, le Golden Gate Park avec ses fleurs et ses grands arbres, la mer glacée, la côte sauvage, mon jardin-qui-donne-des-légumes-toute-l’année, l’excentricité de la ville et des gens, leur ouverture, le yoga de San Francisco, ma vie et mes amis d’ici, et même la brume. Oui, même la brume.  – Pour toujours, je vais laisser une racine d’amour qui a poussé à San Francisco, et inévitablement y revenir le plus souvent possible. –

Le mouvement de retour est tellement différent pour mon homme et pour moi, mais c’est un même mouvement, comme la voix et la musique d’une même chanson. On est toujours synchro, même si nos partitions sont différentes… Moi (comblée, dois-je dire) dans le rôle de Maman à la maison, lui à plein dans son élan de carrière, en feu. Même sans me sentir second violon, je me demande quelle sera ma route, professionnelle, on s’entends. Ici j’ai pu prendre du recul, dont j’avais pleinement besoin, je dois dire. J’ai beaucoup réfléchi à mon chemin, me demandant si je devais changer de route. Ici, j’ai presque tout mis sur la glace, ma caméra, mon ordi, mes cahiers d’écriture, je me suis donnée le droit de vivre un vrai temps d’arrêt, sans culpabilité aucune. Seulement ma tête qui voguait, remplie de bonheur, de rêves, de projets potentiels, de livres à écrire. J’ai pris une pause de tout, mais une pause pleine de vie, à créer la vie. Ma pause Californienne. Mais maintenant je rentre à Montréal, nous rentrons à la maison. Je ne vais pas reprendre la même route, mais un chemin différent, avec ma fée à mes côtés. Une chose est sûre, je veux prendre le temps là-bas à Montréal, comme je l’ai fait ici à San Francisco.

Mon premier objectif va être de reconstruire un nouveau nid propice à tous les possibles. On cherche sur l’Île. Si vous avec des pistes…

Notre petite fille

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Nous attendons une fille. Ma joie est sans limites. J’ai l’impression de vivre un rêve. Après toutes ces années d’attente, nous allons enfin avoir un enfant. Nous vivons dans un monde tourmenté et difficile mais je vis le moment présent et l’arrivée de notre enfant empli mon coeur d’une joie difficile à décrire. Je viens d’une famille très aimante et affectueuse, et d’une lignée de femmes qui débordent d’amour. Ma mère et ma grand-mère maternelle ont été pour moi des fontaines d’amour maternel. C’est très fort pour moi au moment où je m’aprête à donner la vie à une petite fille à mon tour. J’ai l’impression d’une continuité, et je vais redonner tout cet amour à mon petit trésor qui va naître en octobre.