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Joie

Sylvain qui me tire sur la glace à toute vitesse pendant la fête de Joss. J’aime l’hiver et la glace, j’aime la vitesse et les folies, j’aime la fête et le vin, j’aime Sylvain.

Je vous laisse, je vais me couler dans un bain chaud préparé par mon amoureux. Mium.

Pardon cher public

Oui ben voilà. Je suis là. Ouf. Mais en plus d’être disparue du cyberespace, j’étais aussi sur la route entre les Laurentides et Bois-des-Filions. Bon. Avec quelques passages en ville pour constater que mon serveur ne fournit pas. Vous êtes si nombreux à me visiter que mon fournisseur tilte. Alors pour la prochaine année mon grand Amour m’hébergera sur ses serveurs, alors finito les problèmes. Voilà pour la petite note technique.

Pour le reste, je vous présente des voeux de Bonne Année sincères et tartinés d’Amour (avec un grand A). Je vous reviens pour vous splacher l’écran solidement de tous les détails savoureux de mon année qui se termine dans un tourbillon de bonheur indescriptible (que je vous décrirai quand même, je ne suis pas à un paradoxe près) et une joie intense et contagieuse.

Je vous aime. Bisous et sourires à la ronde.

J’ai bu et dansé hier dans un réveillon joyeux amical, avec champagne, rires, amour et amitié (avec épisode de necking d’ado dans les toilettes avec mon grand Amour). Pour finir avec marche dans le froid glacial de ce Québec que j’adore à la folie dans les rues de Montréal la belle, froid sibérien qui ne dégrise même pas tant la soulerie est douce et l’amour nous rends bulles de champagne. Course folle de sprint pour fuir le froid avec rires fous de Sylvain et moi. Poutine au Rapido à 4h00 du matin les yeux dans la graisse de bine de notre amour encore. Et fin de nuit à la hauteur, évidemment. Matin aussi, je vous dit pas, hou la. Aucun mal de tête en plus. Bonne Année.

Tu as pris le train

6h30 am. Je ne dors plus depuis 6h00. Tirée du lit car ce billet en tête. L’écran me fait mal aux yeux. Les larmes viennent. Tout se replace, je fixe le blanc de l’écran sans ciller. Ça y est, je suis prête. C’est la suite de ce texte-là.

Nous arrivons en gare. Nous avons roulé longtemps avant d’atteindre le bout de l’Île. Toute une nuit, un siècle, une éternité. Suffisamment pour que j’oublie tout le reste. Je suis neuve, lavée. Je ne porte aucune amertume, aucun regret de ne pas être descendue aux stations précédentes. Je suis là, complètement, à m’imprégner du paysage magnifique, à boire la vie. Le Fleuve est large et fumant d’une brume chargée de mystères, les oiseaux volent haut. Je suis sereine, finalement, après tous mes détours, après le long parcours épuisant, souvent rempli d’espoir, trop souvent déçu. Je suis seule, enfin. Le siège près de moi fut occupé mais jamais vraiment habité. Ou si peu. Je suis contente d’être seule, forte. Forte et fragile, un peu plus mature de mes blessures, de mes attentes abandonnées. Encore jeune, plus belle que jamais avec mes rides au coin des yeux. Je vois mon reflet dans la fenêtre du train. La buée fait de jolies perles qui coulent en gouttes. Je souris. Je me replonge le nez dans mon bouquin.

Le train est à l’heure à la station. Bien ponctuel, tout le contraire de moi, tout le contraire de toi. Le ciel bleu de novembre est pur et haut, les feuilles jaunes encore humides, toutes pleines d’espoir. Les portes ouvertes attendent, t’attendent. L’air frais s’engouffre dans ma cabine, relevant ma jupe pour m’apporter d’agréables frissons frais. Chair de poule. Intuition. Intuition que je suis à un tournant de vie. Les portes béantes laissent entrer les sons de la gare. J’ai toujours adoré les gares. Lieux d’attentes, de possibles, de croisées, de destins qui s’accomplissent. Le bruit du train qui attend, patient et fier. La rumeur des passagers qui défilent, ceux qui entrent, ceux qui sortent. Je pense à cette parfaite métaphore de la vie. Nous sommes des passagers, toujours. Je ne me sens pas impatiente, je ne t’attends pas. Je ne sais pas que tu vas venir comme ça, que tu vas venir dans mon wagon, dans ma cabine, sur le siège voisin du mien. Mais la place est libre, à tout hasard. Je sais, je sais: il n’y a pas de hasards.

Tu arrives alors que le train se remet en marche, les portes se referment, la chaleur se réinstalle. Ta démarche est légère, ton sourire éloquent. Nous nous connaissons sans nous connaître. En fait, nous nous reconnaissons. Tu t’assois tout près de moi, après mon hochement de tête poli et invitant à te poser-là, tout près. J’ai levé mes yeux un instant de mon livre pour joindre mon regard au tien. Perçant ton regard. Des billes noisette d’une profondeur peu commune, d’une intelligence vive, où je décèle aussi l’amour pour les choses du sexe. Vlan, comme ça. Un regard brillant chargé de désir, déjà. Tout est là, dans ce regard. Dans le mien il y avait peut-être aussi un peu tout ça. Mais allez savoir ce que porte votre propre regard? Tu remarques mon livre. Je lis Bobin, la course folle. On y parle de passagers trop pressés, d’amour, de chevalier, de temps perdu à retrouver dans l’amour. C’est notre texte, à nous.

Le roulement du train nous berce. Le train réveille toujours en moi des siècles de désir endormi. Et toi tu es là, tout près, exactement au bon moment pour cueillir tout cela, pour te joindre à moi. Le timing est parfait. La place était libre, tu étais seul. Je sais que tu captes mon odeur. Je t’enivre déjà, je le sens. Je suis romarin, frais et vif, et je vais faire basculer ta vie, comme tu vas faire basculer la mienne. Ta tête penchée sur ton portable, tu écris. J’aime. J’aime le son de tes doigts souples qui courent sur le clavier. Je sens l’odeur de tes cheveux invitants, bouclés et soyeux qui touchent presque tes épaules. Je veux y mettre la main, caresser ta chevelure, puis la saisir pour basculer ta tête par derrière et plonger mon regard profondément dans le tien. Puis te mordre au cou. Mais j’attends.

Tu portes un manteau de cuir noir qui te donne un côté presque rebelle. J’aime. Ta joue est ronde, prête à être croquée. Tu me lance déjà le sourire définitif. Mâle. Franc. Direct. Tu te penches vers moi, tu m’embrasses, une nuit, un siècle, une éternité. Ce baiser est venu me prendre, au complet. Je me suis offerte, ouvrant tous les pans de ma vie, complètement, comme jamais. J’étais là et je t’attendais, sans le savoir. Ma vie était toute prête pour toi.

Le paysage défile, nous sommes le paysage. Nous descendons à la prochaine gare, promptement, dans la hâte de tout nous dire, de faire l’amour la nuit entière et les suivantes dans cet hôtel beige tout près de la gare. Nous prendrons le train encore souvent, ensemble, cette fois. Je t’ai trouvé, nous avons le temps, la vie entière, pour sillonner le monde de stations en stations, de ville en ville.

Lousser le chant d’amour

Se perdre dans le temps de l’autre dans une suspension sidérale. Tant de mots, de gestes et d’utopies partagées sans retenue, dans une désinvolture touchante et profonde. Rencontrer son alter ego là où on ne l’attendait pas. Croire et rêver sur le tempo de l’autre. Trouver des résonnances insondables, dans des zones de l’âme et du corps où l’on ignorait que c’était possible. To go behond the words and more. Behond the time, behond the sky. Dans les rires et les reflets de la peau, du coeur au hara, se synchroniser du digital au charnel, de l’aurore au crépuscule. Trouver ces quelques lignes réductrices pour vous chanter tout mon amour pour lui, tout notre amour l’un dans l’autre, l’un pour l’autre, l’un avec l’autre. Me foutre éperduement des incrédules et des sceptiques qui réduisent cette force vive que je sens vibrer entre nous à une simple passion. Le temps est un merveilleux révélateur, et je veux le laisser faire naître tous nos contrastes, nos niveaux de gris, nos demi-tons, nos profondeurs, nos points de fuite, nos avant-plans, notre précision dans le grain si subtil. Et fixer tout cela. Vous verrez, vous verrez bien comme c’est beau et grand.

Toucher l’amour

Je suis sur un nuage. Je suis incandescente. Par le corps, l’esprit, la raison. Je vibre partout en moi et en lui, avec l’incroyable puissance d’une réciprocité sidérante. L’amour naissant est magnifique parce qu’il porte toutes les découvertes et les révélation à l’autre, par l’autre. Mais cet amour là est terriblement serein de force vivre. Je touche ici l’amour des racines, la qualité d’un amour qui lave toutes les blessures d’avant, qui s’ouvre sur toutes les lucidités et les possibles. Je me sens toute tranquille aussi, avec cette certitude et cette confiance en l’autre, cette confiance en ce que nous sommes déjà. Mon expérience de la vie me commande de modérer mes emportements, de voir venir la vie, de me protéger un peu contre mes vieilles erreurs de femme passionnée. Mais j’ai une telle confiance en lui, en nous, que je découvre un sens nouveau au mot certitude. Il résonne ici avec engagement, respect, sérénité. Du solide quoi. Comme si la femme en moi, avec tout ses déploiements féministes, avait trouvé son alter ego mâle, dans toute sa mâlitude et sa compréhension du monde. Je crois que c’est la simplicité, la facilité saine, de nos échanges et de tout entre nous qui nous a renversé. Nous avons été saisi par tout cet écho de nous chez l’autre, de toute cette complétude dans l’autre, de toute cette ouverture et cette écoute mutuelle. Nous avons été frappé par la sensation de venir s’insérer parfaitement dans le parcours de l’autre aussi, au bon moment. Comme si nous étions des fruits, mûrs et chauds de soleil, balafrés de nos intempéries de vies, cueillis au moment parfait. La morsure est délicieuse. L’arbre est plein et généreux. Nous avons l’amour fou, nous avons l’amour raisonnable, et la vie devant nous encore. Je me sens bien, forte, ancrée. Amoureuse et lucide. C’est tellement magique de toucher le bonheur, de se sentir sur la bonne voie. La sienne, la nôtre.