Mon histoire d’amour avec la couture

J’ai amené ma machine à coudre avec moi en venant à San Francisco. Une grosse vieille machine italienne, lourde et un peu abîmée. Elle vient de mon arrière-grand-mère paternelle. J’y suis très attachée. Elle fonctionne à merveille. Encore à Montréal, je l’ai apprivoisée il y a deux ans pour faire des coussins avec grand plaisir. J’avais eu une expérience presque mystique (sans farce) en m’assoyant pour assembler les tissus et créer. Je découvrais le plaisir de coudre, de créer un assemblage, un mélange de plaisir artisanal, créatif et technique. C’est très méditatif, coudre. Il faut une pleine concentration, beaucoup de précision, de la patience. Mais l’intellect est au repos. Bref, l’expérience me fut si agréable, surtout à ce moment de ma vie où tout allait plutôt mal. Donc, quand nous avons décidé de venir vivre ici, j’avais déjà décidée que la machine à coudre de Grand-Mère Gélinas allait suivre. Ici, j’ai enfin le temps de faire toutes ces choses qu’on remet à demain. – Pour moi, aujourd’hui, c’est demain. Je suis en plein dans la perpétuelle semaine des quatre jeudis. –

Donc, je me suis adonnée avec grand plaisir à plusieurs petits projets de couture. J’ai fait une housse de futon, des coussins, un cadeau de bébé pour une bonne amie qui est enceinte, et je viens de terminer ce soir mes cadeaux de Noël (je ne vous dit pas ce que c’est, car un cadeau, c’est secret). Et au fil de mon expérience de couture, j’ai tenté de comprendre d’où venais ce grand plaisir que je trouvais à coudre.

Ma Marraine et Grand-Mère maternelle était couturière (je l’ai toujours appellée Marraine). Enseignante dans les années 1970, ma mère fut rapidement de retour au travail après ma naissance. Point de garderie si accessible à cette époque, donc Marraine s’occupa de moi jusqu’à mon entrée à la maternelle, et j’allais dîner chez elle tous les midis pendant tout mon primaire. J’ai donc grandit au son de la machine à coudre, et sous l’aile couveuse de cette femme aimante et protectrice. Entendre le doux ronron de ce moteur est encore aujourd’hui d’un grand réconfort pour moi. Comme une chanson enfouie très profondément en moi, un sentiment de sécurité et de bonheur. Je m’endormais parfois sur cette trame sonore rassurante (ce souvenir remonte à mes 3 ans, peut-être 4). Je me réveillais quand la machine arrêtait, car je savais qu’elle n’y était plus. Je me souviens clairement des heures passées à l’observer et à l’imiter. Fascinée, je la regardais mesurer les tissus avec son mètre toujours autour du cou, tailler les tissus d’une main experte avec un lame de son ciseau en biseau, coudre avec agilité, lire des patrons au papier jauni, à utiliser les aiguilles pour assembler les tissus avec son dé sur le bout du doigt, comme une bague spéciale de magicienne. Marraine faisait mes vêtements: salopettes, jupes, robes, pyjamas, chemisers, pantalons. Je me souviens des tissus; des motifs floraux, des tartans, des petits pois, du velour, du satin, des cotons.

J’ai grandit dans un monde devenu bien technologique. Je suis devenue réalisatrice et monteuse. Mais j’éprouve un très grand plaisir à faire de la couture, similaire à mon plaisir à faire du montage. J’ai soudainement eu un éveil: la couture, c’est comme du montage! Même fonction d’assembler les pièces choisies avec minutie, de jouer avec des textures, des formes, des couleurs. Un sens esthétique doublé d’une maîtrise technique. Même soucis du détail, même importance de la maitrise des outils pour arriver à la création. Un artisanat pour construire ce qu’on imagine, ce qu’on rêve, ce qu’on offre aux autres.

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Les fauves (crise de la 40e?)

La nuit dernière j’ai rêvé à trois fauves blessés enfermés dans une cage. La symbolique voudrait dire que j’ai besoin de recul pour observer ma vie… « Fauves: Signifie que vous devez prendre un point de vue plus large sur votre vie ».

Je suis bien installée ici, dans notre nid Californien, à deux pas du Golden Gate Park de San Francisco. Nous avons maintenant quitté Montréal depuis quatre mois. Et je me suis donnée comme objectif de reprendre l’écriture plus sérieusement cette année, et de développer de nouveaux projets de vidéo et de création sur le web. Les projets vidéo que j’avais apportés avec moi sont maintenant terminés, livrés. Je pourrais me lancer à la recherche de contrats ici, mais je me force à faire le point (pas à cause du rêve, mais bon). Le temps passe, et les remises en question ne cessent pas, semble-t-il. Quelle est ma voie? Qu’est-ce qui est le plus important pour moi? Qu’est-ce que je veux accomplir? Dans quelle direction dois-je aller? J’entends une voix qui murmure encore faiblement, mais je sais que c’est elle que je dois écouter. Je dois foncer, être audacieuse et surtout disciplinée!

On gaspille tellement d’énergie à penser à ce qui aurait pu être. J’observe le parcour des autres, et je les trouve inspirants. Mais c’est leur voie, et je dois trouver la mienne. J’ai souvent fait des projets vidéo à petite échelle, et cela me laisse l’impression que je n’ai rien accompli. Je me dis alors que je devrais changer de cap. Un chapelet de professions me traversent l’esprit, et je me questionne si je dois aller dans cette direction: massothérapie? enseigner le yoga? m’ouvrir un restaurant? une boutique? faire de la création d’objets à partir de matériaux recyclés? faire de la radio? travailler dans le milieu écologique? … je cherche ma place dans le monde, en mode profil bas. Je veux éviter le stress, la pression folle induite dans notre société de performance. Je me sens bien, mais j’ai l’impression d’avoir manqué ma ‘carrière’, ou de passer à côté de quelquechose. Comme si tout mon potentiel n’avait jamais vraiment été révélé. Je sens que j’ai tant à donner au monde…

Je suis une bête étrange. J’ai toujours été solitaire dans mon travail, alors que je suis sociable à l’extrême dans la vie. J’aurais pu faire carrière dans des boîtes de multimédia ou en télévision, et je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas fait. Ce n’est pas arrivé, je ne l’ai pas cherché, trop occupée à autre chose. Mais aujourd’hui, je cherche encore ma place dans le monde. Depuis le début de mon parcour professionnel, j’ai eu de belles périodes prolifiques, des moments de ‘flow’ où je me sentais tout-à-fait à ma place. Mais ces moments sont en équilibre précaire dans mon chemin de pigiste, toujours funambule sur le fil de nouveaux projets. Des cycles de création qui s’étirent sur quelques mois ou quelques années mais qui se terminent relativement vite (par rapport à un travail dans une compagnie, par exemple). Je ne suis pas certaine d’avoir véritablement progressé…

Paradoxale, vous dites? Je livre ici mes doutes, mais je cueille aujourd’hui le fruit de mon travail des derniers mois. Lundi à 21h sera diffusé à Télé-Québec (au Québec seulement) le documentaire From Montréal sur la scène musicale montréalaise que j’ai réalisé. Je suis vraiment fière de ce projet, un beau travail d’équipe. Je me suis follement amusée à faire ce projet, dans un contexte idéal. Mais réaliser du documentaire, ça vous tombe pas dessus tous les jours…

Finir la bouteille

Aujourd’hui j’ai terminé la grosse bouteille… de vitamines pré-natales! Je prends ces vitamines depuis des années, avec le plan de tomber enceinte… éventuellement. La date d’expiration de mes multi-vitamines roses, avec une (absurde) grosse face de bébé sur le pot? Juillet 2010! Ceci donne une perspective sur le temps qui passe. Par les réseaux sociaux, je vois s’agrandir des familles et je vois grandir des bébés qui sont maintenant des petits enfants. Je me rappelle très bien l’annonce de ces ‘enfants à venir’ par la future maman. Je m’en souviens car je me suis dit à l’époque ‘ça pourrait être moi’. Je n’y pense même plus. J’ai une belle vie, tranquille et sans enfants à moi. Je suis sereine et heureuse. Ce serait une belle nouvelle que cela nous arrive ‘naturellement’, bien sûr. Nous prenons la vie comme elle vient. N’empêche que ça fait drôle, des couples qui se sont formés après nous ont des enfants, des couples sans enfants ont des familles nombreuses, des femmes dans la quarantaine ont réussi leur projet d’avoir un enfant. Et nous… rien n’a changé! Ah oui quand même, on a décidé de profiter de notre souplesse d’action pour quitter Montréal pour San Francisco.

Changement de cap

Nous avons décidé de laisser de côté tous traitements ‘in vitro’, après une fausse couche et deux échecs de transfers d’embryon. Pour ceux qui décident de tenter leur chance dans la quête de la maternité pour les couples ‘infertiles’, je vous souhaite bonne chance, une bonne dose de courage (et beaucoup de temps à attendre; dans les corridors d’hôpitaux; attendre que le corps soit prêt; attendre que les traitements agissent; puis attendre les appels téléphoniques pour les angoissants résultats). J’opte en ce moment pour une approche naturelle, une attitude positive et une ouverture à ce qui se présente. Pas d’enfants, c’est la vie. Si un enfant arrive, ce sera la vie. L’important est d’être bien. C’est fou la pression qu’on peut se mettre pour obtenir quelquechose. Avec un peu de perspective, je me rends compte que c’est un peu malsain tout ce processus.

Acupuncture et fertilité

J’ai opté pendant longtemps pour une approche combinée, en faisant des traitements d’acupuncture tout en faisant mes traitements d’in-vitro. Les résultats de bien-être se sont fait rapidement sentir grâce à l’acupuncture, où on se préoccupe de la santé générale de la patiente, de son aptitude à porter la vie. On questionne et on régule tout: le sommeil, le moral, l’irritabilité, l’appétit, le niveau d’énergie (vous sentez-vous fatiguée?), la digestion, les divers problèmes de santé et les troubles menstruels. J’ai toujours eu des douleurs menstruelles qui m’empêchaient de fonctionner quelques jours par mois. L’acupuncture m’aide depuis des années à contrôler ces problèmes. J’ai suivi près de deux ans de traitements au Québec avec Aina Zhan, la médecin-acupunctrice qui a traité Céline Dion et Julie Snyder lors de leurs processus avec l’in-vitro. Ici en Californie, je poursuis uniquement des traitements d’acupuncture avec le Dr Lui, avec des herbes traditionnelles chinoises.

Des preuves?

Je sais maintenant que mes traitements de médecine chinoise m’ont grandement aidée à améliorer mon état de fertilité potentielle grâce à des tests sanguins. En 2010, au moment où j’ai appris mon ‘problème’ de fertilité, on a posé le dagnostic grâce à un test sur le niveau homonal. Mon niveau de FSH était alors de 12 (FSH: hormone responsable de la production des follicules, qui deviennent les ovules), alors que la moyenne doit se situer sous 10. Un niveau trop élevé signifie que le corps compense pour tenter de combler le manque de follicules. Quelle ne fut pas ma surprise il y a quelques semaines, lorsque j’ai refait ces tests deux ans plus tard… mon résultat de niveau de FSH est de 5,9! Mes autres niveau hormonaux aussi ont changés et sont revenus à la normale. C’est un très bon résultat, qui signifie que je peux tomber enceinte… en principe. Seul le temps le dira. En attendant, je profite de la vie… et de la Californie!

Ton moteur ne tourne pas rond!

… Et pendant ce temps nous vivons la pire crise écologique causée par les humains depuis la nuit des temps. 

Aujourd’hui je me sens particulièment découragée… Comme un éclair de conscience, cette conscience que j’avais mis en veilleuse pour vivre le moment présent, seulement, et le déménagement du Québec vers la Californie, mon installation ici, la venue des enfants en visite pour quelques semaines de tourisme frénétique. Mais là, la réalité me rattrappe en plein visage. La brume s’est levée sur San Francisco, et je vois clair. Ce n’est pas facile à porter!

Dans la rue, je suis arrêtée en vélo pendant une dizaine de minutes, et j’observe cette dame derrière le volant de son SUV. Elle est garée tout près de moi, affairée sur son ordinateur portable. Son moteur tourne toujours, les vitres baissées. Il fait un temps superbe sur San Francisco, ni trop chaud, ni trop frais. Mais si elle voulait la climatisation, elle fermerait ses fenêtres, non? Enfin bref, je m’approche. Je décide de jouer les écolos-emmerdeuses. Il faut. Pas le choix. Question de principe, mais question de planète. J’en ai marre de tous ces inconcsients qui passent leur chemin avec la bénédiction de la société de consommation.

– Je prends une voix calme et douce. « Your engine is running, you know it’s very bad for the environmnent? »

Je n’avais pas vu au premier coup d’oeil, mais la jeune femme était enceinte jusqu’aux yeux. J’étais prête à recevoir des insultes. Mais pas à sa réponse.
– ‘I’m five days to giving birth… don’t bother me’, dit-elle en remontant sa fenêtre pour se protéger de la dangeureuse assaillante que je suis. Elle mit un point final à la conversation par un doigt d’honneur qui se voulait agressif (arme ultime des gens en manque d’argument), mais que je trouvais pathétique de molesse. Donc quand on est sur le point d’accoucher, on bénificie d’un droit spécial de polluer, c’est ça?

J’étais clouée sur place. Cette jeune femme. Enceinte. D’un enfant. Une nouvelle vie dans ce monde. Dans Son Monde à elle. Complètement inconsciente de la planète, de ses dangers, de sa crise mondiale, inconsciente de notre pouvoir à changer les choses qui commencence par tous les milliers de petits gestes quotidiens. Litanie logique que tout humain sur cette terre devrait appliquer à la maison, au travail, en Vacances. MoinsConsommer-ProtégerLaPlanète-ÉviterLeGapillage-Composter-MangerMoinsDeViande-FaireAttentionÀL’Eau-ÉviterLesSacsDePlastique-ÉviterLePlastique-Réduire-PrendreSonVélo-MoinsPrendreL’Auto-ÉteindreSonMoteur-RoulerMoinsVite-UtiliserUneHybride-Marcher-Réutiliser-AchetterUsagé-PartagerSesBiens-FaireAttentionÀSesChoses-BannirLeSuremballage-FaireDurerLesBiens-ChoisirDeLaQualité-ÊtreGénéreux-DonnerDeL’amour. Voilà ma litanie, et celle de nombreux de mes proches et amis (mais pas tous, oh que non, mais des fois des petits bouts). Même mes amies enceintes, oui oui. Mais cette femme, perdue dans son individualisme qui l’aveugle, qui perçoit comme un message agressif mon intention de l’aider, d’aider son enfant qui naitra bientôt à vivre dans un monde meilleur, plus sain, plus vert.

Non, elle n’a pas compris. Mais moi, oui: il faut trouver une autre manière de parler aux aveugles de la crise écologique. Mais comment?

En y repensant, je me suis dit qu’un jour son enfant lui dirait peut-être lui-même de fermer son moteur qui tourne inutilement. Elle aura sans doute oublié ce jour là qu’une freak en vélo lui avait déjà dit, des années auparavant. Dans quel monde vivrons-nous à ce moment là? Probablement un monde très similaire, avec un taux de cancer astronomique qui monte en flèche, des taux d’allergies allarmant et des taux d’asthmatiques qui battent des records inimaginables. Et alors, la madame, elle travaillera encore plus fort, en polluant davantage dans son SUV, pour pouvoir payer les assurances médicales de son enfant malade.

Ouaip. C’est ça qui est ça.

Ma vie à San Francisco

Faire le saut. Décider de partir. Même quand on aime sa ville. Même quand on aime sa vie. Se lancer dans le vide. Partir. Quitter Montréal pour San Francisco. Au moment d’un changement social. Avec en mémoire un cliché magique de sa ville qui bouge. Les carrés rouges en mémoire. Laisser des amis précieux derrière à Montréal. Atterir ici. Californie. Avec mon Grand Amour. Apprivoiser le nouveau. Refaire un nid. Savourer la lune de miel #383. Sentir un quartier. Aimer l’énergie. Aimer les gens. Se sentir accueillie. Voir ce qui est possible. Voir venir. Prendre du recul. Rêver. Terminer des projets. Pour pouvoir en commencer de nouveaux. Vivre une pause. Regarder les gens aller. Être témoin de la cicatrice de l’Amérique. Voir le fossé entre riches et pauvres. Témoigner. Se laisser imprégner de l’air salin. La tête dans la brume des matins de Frisco. Chercher l’inspiration dans l’air frais. Vivre. Attendre le rythme. Refaire son nid. Aimer. Faire le rythme. Aller de l’avant. Attendre. Devenir patience. Se grounder. Savourer.

Potager urbain de la controverse

 Voilà qu’un couple de Drummondville décide de faire un superbe potager en facade de sa maison. Et cela fait réagir. Les élus crient à l’entrave au réglement munipical.

 Michel Beauchamp devant sa maison et son potager


 Voici donc ma lettre au conseiller municipal qui demande à ces gens de défaire leur potager
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Bonjour Monsieur Levasseur,

Je vous écris depuis la Californie où j’habite pour signaler mon appui au couple qui possède le potager non-réglementaire en facade de leur demeure, Michel Beauchamp et Josée Landry. J’espère que vous saurez montrer une souplesse à ce réglement afin de laisser ce superbe projet exister. Il fait déjà la renommée de votre région par son audace et son côté avant-gardiste, et ce à travers le monde grâce aux médias sociaux. Je pense qu’il est plus que temps de modifier la législation pour encourager de tels projets.

Dans le contexte écologique mondial de lutte aux changements climatiques, de telles initiatives doivent être fortement encouragées et saluées par nos élus. Je vous demande donc de revenir sur votre décision, et de supporter et d’encourager ces citoyens dans leur belle initiative. La Californie où j’habite est un lieu inspirant où de multiples projets de ce type voient le jour. De tels projets d’influence font ensuite des vagues pour contribuer à rendre le monde meilleur. Je ne vois pas pourquoi Drummondville ne serait pas un tel lieu d’influence et d’inspiration.

Sachez que les années à venir comporteront leur lot de défis à relever dans le contexte actuel: changements climatiques, pénuries de ressources, crise économique. L’autonomie alimentaire et le verdissement sont des solutions efficaces et recommandées par de nombreux scientifiques et urbanistes. Punir ces citoyens serait un geste inaproprié. Les encourager serait tout à votre honneur.

En espérant trouver une lecture attentive, et en souhaitant une réponse positive et votre support à des projets écologiques audacieux,
bonne journée,
Yannick 


Pour signer la pétition

Carnaval de la révolte

Casseroles dans la rue, jour 3 sous la pluie. Un des plus beaux moments de ma vie. Encore une fois ce soir nous avons déambulé pour jouer du tambour-casserole avec quelques centaines de nos voisins d’Outremont. Nous marchons pour signifier notre mécontentement face à ce gouvernement corrompu qui tente de faire passer des mesures révoltantes après 3 mois d’impasse de la crise étudiante. Sous l’orage, sous cette pluie diluvienne qui prenait des airs tropicaux, nous avons tous battu la mesure avec joie et énergie. Ce soir le rytme était franc et à l’unisson: « Ce n’est qu’un début, continuons le com-bat! ». Sous la pluie battante, j’ai dansé nu pied dans la rue avec des centaines de personnes fouettées comme moi par l’énergie de la nature en furie. La joie au coeur, alors que des éclairs fendaient le ciel en réponse à notre colère qui gronde, une pluie si intense qu’on aurait dit un film. Nous étions tous au diapason avec cette nature si belle qui elle aussi est chamboulée par les dérives et les abus du néo-libéralisme. Au beau mileu de la rue Van Horne, sur l’asphalte chaude et mouillée par cette pluie d’été, mes pieds suivaient le rythme, mon corps lavé et heureux de faire la fête, mon âme vibrait d’espoir. Un moment qui donne le droit au rêve, comme le début d’une grande transformation dont notre société a cruellement besoin.