Archives pour la catégorie Poésie

Littérature électronique

28 septembre 2018 – Table ronde qui a pour thème ’20 ans d’écritures numériques », organisé par l’Agence Topo. Il y a 20 ans, on disait littérature électronique.

D’abord, voici un petit récapitulatif de quelques oeuvres de ce type que j’ai réalisées entre 2000 et 2008: blogue d’écriture poétique, oeuvres web interactives, cédéroms, DVD avec fiction poétique.

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2005 à 2011 – Blogue «Vivre la vie », carnet poétique, publication quotidiennes, jusqu’à 1400 lecteurs par semaine pendant ‘les belles années’ de l’effervescence blogues.

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2008 – Performance JOIE « Spoken Screen / sortir de l’écran » invité par Agence TOPO et Labo NT2: poésie, musique (Janet Lumb), VJ (Karine Charbonneau mixe mes images), Blogue en direct: Galerie La Centrale.

2006 – Plaisirs – Réalisation vidéo, fiction poétique, DV, 26 min. L’emportement (livre de poésie papier), Planète rebelle, Subventionné par le Conseil des arts et des lettres du Québec, Distribué en librairie par Planète rebelle, le livre de poésie L’emportement et DVD de Plaisirs, fiction poétique.

 

2005 – Studio B (7min30s) – Réalisation documentaire court métrage avec Paul-André Fortier, James Hyndman et Rober Racine, Vidéo, DV. Projet spécial pour le FIL 2005 (Festival International de littérature). Présenté à la Place des Arts de Montréal (septembre 2005) et au Festival des Trois Amériques (printemps 2008)

2005 – Duo de têtes (2min) Réalisation vidéo-danse Paul-André Fortier et James Hyndman, texte de Henri Michaud lu par James Hyndam, 2005.

 

2004 – Autoportraits en tableaux – Réalisation vidéos et poèmes interactifs sur cédérom à partir des poèmes de Marie Uguay. Navigation technologiques: livre-cdrom (collectif réunit par Ollivier Dyens). Publié par VLB éditeur.

2002 – Flammarion carte blancheRéalisation tableau interactif: art web, Flammarion Québec. Série d’écrans interactifs (photos animées et audio).

2000 – Mordre suivi de Parenthèse Réalisation livre et cédérom de poésie interactive, publié par Planète rebelle. Poésie papier et sur écran interactif. Présenté à ISEA Paris 2000 (International Symposium of Electronic Arts). Cédérom Distribué par L’Agence Topo. Présenté dans le cadre du FIL jusqu’à dimanche le 30 septembre 2018 à la Grande Bibliothèque (1er étage) par l’Agence Topo.

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Ma vie à San Francisco

Faire le saut. Décider de partir. Même quand on aime sa ville. Même quand on aime sa vie. Se lancer dans le vide. Partir. Quitter Montréal pour San Francisco. Au moment d’un changement social. Avec en mémoire un cliché magique de sa ville qui bouge. Les carrés rouges en mémoire. Laisser des amis précieux derrière à Montréal. Atterir ici. Californie. Avec mon Grand Amour. Apprivoiser le nouveau. Refaire un nid. Savourer la lune de miel #383. Sentir un quartier. Aimer l’énergie. Aimer les gens. Se sentir accueillie. Voir ce qui est possible. Voir venir. Prendre du recul. Rêver. Terminer des projets. Pour pouvoir en commencer de nouveaux. Vivre une pause. Regarder les gens aller. Être témoin de la cicatrice de l’Amérique. Voir le fossé entre riches et pauvres. Témoigner. Se laisser imprégner de l’air salin. La tête dans la brume des matins de Frisco. Chercher l’inspiration dans l’air frais. Vivre. Attendre le rythme. Refaire son nid. Aimer. Faire le rythme. Aller de l’avant. Attendre. Devenir patience. Se grounder. Savourer.

Souffle

Je t’offrirai l’offrande des mots insensés qui reviennent et martèlent
Je t’offrirai ce qui ne se dit plus
Assaillir l’état de siège
Renverser le convenu
Gravir ce qui n’est pas permis
Monter encore le fil du temps et encore
Retrouver le mot juste
La joie en bouche
Se glisser entre des soupirs amers jusqu’à l’insoumise
Joindre la blancheur de la lumière vive et crue
Retrouver le mot juste l’arme tranchante des idées lumineuses
Le vent dans les voiles jusqu’à fléchir l’attente
Écrire de nouvelles pages d’une histoire fière de se tenir debout
Fermer la porte à jamais à l’ignorance la paresse et la crasse des violences
Reboiser ton coeur et le mien et le vôtre
Rendre la moiteur vibrante sous des pas agiles sauvages
S’ancrer fébriles poignard à tout les faiseurs d’outrage
Éteindre les réponses bien dressées
Mordre vivant le sang des phrases-chocs à la portée profonde
Étrangler les réponses corporatistes les écraseurs de petits
Lécher nos blessures et nos larmes
Le vent dans les voiles reprendre le dessus sur ce que je ne suis plus
M’embraser d’air libre et vif
Me lever debout pour reprendre ma place
Fermer la télé le journal le web
Pour agir courrir libérer rêver au diapason avec ce que je suis au plus profond de moi
Retrouver l’utopie qui drive juqu’aux tripes
S’armer de force et d’énergie brute nécessaire aux combats
Car la vie consciente est un combat sans relâche contre le sommeil
les rêves brisés
les attentes déçues
les amitiés poncées et pâlies par la vie le changement
savoir reconnaître ce qui naît
des amitiés nouvelles renouvellées de force vive qui vibre au présent à ce que nous sommes
Chanter des comptines de force et de rage libérée
Se nourrir d’amour de beautés de douceur

Aimer jusqu’à plus soif

L’inutile est nécessaire

En écho, le silence des portes closes. Je cherche la meilleure métaphore pour décrire ce dont je suis témoin. Un peuple vissé. Englué d’inaction – je suis la première coupable-. À coup de signatures veut changer de sort.

Mais l’imminence de l’inutile nous rive au pied du lit
Jamais nous ne pourrons atteindre un nouveau rivage
Tous ces coups de gueules ne sont que des mots d’esprit
Qui mettent en lumière notre véritable esclavage

(Avez-vous remarqué tous ces journalistes qui répètent que la pétition pour la démission de Charest est inutile? La démocratie est une illusion. Une utopie, à tout le moins. Plus de 100 000 signatures en 2 jours, c’est un cri qui me semble crédible.)

Arrachés à nos terres, encubés dans nos boîtes, déracinés de nos rivières: nous ne sommes plus rien.

Vissés à nos écrans, esclaves de nos dépendances, on rêve egoistement de romance. Sans avoir de vrai plan.

Mais ne vous en faites pas, le pouvoir veille et vous en tricote un, solide parce qu’ils sont nombreux, solide parce qu’ils sont riches, solide parce qu’ils sont le pouvoir, justement – avec cette manie de se croire intouchable-. Un plan improvisé sur un coin de table lors d’un diner bien arrosé, fait de mailles sérrées et propres en apparence. En apparence, seulement. Un plan d’illusion pour vous endormir au gaz. Un plan de dollars bien verts (quelle ironie), pour garnir leurs placements en bourse.

À quand la fin de la mascarade? Ne vous taisez pas, l’inutile est nécessaire.
À vous de me le dire.

En direct de La Chambre Blanche

Je suis à Québec pour présenter quelques oeuvres de littérature hypermédiatique, et partager quelques textes de poésie. Je suis très heureuse d’être ici, ça fait trop longtemps que je n’ai pas eu le plaisir de présenter mon travail de littérature électronique. Je pense que Christiane est prête à me présenter. Les gens sont arrivés dans la salle, malgrés la pluie.

Silence, la rivière coule

Certains moments dans la vie sont portés par des états de grâce. Il faut se laisser le temps de s’habituer à vivre ses rêves. Mais l’habitude est un danger, elle amortit, retire le mordant, amène la passivité. Après un effort, j’ai tendance à vouloir me reposer. Mais si on obtient ce que l’on cherchait, on a pas réellement droit au repos. Il faut foncer encore, car la vie doit être saisie au vol. Le paradoxe de l’éloge de la lenteur et de l’intensité de la vie m’habite toujours. En fait, il faut savourer son bonheur, et non pas s’y habituer. Pour moi, le gage d’un bonheur vivant passe par la créativité et l’action. Ne rien faire fait rôder une angoisse sourde. Même si ronronner sous la couverture, avec un café un un bon livre, apporte de doux moments.

ici

Rire sur la ville pour dissiper les fausses colères tordues
de mon balcon j’avale la lumière par les yeux, j’inspire
je rêve de repos sur une plage pour laisser libres mes cheveux et ma folie

tant de temps perdu
à distiller des angoisses vaines
dans des rumeurs faméliques où la fin du monde plane et rode

retrouver la légerté entre les touches est un leurre
elle se trouve dans l’air libre
les vagues les filantes ou le roc salvateur

ponctuer les rires de bordées franches de bonheur
oser
ne rien regretter
ne pas tartiner l’amertume des doutes et des angoisses

savoir vivre par la racine
savourer le dernier ciel
comme le premier

Plaisirs: chapitre 4 (Farniente) from Yannick B. Gelinas on Vimeo.

Moment de magie

Oui, au moment où l’est des États-Unis est ensseveli sous la neige, Vancouver et Montréal sont sans neige, ou presque. Mais nous avons eu le bonheur d’avoir une belle bordée le 2 janvier, si ma mémoire est bonne. Le billet qui suit a été rédigé (et vécu) suite à cette belle petite tempête hivernale.

La neige tombe encore, recouvrant la ville d’un manteau blanc douillet et feutré. Une blancheur légère, avec de gros flocons qui s’agrippent aux choses, aux gens. Nous sortons avec nos skis de fond, alors que les conducteurs de voitures garées sur la rue peinent avec leur pelle pour extirper leur véhicules des bancs de neige gourmands. Bien emmitouflés dans nos manteaux, sourire aux lèvres, nous chaussons nos skis au pied de notre escalier urbain. Notre piste sera ce chemin qui normalement est un trottoir pour des piétons pressés et autres promeneurs de chiens. La neige est molle et sèche, les conditions parfaites. Elle a lavé la ville de ses griseries, recouvrant arbres, rues et trottoirs d’une épaisse robe des beaux jours. Nos skis glissent comme un canot sur le lac, sur cette blancheur glacée, cette autre forme d’eau qui est un cadeau aux amoureux de la nature que nous sommes. On se dit que les pistes cyclables urbaines devraient bien être transformées en pistes de ski de fond tous les hivers. À chaque arrêt au coin des rues, les chauffeurs surpris semblent heureux de laisser passer les skieurs du dimanche que nous sommes (c’est dimanche). Les piétons gloussent de plaisir, les pelleteurs sourient, les promeneurs saluent, les voisins commentent. « C’est beau? » – Oui, c’est vraiment magique.

Silence beauté

Il existe plusieurs sortes de silences. Des lourds et des légers, des coupables et des complices. Des silences résignés, des silences partagés avec bonheur. J’aime le silence. Le silence de beautés paisibles. Le silence désiré, plein de promesses. Le silence appaisé, retrouvé, libérateur. Quand les mots cessent de faire du bruit, quand la ville se repose, quand notre esprit se calme et laisse place à la quiétude.