Cher journal, le temps passe, passe, passe (retour au Québec)

Nous sommes maintenant installés dans notre nouveau nid montréalais. Ouf, quelle année! Après avoir eu un enfant, quitté la Californie, un retour intense à Montréal, l’achat d’une nouvelle maison (un condo), nous voilà enfin attéris. J’ai eu une forte impression de trouver le bon endroit, le bon moment, que tout tombe en place. Tout cela s’est fait un peu de manière précipitée, nous avons décidé en avril de revenir vivre à Montréal à la fin de l’été. J’aurais bien savouré la Californie encore quelques mois, voire une autre année. Nous savions bien notre retour inévitable, pour se rapprocher de la famille.

Notre rêve était d’avoir un enfant ensemble (depuis 10 ans), de revenir au Québec, et d’acheter une maison à Montréal pour réunir la famille (depuis longtemps nous voulions acheter, mais il fallait le bon contexte). C’est très intense obtenir en une année tout ce qu’on désire depuis plus de 10 ans. J’ai été frappée par le bonheur comme un 10 roues qui me passe dessus. Quand on obtient ce qu’on désire depuis si longtemps, le bébé, la maison dont on rêve dans un chouette quartier, la vie familiale. C’est beaucoup de bonheur pour une seule personne. Quand on arrive au bout de se chemin, on cherche la direction. J’étais la biche dans les lumières du char. Disons que j’ai eu ‘un choc’. Une onde de choc. Tout d’abord le retour était accompagné d’une joie certaine de retrouver famille et amis. La famille a été au rendez-vous, très heureux de retrouver notre petite famille avec notre nouvelle enfant. Mais les amis étaient pour beaucoup pris dans leur quotidien, leur vie, leur travail. Moi qui suit en congé de maternité, j’aurais tellement aimé les voir davantage. À l’automne j’ai pu voir régulièrement quelques bonnes amies, mais une fois l’hiver arrivé, tout le monde retourne dans sa tanière… Avec le froid, notre déménagement de novembre, un mari trop occupé, j’ai accusé le choc.

J’ai trouvé la transition difficile, disons. Le moral à zéro, la maternité lourde, l’abscence de mon homme qui travaillait comme un fou pour son nouveau travail, cruelle, la solitude parfois aigüe. J’avais un contexte propice à la déprime; accepter l’hiver après un séjour de deux ans en Californie était déjà un gros morceau. Faire le deuil de ma vie Californienne, laisser une ville que j’aime d’amour (San Francisco se quitte très mal), laisser des bons nouveaux amis derrière soi, une vie, un rythme, un quotidien si différent, un endroit où nous avons été si heureux, un endroit qui a vu notre petite fille naître… quitter le rêve quoi! Disons que j’ai trouvé le Québec un peu terne au retour, et j’ai trouvé les montréalais peu sympathiques. Ce qui m’a frappé est le manque de chaleur dans les rapports humains, le grand nombre de fumeurs, le manque de gentillesse (en fait les gens sont plutôt neutres, mais quand on arrive de la Californie, le contraste est brutal). Ensuite le gris s’est installé, tout d’abord magnifique avec ses couleurs d’automne, puis glacial et terne; l’hiver comme un éteignoir à bonne humeur. J’ai accusé le choc. Ensuite j’ai été confrontée à la maternité en tentant de s’installer dans une nouvelle demeure (avec un bébé qui commence à marcher). Pour ajouter au challenge, je devais ‘réapprendre’ à vivre avec les fils de mon homme. Deux beaux jeunes hommes de 17 et 19 ans, charmants et gentils, mais encore adolescents par moments, bien sûr. Donc choc. Réapprendre à vivre avec des ‘colocs’ c’est une chose, mais disons que je suis et je vais toujours être ‘la belle-mère’ qui les a élevés à mi-temps. Donc re-choc… Puis il y a mes remises en question professionnelles; comment reprends-t-on le travail, avec un bébé, quand on travaille à la maison? Je suis déchirée entre l’envie de profiter de ma fille au maximum (je l’ai attendue 10 ans, je le répète); et le besoin de prendre un peu d’air, de faire mes projets à nouveau. Donc recherche de garderie…

Il m’a fallu une période des fêtes et un voyage dans le sud pour me remettre le moral au bon niveau, et me trouver maintenant du bon côté des jours qui allongent! Vivement le printemps, et en attendant j’espère quelques belles sorties d’hiver.

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L’inévitable retour des choses (et des gens)

J’adore la Californie. C’est elle qui nous a donné la chance d’enfin avoir un enfant ensemble tout naturellement, mon homme et moi. Ce cadeau de vie est arrivé il y a 8 mois, notre petite fée, née entre les montagnes de la baie de San Francisco, un matin de lumière rose éclatante qui brûlait la brume de la mer. Pour sombrer dans le plus sucrés des clichés, ma vie n’a plus jamais été la même depuis. C’est un euphémisme: mon coeur veut exploser d’amour à chaque jour, chaque heure, chaque seconde. C’est une bénédiction que d’avoir cette enfant, une joie pure, un plaisir fou à la voir grandir, apprendre, explorer, se développer. Tout ça décuplé, car vécu avec mon Grand Amour.

C’est à cause de lui si nous avons choisi San Francisco pour notre vie Californienne. Comme vous savez, mon homme est venu y travailler, je l’ai suivi, trop contente de pouvoir vivre ‘ailleurs’. J’ai toujours aimé les voyages, et vivre hors Québec a toujours été pour moi un enrichissement et une chance à ne pas manquer. J’ai eu la chance de vivre en Europe il y a 15 ans, et je savais qu’un jour je quitterai à nouveau le Québec. J’étais partie pour deux ans en 1999, et nous sommes ici depuis deux ans. Il semble que ce cycle est la limite de ce qui me ramène à Montréal.

Je vis en ce moment des sentiments mélangés, mixed feelings, comme disent les anglais… Car nous rentrons au bercail à l’automne, juste avant le premier anniversaire de notre petite. Une occasion trop belle pour la laisser filer, Sylvain arrive là où voulait être professionnellement. Une proposition qui ne se refuse pas. Après le nécessaire saut en Californie pour ces deux merveilleuses années, c’est l’inévitable retour vers Montréal, pour les mêmes bonnes raisons. Nous savions que la Californie était une parenthèse de vie, car nos grands étaient restés là-bas, dans nos terres de neige et de froid, dans nos terres de canicules et d’orage. La petite arrivée, il était important pour nous de réunir la famille, notre petite et notre grande famille. Nous rentrons donc à Montréal pour l’automne, c’est bien vrai. Je suis un mélange de joie et de tristesse, tellement heureuse de voir notre famille réunie à nouveau, de me rapprocher des amis, de permettre à notre fille de grandir sur la terre de ses racines. Mais je suis aussi tellement triste de quitter la Californie, son soleil, ses gens easy goign, les rues et les maisons de San Francisco, les quartiers de Inner Sunset et de Cole Valley, la bouffe bio en abondance, les arbres et la verdure partout, le Golden Gate Park avec ses fleurs et ses grands arbres, la mer glacée, la côte sauvage, mon jardin-qui-donne-des-légumes-toute-l’année, l’excentricité de la ville et des gens, leur ouverture, le yoga de San Francisco, ma vie et mes amis d’ici, et même la brume. Oui, même la brume.  – Pour toujours, je vais laisser une racine d’amour qui a poussé à San Francisco, et inévitablement y revenir le plus souvent possible. –

Le mouvement de retour est tellement différent pour mon homme et pour moi, mais c’est un même mouvement, comme la voix et la musique d’une même chanson. On est toujours synchro, même si nos partitions sont différentes… Moi (comblée, dois-je dire) dans le rôle de Maman à la maison, lui à plein dans son élan de carrière, en feu. Même sans me sentir second violon, je me demande quelle sera ma route, professionnelle, on s’entends. Ici j’ai pu prendre du recul, dont j’avais pleinement besoin, je dois dire. J’ai beaucoup réfléchi à mon chemin, me demandant si je devais changer de route. Ici, j’ai presque tout mis sur la glace, ma caméra, mon ordi, mes cahiers d’écriture, je me suis donnée le droit de vivre un vrai temps d’arrêt, sans culpabilité aucune. Seulement ma tête qui voguait, remplie de bonheur, de rêves, de projets potentiels, de livres à écrire. J’ai pris une pause de tout, mais une pause pleine de vie, à créer la vie. Ma pause Californienne. Mais maintenant je rentre à Montréal, nous rentrons à la maison. Je ne vais pas reprendre la même route, mais un chemin différent, avec ma fée à mes côtés. Une chose est sûre, je veux prendre le temps là-bas à Montréal, comme je l’ai fait ici à San Francisco.

Mon premier objectif va être de reconstruire un nouveau nid propice à tous les possibles. On cherche sur l’Île. Si vous avec des pistes…

Un Gémeau pour ‘From Montréal’

Hier le documentaire ‘From Montréal’ que j’ai réalisé l’an dernier a remporté un Gémeau, prix de la télévision Québécoise. Gémeau du meilleur documentaire culturel de l’année. Je suis tellement fière! Tout cela me semble malgrès tout irréel, car je suis loin et je n’ai pas pu assister à la soirée ni prendre le fameux prix dans mes mains (encore). À un mois de mon accouchement, enceinte jusqu’aux yeux, comme on dit, je ne pouvais même pas prendre l’avion pour quitter San Francisco et aller vers Montréal cueillir le prix avec l’équipe du film. Mais je flotte quand même, pour ces deux raisons. Tant d’années de travail derrière la cravate, et tant d’années à me battre pour réussir à avoir un enfant. Le parallèle est facile à faire, et c’est sans me battre que les deux choses m’arrivent en même temps: la reconnaissance de mon travail de réalisatrice, et la réalité de la maternité. Tout cela avant le son de cloche de mes 40 chandelles l’an prochain. Je suis heureuse, comblée.

Étrange, comme tout cela me semble lointain. Je vois bien que mon ventre bouge, tout est prêt pour l’arrivée de la petite, mais je n’arrive pas vraiment à y croire. C’est comme pour le prix Gémeau, j’imagine qu’il faudra que je l’ai dans les mains pour me rendre compte que c’est bien vrai. Ah la vie, dites donc, elle en a des détours. Si 2010 fut une année difficile, avec son lot de deuils, d’échecs et de difficultés, disons que 2013 rachète tout. Donc, pour ceux qui trouvent que je tartine mon bonheur un peu trop épais, soyez patients, la roue de la chance tourne toujours, et ce qui aujourd’hui vous semble un jour sombre deviendra autre chose avec une bonne dose de patience et de persévérance. Faut seulement passer à travers, et autre chose vous attends au détour… promis!

Un coup de frais!

Voilà j’ai un ‘nouveau’ blogue revampé, avec tout mon ancien contenu depuis 2005. Je suis contente, et j’espère que cette nouvelle interface m’amènera à écrire plus souvent. Mon record a été 45 billets en un seul mois, en octobre 2005! Disons que mon assiduité a fondu comme peau de chagrin au fil des ans, mais je compte toujours reprendre l’écriture. Alors voilà: vent de renouveau avec l’été qui arrive!

Les fauves (crise de la 40e?)

La nuit dernière j’ai rêvé à trois fauves blessés enfermés dans une cage. La symbolique voudrait dire que j’ai besoin de recul pour observer ma vie… « Fauves: Signifie que vous devez prendre un point de vue plus large sur votre vie ».

Je suis bien installée ici, dans notre nid Californien, à deux pas du Golden Gate Park de San Francisco. Nous avons maintenant quitté Montréal depuis quatre mois. Et je me suis donnée comme objectif de reprendre l’écriture plus sérieusement cette année, et de développer de nouveaux projets de vidéo et de création sur le web. Les projets vidéo que j’avais apportés avec moi sont maintenant terminés, livrés. Je pourrais me lancer à la recherche de contrats ici, mais je me force à faire le point (pas à cause du rêve, mais bon). Le temps passe, et les remises en question ne cessent pas, semble-t-il. Quelle est ma voie? Qu’est-ce qui est le plus important pour moi? Qu’est-ce que je veux accomplir? Dans quelle direction dois-je aller? J’entends une voix qui murmure encore faiblement, mais je sais que c’est elle que je dois écouter. Je dois foncer, être audacieuse et surtout disciplinée!

On gaspille tellement d’énergie à penser à ce qui aurait pu être. J’observe le parcour des autres, et je les trouve inspirants. Mais c’est leur voie, et je dois trouver la mienne. J’ai souvent fait des projets vidéo à petite échelle, et cela me laisse l’impression que je n’ai rien accompli. Je me dis alors que je devrais changer de cap. Un chapelet de professions me traversent l’esprit, et je me questionne si je dois aller dans cette direction: massothérapie? enseigner le yoga? m’ouvrir un restaurant? une boutique? faire de la création d’objets à partir de matériaux recyclés? faire de la radio? travailler dans le milieu écologique? … je cherche ma place dans le monde, en mode profil bas. Je veux éviter le stress, la pression folle induite dans notre société de performance. Je me sens bien, mais j’ai l’impression d’avoir manqué ma ‘carrière’, ou de passer à côté de quelquechose. Comme si tout mon potentiel n’avait jamais vraiment été révélé. Je sens que j’ai tant à donner au monde…

Je suis une bête étrange. J’ai toujours été solitaire dans mon travail, alors que je suis sociable à l’extrême dans la vie. J’aurais pu faire carrière dans des boîtes de multimédia ou en télévision, et je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas fait. Ce n’est pas arrivé, je ne l’ai pas cherché, trop occupée à autre chose. Mais aujourd’hui, je cherche encore ma place dans le monde. Depuis le début de mon parcour professionnel, j’ai eu de belles périodes prolifiques, des moments de ‘flow’ où je me sentais tout-à-fait à ma place. Mais ces moments sont en équilibre précaire dans mon chemin de pigiste, toujours funambule sur le fil de nouveaux projets. Des cycles de création qui s’étirent sur quelques mois ou quelques années mais qui se terminent relativement vite (par rapport à un travail dans une compagnie, par exemple). Je ne suis pas certaine d’avoir véritablement progressé…

Paradoxale, vous dites? Je livre ici mes doutes, mais je cueille aujourd’hui le fruit de mon travail des derniers mois. Lundi à 21h sera diffusé à Télé-Québec (au Québec seulement) le documentaire From Montréal sur la scène musicale montréalaise que j’ai réalisé. Je suis vraiment fière de ce projet, un beau travail d’équipe. Je me suis follement amusée à faire ce projet, dans un contexte idéal. Mais réaliser du documentaire, ça vous tombe pas dessus tous les jours…

Ma vie à San Francisco

Faire le saut. Décider de partir. Même quand on aime sa ville. Même quand on aime sa vie. Se lancer dans le vide. Partir. Quitter Montréal pour San Francisco. Au moment d’un changement social. Avec en mémoire un cliché magique de sa ville qui bouge. Les carrés rouges en mémoire. Laisser des amis précieux derrière à Montréal. Atterir ici. Californie. Avec mon Grand Amour. Apprivoiser le nouveau. Refaire un nid. Savourer la lune de miel #383. Sentir un quartier. Aimer l’énergie. Aimer les gens. Se sentir accueillie. Voir ce qui est possible. Voir venir. Prendre du recul. Rêver. Terminer des projets. Pour pouvoir en commencer de nouveaux. Vivre une pause. Regarder les gens aller. Être témoin de la cicatrice de l’Amérique. Voir le fossé entre riches et pauvres. Témoigner. Se laisser imprégner de l’air salin. La tête dans la brume des matins de Frisco. Chercher l’inspiration dans l’air frais. Vivre. Attendre le rythme. Refaire son nid. Aimer. Faire le rythme. Aller de l’avant. Attendre. Devenir patience. Se grounder. Savourer.

Casseroles!

Vu ce soir dans la manif des casseroles d’Outremont: des juifs hassidims tout sourire qui tapaient de la casserole sur leur balcon (!), une dame indienne en sari qui tapait allègrement de la cuillère depuis sa fenêtre, des bébés émerveillés, des enfants en pyjamas qui déambulaient joyeusement en musique de cuisine, une dame enceinte jusqu’au yeux et qui manifestait paisiblement, un monsieur très âgé dans son fauteuil roulant électrique qui tapait sur sa casserole, et plus de 300 personnes joyeuses qui faisaient une musique à l’unisson! Très peu d’étudiants dans ce lot… mais un peuple qui se réveille!