Archives pour la catégorie Famille

Petits et grands bonheurs

L’écriture se rattrappe: du manuscrit à l’écran

Ce matin j’ai sorti un cahier de cuir rose vif. Il m’a été offert à mon mariage par une amie qui aime écrire autant que moi. J’ai toujours eu de nombreux cahiers; remplis d’idées de projets, de listes de rêves de vie (oui oui, des listes), de rêves rêvés la nuits qui furent parfois prémonitoires (oui oui, chers sceptiques), de récits quotidiens en forme de journal intime, de récits de voyage en forme de confessions, de confidences à moi-même, de réflexions sur ma vie et certaines perspectives que je tentais d’y apporter. Mes cahiers ressentent un grand silence de ma plume depuis plusieurs années. C’est que je blogue, voyez-vous. Depuis que je tiens carnet ici-même, mon écriture manuscrite est réduite au silence, ou presque. Mon appétit des mots à écrire est satisfait de ce carnet virtuel, semble-t-il. Donc ce matin, j’ai sorti le cahier rose vif. Il est à ma droite, sagement en attente que ma main daigne prendre le feutre noir fin déposé à côté, et tracer quelques lettres, quelques mots, quelques phrases sur ces pages odorantes de papier recyclé. J’aime le papier, son odeur, le bruit qu’il fait quand une plume y trace son chemin. Mais depuis cinq ans mon écriture manuscrite s’est disloquée. Elle est maladroite, illisible. J’ai aussi réalisé lors de mon dernier voyage que je ressentais une certaine frustration en écrivant à la main. Je peux dire beaucoup moins dans le même laps de temps. C’est que j’écris beaucoup plus lentement à la main qu’avec ce cher clavier. Soupir. Pourtant j’aime écrire à la main. En fait ce que j’adore c’est la non-tyranie du réseau. Ce réseau qui dissipe la concentration de l’écriture: courriel, facebook, articles à lire, blogues à découvrir, site à explorer, flikr, last.fm, textes à écrire pour d’autres blogues. En fait le secret réside dans la discipline. Ne pas aller ailleurs. Concentrer et structurer mes activités.

Marraine: ma grand-mère déménage

Je voulais raconter la transition que vit ma chère Marraine (ma grand-mère maternelle), en deuil depuis bientôt un an. Elle vient tout juste de s’installer dans une résidence confortable et jolie, pour son bien, mais avec beaucoup de difficulté à quitter le passé. Elle s’accrochait à sa maison, ses souvenirs, comme autant de bouées qui la menaient tout droit à sa perte, s’emmurant dans un isolement néfaste. Elle faisait peine à voir, ainsi seule, exposée et vulnérable, dépendante et triste. Elle ne voulait pas partir, après tant d’années dans sa maison-musée (tant de souvenirs, de voyages, d’années de vie dans un même lieu). Elle se liait au vide, inventant avec toutes les raisons du monde la présence de son grand amour envollé. L’abscence physique de Parrain la fait si crellement souffrir. Nous avons dû l’emmener ailleurs, où des gens pourraient bien prendre soin d’elle au quotidien. Il le fallait. Pour la famille, le moment fut clef, bien sûr. Encore maintenant, j’ose à peine en parler du bout des doigts, car je ne voudrais en rien faire osciller les liens fragiles entre les aimés. Il est clair qu’un changement comme celui-ci occasionne son lot de tensions et expose les fragilités de tous, y compris de ceux qui se veulent les plus forts. Héritage familial de force et de courage, ces qualités se portent parfois comme un bouclier qui masque des douleurs enfouies. Unique petite-fille de mes chers grands-parents, j’ai une sensibilité particulière et un amour inconditionnel pour cette femme qui fut ma deuxième maman. Je respire enfin, car elle semble accepter un peu le changement. Elle mange avec appétit, semble se lier d’amitié avec les autres résidents, joue de son humour et de ses rires avec le personnel. J’espère qu’elle trouvera la paix et un peu de joie dans ces lieux, avec ces gens.

Je voulais raconter aussi mon voyage au Costa Rica, que j’ai choisi de livrer en photos. Les textes sont dans un cahier manuscrit, encore. J’espère que j’arriverai à déchiffrer mon écriture illisible.

Conseils de voyage familiaux

Ceci est un texte qui fut écrit en réponse à Grande Dame, qui planifie un grand voyage familial avec ses enfants.

Chère Grande Dame,
J’y vais à mon tour de mes conseils, moi qui ai voyagé quand même pas mal, et à tous les âges (mes parents étaient de grands voyageurs). Et moi qui ait 3 enfants avec qui j’ai fait quelques escapades, parfois assez… intenses (camping sauvage avec les 3 enfants pendant quelques jours, alors qu’ils avaient 8, 10 et 12, camping au bord de la mer, différentes excursions).

Premièrement: je suis allée en Grèce en juillet, et je ne recommande cela à PERSONNE, et encore moins à une femme enceinte. Très mauvaise idée, selon mon avis. C’est étouffant et lourd, et il y a peu d’arbres. J’ai beaucoup souffert de la chaleur là-bas, malgrés la mer et le vent du large. Le soleil tappe! J’ai trouvé cela pire que l’Asie en juillet!

Deuxièmement: faire vivre un grand voyage à tes enfants est une très belle idée, mais si vous le faites, je te recommande fortement la SIMPLICITÉ. C’est à dire une formule où vous avez une base fixe, et vous faites de petites escapades autours. Quand j’étais petite (vers 8, 9, 10 ans) nous partions en Europe tous les étés -ma mère est belge-. Et les voyages en voiture étaient très difficiles physiquement pour moi, car mes parents faisaient des kilomètres pour voir un max de pays en un temps record. J’ai garde un souvenir impérisable, et je suis convaincue que ces voyages ont vraiment forgé l’artiste que je suis devenue (je me souviens comme si c’était hier du musée Dali à Figueres en Espagne, visité à 9 ans). Nous avons aussi fait l’europe de l’est avant la chute du mur (yogoslavie, techécoslovakie), et je suis infiniement reconnaissante envers mes parents qui m’ont fait voir non seulement des pays qui ont complètement changé aujourd’hui, mais ils m’ont fait vivre une situation politique qui est maintenant passée à l’histoire. Et je me souviens de beaucoup de choses, peut-être même davantage qu’eux (lorsque nous racontons nos souvenirs, je me souviens de détails qu’ils ont oubliés). Mais lors de tous ces voyages, nous avions notre « base » en Belgique ou en Espagne. Cela permettait un temps d’arrêt, un repos, pour se sentir « comme à la maison » et visiter autours. C’est vraiment l’idéal, surtout avec des enfants, et surtout avec une large marmaille.

Mes meilleurs souvenirs (ben, heu, ils sont tous extras, mais bon), sont dans cette maison en Espagne que nous avions loué, la villa Kimoredi (Qui m’aurait dit), avec plusieurs cousins et oncles et tantes. Nous étions une dizaine à rester dans une villa au bord de la mer. Nous avions une cuisine, ce qui rends le coup du voyage vraiment avantageux. La location d’une maison s’avère aussi beaucoup moins couteuse que des hotels, surtout en grand groupe. Et c’est vraiment agréable et beaucoup plus reposant d’être basé à 1 seul endroit, d’où on découvre graduellement les environs, et d’où on fait facilement des esacapades d’un jour.

De toute façon, selon mon expérience de voyageuse (Europe, Asie, Amérique latine), c’est minimum 1 semaine au même endroit pour profiter d’une ville ou d’un lieu. C’est le temps nécéssaire à l’acclimatation au quartier et ses habitants, ce qui permet une expérience moins superficielle qu’un transit continuel. On fait alors de vraie rencontres, on s’intègre un peu dans le tissu social du pays. Et voyager en constant déplacement est très épuisant, sans être enceinte!

Bref, c’est mon avis. Je pense que si tu veux profiter d’un vrai repos, tu devrais effectivement partir en couple. Mais pour l’expérience de voyage avec les enfants, je te recommande très fortement la location d’une maison dans un endoit de ton choix: Espagne, Grèce, Sud de la France (la Provence fait tripper les enfants), Italie. Mais aussi Mexique, Costa Rica et même Thailande. Toutes ces destinations sont faciles avec des enfants, à condition d’avoir une maison louée qui devient la base. Et cela se fait très bien, même avec un jeune bébé… (une amie à moi a 3 enfants en bas âge, et elle voyage avec eux sur le mode « maison de base », les enfants ont 2, 4, 5.)

Voilà pour mes conseils! Bon voyage!

Les mots de Ben

Chaque soir quand je suis avec lui, je dois mettre de la crème dans le dos de Benjamin, car le pauvre enfant a la peau teeeerriblement sèche. Particulièrement en cet hiver qui ne finit plus. Hier soir, alors que je procède avec mon attention maternelle de belle-mère (!), attendant sa délectation habituelle de se faire cajoler, il crie un peu:
– Ouch ouch, ça pique.
– Qu’est-ce qui se passe, Jam?
– C’est comme une guerre intense dans mon dos entre la sécheresse et l’hydratation. Et c’est plein de petits soldats qui se battent sur ma peau.

J’adore l’imagination de cet enfant.

Deuil

Mon cher Parrain est décédé il y a quatre mois. Il était malade, atteint du cancer depuis plus d’un an. Il avait 83 ans. Il est parti dignement, comme un chef. Il est décédé un vendredi. Le mardi précédent, un après midi d’une journée très chaude de mai, nous avons pris une bonne bière belge ensemble. Une Leffe, que nous avons désaltérée et savourée dans un « aahhhh » commun. Ce moment est gravé à jamais dans ma mémoire. J’avais une grande complicité avec cet homme calme, au sens de l’humour légendaire. J’adorais discuter avec lui; parler de politique, d’actualité, d’environnement, de la sitation internationale, de l’histoire. J’adorais l’entendre me raconter ses histoires de vie, ses voyages, son enfance. J’adorais partager avec lui mes récits de vie, mes succès professionnels, dont il était fier (je le sais sans qu’il me l’ai jamais dit directement, je le sentais).

J’ai vécu le deuil de son départ assez sereinement, avec beaucoup de peine, mais une grande paix aussi. Il est parti sastisfait de sa vie, il a vécu heureux, il a accompli de belles et grandes choses. J’étais très fière de lui, de tout ce qu’il avait fait pour sa communauté. Il est parti me sachant heureuse, avec une vie devant moi pleine de potentiel. Il a eu un bel adieu, en grande, avec les pompiers comme porteurs et le drapeau de McMasterville en berne, municipalité de la Rive-Sud de Montréal pour laquelle il a été maire pendant plus de vingts ans.

J’ai pleuré son départ. La vie a repris son cours. Je pense très souvent à lui. Et le temps passe. On intégre doucement l’idée de la mort, du départ définitif d’un être aimé. Mais c’est très étrange d’apprivoiser l’abscence. Le temps passe, et c’est avec un grand sourire que je me souviens parfois de lui, de ses blagues, de ses grimaces, de ses chansons, de son rire. Parfois des vagues de tristesse m’envahissent, comme ce soir, alors que je m’ennuie tellement de lui. J’aimerai seulement aller le voir pour lui raconter mon nouveau travail et la semaine satisfaisante que je viens de terminer. On aurait pris une Leffe ensemble, sur sa galerie arrière, avec ma Marraine chérie à nos côtés. On aurait cogné nos verres pour souligner son anniversaire.

Lundi mon Parrain aurait eu 84 ans. Ce soir j’ai bu une bonne Leffe en écrivant ce texte, et c’est avec vous que je partage ce moment. Alors tous ensemble nous pouvons lui souhaiter: Bonne fête, mon Pilou!

Pause

Petite fin de semaine chouette. Moments imprévus et surprenants. Série douce de moments qui forment une petite collection de bulles de bonheur. Sortie vendredi soir pour danser avec des amis et mon grand amour. On s’amuse mon homme et moi, on se déguise un peu – khol sous les yeux, noirs 80′ – pour sortie New Wave. Samedi déjeuné avec des amis, puis pic-nic impromptu en campagne avec d’autres amis, avec tout pleins de petits délices de chez le Fromentier; pâtés, bon pain, chèvre au lait cru, olives pimentées, saumon fumé. Route divertissante avec un chapelet de sagas familiales qu’on se raconte comme des romans; vies passionnantes, chassés-croisés amoureux, surprises de vie, hasards qui n’en sont plus, rencontres qui bouleversent et qui font sourire, verser quelques larmes. La vie est parfois délicieuse, à travers les épreuves de la vie.

Dimanche ballade familiale, déjeuné au soleil avec ma chère Marraine et mon père. Visite à la pépinière pour dénicher un cactus sympatique qui se déguise en plante grasse. Cadeau de Marraine pour mon anniversaire qu’elle n’avait pas vu passer. Coup de foudre végétal. La plante jolie est maintenant suspendue dans notre salon. Elle me fait sourire, elle est de la même couleur que mon mur. Mon après-midi s’est poursuivi par un autre cadeau, mes parents m’ont offert une chaise longue pour me prélasser au soleil, puisqu’il est maintenant au rendez-vous. Le coussin est fleuri et joli; re-sourire. C’est agréable de se faire gâter, faut avouer. Baignade au soleil avec Papa, grandes discussions, beaucoup de questions, réflexions.

Retour avec arrêt chez Marraine pour la libérer d’objets et de livres, et me charger de souvenirs de mes grands-parents; des boites de métal aux couleurs du passé, des coquillages, des livres, des outils de jardinage. Puis une dernière pause pour visiter la tombe de Parrain. Il fait beau, les nuages passent, le ciel bleu est magnifique. Je m’agenouille, je lui chante une chanson en Wallon, je lui parle un peu, verse quelques larmes douces, lui promet de revenir prendre une bonne bière avec lui. Puis je lui pose une question sur mes choix professionnels. Je me sens calme, très calme. Toute posée, reposée. Demain, lundi.

Maman oiseau


J’ai toujours adoré faire mon nid. Mes plus lointains souvenirs me ramènent à mon enfance où je fabriquais toujours des « cabanes »; en coussins, en couvertures, en serviettes de plage, en bois ou imaginaires. J’ai aussi fabriqué les plans de passages secrets entre les murs de la maison parentale. J’ai élaboré des plans pour adapter le cabanon du jardin de mon père en somptueuse demeure pour mes poupées, mes camions préférés et moi. Puis j’ai grandit. J’ai ensuite pris un plaisir sans nom à imaginer des plans de maisons. Des maisons rondes. (D’ailleurs, mon homme et moi avons été sidéré de voir que nous avions dans notre enfance des plans de maisons rondes en commun!) Mes premiers appartements furent un délice pour moi. Faire mon propre monde, avec mes « patentes », ma déco, ma personnalité tartinée sur les murs. Faire mon nid, toujours. Ensuite j’ai habité en europe dans un superbe appartement du début du siècle, avec vue sur la mer du Nord. J’y ai mis ma touche; réaménagé la cuisine, la salle de bain, fait mon bureau, peint une murale. Je peint toujours (ou souvent) des murales, cerclées de poésie, là où j’habite. Depuis plusieurs années, je rêve de construire ma maison écologique, faite de matériaux récupérés, recyclés. Je partage ce rêve avec mon grand amour. Mais nous saurons attendre le bon timming. En attendant, depuis quelques mois, j’ai la chance de partager une maison avec mon homme. Elle n’est pas écologique, mais c’est une vraie maison avec une grande cour, et non pas un appartement. Alors je fais ma trace, avec lui. On résonne au diapason de nos goûts communs. La maison nous ressemble maintenant. Je suis très contente du résultat. C’est vivant, doux et calme. Beaucoup de vert, des images de mes voyages, nos photos, des livres, des plantes, des fleurs, un mur rouge, des jouets et des bandes-dessinées. Ici, ça vibre maintenant de notre énergie à nous, et aux enfants. J’ai hâte de faire des fêtes et de recevoir ici. Les anniversaires arrivent bientôt, et le beau temps avec eux.