Un Gémeau pour ‘From Montréal’

Hier le documentaire ‘From Montréal’ que j’ai réalisé l’an dernier a remporté un Gémeau, prix de la télévision Québécoise. Gémeau du meilleur documentaire culturel de l’année. Je suis tellement fière! Tout cela me semble malgrès tout irréel, car je suis loin et je n’ai pas pu assister à la soirée ni prendre le fameux prix dans mes mains (encore). À un mois de mon accouchement, enceinte jusqu’aux yeux, comme on dit, je ne pouvais même pas prendre l’avion pour quitter San Francisco et aller vers Montréal cueillir le prix avec l’équipe du film. Mais je flotte quand même, pour ces deux raisons. Tant d’années de travail derrière la cravate, et tant d’années à me battre pour réussir à avoir un enfant. Le parallèle est facile à faire, et c’est sans me battre que les deux choses m’arrivent en même temps: la reconnaissance de mon travail de réalisatrice, et la réalité de la maternité. Tout cela avant le son de cloche de mes 40 chandelles l’an prochain. Je suis heureuse, comblée.

Étrange, comme tout cela me semble lointain. Je vois bien que mon ventre bouge, tout est prêt pour l’arrivée de la petite, mais je n’arrive pas vraiment à y croire. C’est comme pour le prix Gémeau, j’imagine qu’il faudra que je l’ai dans les mains pour me rendre compte que c’est bien vrai. Ah la vie, dites donc, elle en a des détours. Si 2010 fut une année difficile, avec son lot de deuils, d’échecs et de difficultés, disons que 2013 rachète tout. Donc, pour ceux qui trouvent que je tartine mon bonheur un peu trop épais, soyez patients, la roue de la chance tourne toujours, et ce qui aujourd’hui vous semble un jour sombre deviendra autre chose avec une bonne dose de patience et de persévérance. Faut seulement passer à travers, et autre chose vous attends au détour… promis!

Publicités

Un coup de frais!

Voilà j’ai un ‘nouveau’ blogue revampé, avec tout mon ancien contenu depuis 2005. Je suis contente, et j’espère que cette nouvelle interface m’amènera à écrire plus souvent. Mon record a été 45 billets en un seul mois, en octobre 2005! Disons que mon assiduité a fondu comme peau de chagrin au fil des ans, mais je compte toujours reprendre l’écriture. Alors voilà: vent de renouveau avec l’été qui arrive!

Les fauves (crise de la 40e?)

La nuit dernière j’ai rêvé à trois fauves blessés enfermés dans une cage. La symbolique voudrait dire que j’ai besoin de recul pour observer ma vie… « Fauves: Signifie que vous devez prendre un point de vue plus large sur votre vie ».

Je suis bien installée ici, dans notre nid Californien, à deux pas du Golden Gate Park de San Francisco. Nous avons maintenant quitté Montréal depuis quatre mois. Et je me suis donnée comme objectif de reprendre l’écriture plus sérieusement cette année, et de développer de nouveaux projets de vidéo et de création sur le web. Les projets vidéo que j’avais apportés avec moi sont maintenant terminés, livrés. Je pourrais me lancer à la recherche de contrats ici, mais je me force à faire le point (pas à cause du rêve, mais bon). Le temps passe, et les remises en question ne cessent pas, semble-t-il. Quelle est ma voie? Qu’est-ce qui est le plus important pour moi? Qu’est-ce que je veux accomplir? Dans quelle direction dois-je aller? J’entends une voix qui murmure encore faiblement, mais je sais que c’est elle que je dois écouter. Je dois foncer, être audacieuse et surtout disciplinée!

On gaspille tellement d’énergie à penser à ce qui aurait pu être. J’observe le parcour des autres, et je les trouve inspirants. Mais c’est leur voie, et je dois trouver la mienne. J’ai souvent fait des projets vidéo à petite échelle, et cela me laisse l’impression que je n’ai rien accompli. Je me dis alors que je devrais changer de cap. Un chapelet de professions me traversent l’esprit, et je me questionne si je dois aller dans cette direction: massothérapie? enseigner le yoga? m’ouvrir un restaurant? une boutique? faire de la création d’objets à partir de matériaux recyclés? faire de la radio? travailler dans le milieu écologique? … je cherche ma place dans le monde, en mode profil bas. Je veux éviter le stress, la pression folle induite dans notre société de performance. Je me sens bien, mais j’ai l’impression d’avoir manqué ma ‘carrière’, ou de passer à côté de quelquechose. Comme si tout mon potentiel n’avait jamais vraiment été révélé. Je sens que j’ai tant à donner au monde…

Je suis une bête étrange. J’ai toujours été solitaire dans mon travail, alors que je suis sociable à l’extrême dans la vie. J’aurais pu faire carrière dans des boîtes de multimédia ou en télévision, et je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas fait. Ce n’est pas arrivé, je ne l’ai pas cherché, trop occupée à autre chose. Mais aujourd’hui, je cherche encore ma place dans le monde. Depuis le début de mon parcour professionnel, j’ai eu de belles périodes prolifiques, des moments de ‘flow’ où je me sentais tout-à-fait à ma place. Mais ces moments sont en équilibre précaire dans mon chemin de pigiste, toujours funambule sur le fil de nouveaux projets. Des cycles de création qui s’étirent sur quelques mois ou quelques années mais qui se terminent relativement vite (par rapport à un travail dans une compagnie, par exemple). Je ne suis pas certaine d’avoir véritablement progressé…

Paradoxale, vous dites? Je livre ici mes doutes, mais je cueille aujourd’hui le fruit de mon travail des derniers mois. Lundi à 21h sera diffusé à Télé-Québec (au Québec seulement) le documentaire From Montréal sur la scène musicale montréalaise que j’ai réalisé. Je suis vraiment fière de ce projet, un beau travail d’équipe. Je me suis follement amusée à faire ce projet, dans un contexte idéal. Mais réaliser du documentaire, ça vous tombe pas dessus tous les jours…

Ma vie à San Francisco

Faire le saut. Décider de partir. Même quand on aime sa ville. Même quand on aime sa vie. Se lancer dans le vide. Partir. Quitter Montréal pour San Francisco. Au moment d’un changement social. Avec en mémoire un cliché magique de sa ville qui bouge. Les carrés rouges en mémoire. Laisser des amis précieux derrière à Montréal. Atterir ici. Californie. Avec mon Grand Amour. Apprivoiser le nouveau. Refaire un nid. Savourer la lune de miel #383. Sentir un quartier. Aimer l’énergie. Aimer les gens. Se sentir accueillie. Voir ce qui est possible. Voir venir. Prendre du recul. Rêver. Terminer des projets. Pour pouvoir en commencer de nouveaux. Vivre une pause. Regarder les gens aller. Être témoin de la cicatrice de l’Amérique. Voir le fossé entre riches et pauvres. Témoigner. Se laisser imprégner de l’air salin. La tête dans la brume des matins de Frisco. Chercher l’inspiration dans l’air frais. Vivre. Attendre le rythme. Refaire son nid. Aimer. Faire le rythme. Aller de l’avant. Attendre. Devenir patience. Se grounder. Savourer.

Casseroles!

Vu ce soir dans la manif des casseroles d’Outremont: des juifs hassidims tout sourire qui tapaient de la casserole sur leur balcon (!), une dame indienne en sari qui tapait allègrement de la cuillère depuis sa fenêtre, des bébés émerveillés, des enfants en pyjamas qui déambulaient joyeusement en musique de cuisine, une dame enceinte jusqu’au yeux et qui manifestait paisiblement, un monsieur très âgé dans son fauteuil roulant électrique qui tapait sur sa casserole, et plus de 300 personnes joyeuses qui faisaient une musique à l’unisson! Très peu d’étudiants dans ce lot… mais un peuple qui se réveille!

De colère et d’espoir

Voilà que notre société traverse une vraie crise. Une crise d’identité. Deux visages: d’un côté la jeunesse qui a soif de véritables changements, une jeunesse qui se donne le droit de rêver à un monde véritablement équitable, à une société qui prendrait les moyens d’incarner ses valeurs jusque dans ses institutions et dans ces choix politiques. De l’autre côté l’establishment politique, Libéral mais au-delà, qui ralie une partie de la masse ‘bien pensante’ de la population qui trouve maintenant que les étudiants exagèrent. Certains événements et éléments sensasionalistes évacuent trop souvent l’essence même du débat: le choix de société qui se pose, à savoir la gratuité scolaire ou pas. À la lumière du rapport Parent produit il y a plus de 35 ans, la gratuité scolaire n’est pas un caprice, c’est l’incarnation d’une valeur profonde de justice sociale. La gratuité scolaire est un idéal à atteindre, comme la gratuité des soins de santé. À tous ceux qui pensent encore que la scolarité doit être payée à ‘son juste prix’, je rappelle le danger d’ouvrir le débat à la fin de la gratuité de notre système de santé, où les problèmes de gestion et de financement sont les mêmes que dans l’éducation. Voulons-nous vraiment d’une socitété qui où le capitalisme et la recherche de profit dicte nos choix en matière de santé et d’éducation? Il me semble que c’est vraiment loin des valeurs des Québécois, et d’une majorité de Canadiens.

Ébullitions

J’ai suis très émue de voir les manifestants hier qui occupent le parc devant La Tour de la Bourse de Montréal, rebatisé Place du peuple. Un sentiment de voir se concrétiser des années de frustration, de colère, de sentiment d’impuissance. Enfin sentir que toutes mes réflexions et ma philosophie était partagée par un plus grand nombre. Je souhaite voir grandir ce mouvement, prendre en maturité, en profondeur et en sagesse (c’est déjà la voie du mouvement). Je souhaite voir éclore de nouvelles façons de faire. Je souhaite voir naître plusieurs projets issu de ces réflexions. Dans la mouvance, plusieurs documentaires sortent avec un sens du timming presque parfait: République, de Hugo Latulippe, Surviving progress de Mathieu Roy, et Trou story de Desjardins et Monderie.

Si les choses s’étaient passées autrement, j’aurais aussi un projet en ligne à propos de consience écologique. Mais voilà, la vie amène des circonstances qui changent parfois le cours des choses. Mon projet est en dormance (mais pas moi, heureusement!), il sommeille et attends de murir pour voir le jour. Faire des projets créatifs, c’est long. Faut s’armer de patience, de courage et de détermination. Il faut y croire, en dépit de tout, il faut se préserver soi-même, et savoir attendre le bon moment. Je parle de quoi déjà? De mon projet ou de la révolution en marche?

Ceci dit, je me sens en ébullition en ce moment. Je vibre de joie de voir ces mouvements sociaux s’aligner. Je suis fascinée par la scéne politique nationale et internationale qui craque de partout. Mais
à petite échelle aussi, je prépare plusieurs projets, je suis sur plusieurs comités, engagée et impliquée. Vivante.