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Savourer l’été

C’est ma saison préférée. En fait, j’adore toutes les saisons, mais je me délecte des grandes chaleurs et du soleil brûlant. J’aime l’été-tropique. Au Québec, traditionnellement, la période de canicule dure deux semaines, trois, si on est chanceux. J’attends encore. Mais la saison, malgrés les pluies abondantes, est quand même belle. J’adore les fleurs partout, les enfants dans les rues, la crème glacée et les vêtements légers. J’adore ma ville quand elle est comme un petit champagne, tout pétillant de bonne humeur estivale, toute parée de ces 1001 carnavals et de sa pluie de festivals (sans jeux de mot). J’aime les fenêtres ouvertes, les chats de ruelle, les vélos nombreux. J’aime les parties de tennis, les baignades à la piscine, les escapades en campagne, les pique-nique et les appéros sur la terrasse. J’aime les hammacs et les palmiers qu’on met dehors sur la galerie. J’aime les conversations de coin de rue avec les voisins, les trotinettes, les musiques qui résonnent par les fenêtres grandes ouvertes. J’aime les fêtes de rue, les jeux d’eau, les jardins, les BBQ et les nuages d’été, roses et mauves. L’été me rappelle qu’entre mes zones grises, je suis parfois légère, très légère.

Petits bonheurs

Inspirée par Dominique
13 petits bonheurs… from Bienvenue chez nous! by

Voici les miens
1. Prendre le temps (de contempler, d’aimer, de rire, de danser, de faire du yoga, de chanter, de découvrir)
2. Écouter un bon film avec mon homme ou voir un bon show avec lui (musique, ciné, danse, théâtre) ou avec les enfants
3. Découvrir un nouveau band en spectacle par hasard
4. Travailler à des projets stimulants
5. Partager un repas avec ma famille ou des amis
6. Aller à un party à la campagne (qui dure plusieurs jours!)
7. Voyager
8. Jouer dehors (en découvrant la nature)
9. Lire couchée dans mon hammac, au soleil, sur ma galerie fleurie
10. Faire du canot-camping
11. Préparer un bon repas et le savourer
12. Savoir que ceux que j’aime sont en santé
13. Partager mes bonheurs…

Et vous? Vos petits bonheurs?

Bruits d’été

La chaleur s’installe sur Montréal. Au loin, j’entends des cris d’enfants qui portent au-dessus des grands arbres d’Outremont. J’imagine que ces cris de joie proviennent des jeux sur l’eau des piscines municipales – je sais que c’est mon imagination, mais c’est agéable-. Ces sons se trouvent associés pour moi à l’été et aux Vacances, au soleil et aux terrasses, aux balades légères et aux appéros de fin d’après-midi, à la liberté et à l’amitié.

Au tournant du chemin

La vie est une marche perpétuelle. Ma petite vie a commencé dans un sentier dans la forêt (cui-cui). Après l’enfance et l’adolescence, j’ai trouvé ma voie qui s’ouvrait dans une clairière. Tout était très clair, sans être précis. Je voulais tout (comme dans la chanson d’Ariane Moffat): l’amour et l’épanouissement de l’artiste que je sentais en moi. Pendant de nombreuses années, j’ai marché sur un chemin de terre. Le petit sentier de gravelle de mes 20 ans s’est élargit de plus en plus, en une belle route, pleine de perspective. Le monde autours de moi changeait, et j’évoluais avec lui. J’observais, de loin, le bout du chemin. Au bout, je pouvais voir, il y avait la mer. Cette grande étendue d’eau, vaste et belle, hypnotisante et magique, c’était la vie devant moi. Je sentais l’excitation monter en moi, de rejoindre bientôt la mer, en savourant bien chaque moment de plaisir en route, en prenant conscience de tout un peu plus à chaque pas posé à même le sol brûlant, chaque pose sur le sol glacé.

Je sentais qu’en retrouvant le mer, ce serait une étape imortante, une toute nouvelle perspective. J’ai toujours avancé avec une belle liberté, sans perdre la mer de vue, mais en me trompant un peu de chemin parfois. Errances émotives, découvertes professionnelles, explorations à tous les niveaux. Ma route prenait son sens dans mon avancée, parfois ralentie par les fleurs du tapis, en d’autres moments accélérée par mon enthousiasme et ma passion pour la vie.

Toujours est-il que je suis arrivée au tournant du chemin, face à la mer. Comme quand le sentier de gravelle devient en asphalte, et que ça roule soudainement sans bruit: krrrrrrr, tchlak, ffffffffffffffff. Et dans ma tête, les tambours, la joie. Je suis en bordure de la mer, je la hume, j’y touche bientôt. C’est beau et grand. J’ai trouvé mon Grand Amour il y a quelques années (oui ça existe), nous avons fait notre nid en ville (je suis comblée), nous voulons un enfant (bien lire: non, je ne suis toujours pas enceinte) et j’ai de nouveaux défis professionnels qui correspondent en tout à ce que je cherche à accomplir depuis de nombreuses années (pincez-moi, je ne rêve pas).

Et maintenant, je fais quoi? Je fonce, encore. Et je n’ai pas l’intention d’y aller à la nage.

Grenadine d’été et menace écologique

Je porte une robe rouge et je bois une eau à la grenadine avec des glaçons, assise à mon bureau de soleil de mon appartement montréalais. Je suis légère comme les bourgeons qui éclatent et qui ressemblent à des brocolis. Je pense au lila qui se prépare, là-bas, dans l’ancien jardin de mes grands-parents sur la Rive-sud, ce lila qui fleurira tout blanc et odorant en juin. Je suis contente car il fera la joie des enfants qui habitent cette maison où des rires ont éclatés entre ses murs pendant tant d’années.

Je suis heureuse. Mais je suis bien consciente de l’énorme travail qui reste à faire pour faire bouger le monde plus rapidement face aux menaces de destruction écologique. Je sais que le ton est grave, mais c’est davantage un fatalisme qu’une panique. Pas de panique pantoute, non non. On ne peut renverser la vapeur comme individus, même si je m’évertue avec une abnégation monastique et maniaque à faire des milliers de petits gestes pour sauver la planète. Je peux bien récupérer l’eau pour arroser mes plantes, mes voisin se préparent à la saison estivale où ils remplissent et vident quotidiennemnent leur piscine-champignon dans la ruelle. Je peux bien jetter un minimum de détritus aux ordures, récupérant, triant, compostant et réutilisant tout ce que je peux dans les moindres détails, plusieurs de mes voisins n’utilisent même pas leur bac vert. Et une grande partie du contenu de ce bac prends le chemin du dépotoir où il polluera la nappe phréatique, et tous les déchets confondus formeront une marmite toxique pour empoisonner encore davantage la planète, toute cette masse de surconsommation grugeant l’espace naturel encore disponible.

Mais la réponse est dans le collectif. C’est collectivement qu’il faut réagir. C’est en se rassemblant que nous deviendront puissants à faire changer les choses. Car j’ai espoir que tout cela peut changer, drastiquement. Mais une sérieuse mobilisation doit se produire. Et je vais faire tout ce que je peux pour l’encourager. Je ne sais pas encore comment, sous quelle forme, mais je vais mettre l’épaule à la roue, car on ne peut plus demeurer passif face à la destruction et l’absurdité de nos choix collectifs.

J’espère bien fermement que nous poserons un jour un regard épouvanté sur certaines réalités qui nous semblent aujourd’hui banales: ces voitures énergivores, ces maisons énergivores et non respectueuses de l’écologie, ces choix de consommateurs qui détruisent la planète, toutes ces matières organiques compostables que nous envoyons quotidiennement aux ordures et qui deviennent toxiques.

Loin de la tourmente

J’ai parfois l’impression d’être dans le futur. Vivre libre et dessiner soi-même les contours de sa vie amène une grande satisfaction. Il n’existe aucune limite à ce qui est possible, si on est prêt à mettre les efforts, les sacrifices et le travail pour y parvenir. Je tente de vivre au diapason avec mes valeurs et mes objectifs, autant que possible. Le prix a payer en vaut largement la chandelle. Mais avant de pouvoir y parvenir, il faut avoir les idées claires. Et c’est un processus de tout les instants, de garder l’esprit alerte, de rester conscient. Il faut parfois des petits détours avant de retrouver son chemin, mais on réalise après coup que ce détour n’en était pas un. Chaque détour nous apporte quelquechose, et s’inscrit dans notre parcours avec une grande logique. Mais il faut parfois un peu de temps pour avoir cette perspective.

Le bonheur est assis (dans mon salon)

Note pour débuter: Il est 19h40, je n’ai pas soupé, je rentre du travail après un trajet d’autobus absurde dans la tempête hivernale montréalaise, prisonière de l’autobus qui faisait du surplace dans la neige pendant plus d’une heure et des haleines fétides des autres passagers (et à me battre avec un journal aux pages trop grandes pour être tournées sans déranger 4 personnes dans l’autobus bondé). J’ai décidé d’écrire ce billet tout d’un trait, après des mois de disette littéraire ici. C’est comme ça, bon. Je devrais être en train de faire le souper. Mais non, j’écris ici.

On ne peut pas s’assoir sur son bonheur, c’est bien connu. Mais le bonheur peut s’assoir dans notre salon, moi je le sais. La preuve: il est bien calé dans mon divan vert (en coin). Il prend toujours le coin. Moi je prends l’autre. C’est ça qui est bien avec les divans en coins. Ils ont plusieurs coins. Donc il y a davantage de place pour le bonheur. Et il y a même de la place pour étendre ses jambes dessus, bien confortablement.

Un grand divan comme ça est parfait pour une famille. Ça tombe bien, j’en ai marié une, une famille. En fait j’ai marié un homme qui avait déjà une famille. Trois enfants en fait. Mais ils sont assez grands, ils entrent de plein fouet dans l’adolescence (en fait le petit benjamin entre au secondaire), donc ils viennent moins s’assoir sur notre divan vert. Ils sont souvent ailleurs. C’est comme ça la vie. Donc moi je me dis que maintenant que j’ai un bonheur avec un grand divan, faut bien faire une nouvelle famille pour mettre dedans.

Tiens, la voisine en haut du divan vert commence à jouer du piano. C’est drôle, moi qui ai tant demandé un piano, j’en ai un, en quelque sorte. Comme la famille. Ma voisine d’en haut joue assez bien, des choses jolies et douces, comme j’en jouerai si je savais. Mais je ne sais pas, ou pas encore, et je n’ai pas de piano. De toute façon, elle en a un, et elle joue ses choses jolies, bon. Mais je divague. Revenons à mon bonheur dans son divan.

Maintenant que mon bonheur est bien assi dans mon grand appartement d’Outremont, je suis arrivée là où je voulais être. J’ai franchis l’étape cruciale de rassembler mon énergie, éparpillée depuis longtemps dans diverses quêtes. Quête de l’accomplissement professionnel et artistique, quête de l’amour, quête de l’équilibre, quête du lieu de vie rêvé. Voilà. Maintenant je suis dans une quête où je ne peux vraiment aller chercher l’objet moi-même. La quête d’avoir un enfant. Je dois être passive (dans le sens d’attente psychologique, pas dans le sens physique de la chose, entendons-nous bien). Je dois psychologiquement ne pas attendre l’enfant. Ouf. Méchante affaire.  » Comment on fait ça docteur, ne pas attendre d’enfant quand on voudrait en attendre un, histoire de ne pas mettre de pression indue sur les chances de conception? » Ichhh. Je ne sais pas. Faut rien faire, laisser faire, et le faire (dans le sens de).

Première stratégie, glanée auprès d’amies fertiles et mères (ou enceintes jusqu’aux yeux): faut le faire aux deux jours. Conseil en prime: « tu as un thermomètre? ». Ok. Réctification du gényco, deuxième stratégie: faut le faire le plus souvent possible. Ok. Noté. Moi: « Chéri, on esssaie? » Un homme est toujours heureux de se faire demander de faire l’exercice de procréation le plus souvent possible (genre vraiment souvent, ce qui fait monter l’indice de bonheur masculin, et féminin par la bande, sans jeu de mot douteux). Mais bon, je ne suis pas une machine non plus. Troisième avis de mon ostéopathe (plein de bon sens, prône le naturel): « il faut laisser monter le désir. Et vous voulez un conseil en prime? (ben tiens, j’en manquais justement de conseils) Laissez tomber le thermomètre, ça met de la pression indue. » Ahhh. Ça j’aime bien. Donc mon termomètre s’enpoussière, et mon désir monte. Tout va bien.

Sauf que… dans la réalité, à chaque fois que l’évêque arrive en ville (pour reprendre une jolie expression d’une autre époque): déception. C’est immanquable. colère, déception, pointe de tristesse. Comment ne pas tomber dans le panneau? Je ne sais pas. Rester zen, ce n’est pas dans ma nature naturelle: il faut que je travaille fort pour y arriver. C’est plus naturel chez mon homme, fort heureusement. Disons qu’il faut que je me calme le ponpon: j’ai 34 ans, et nous essayons d’avoir un enfant depuis seulement quelques mois, suite à une délicate opération pour renverser une vaséctomie. Calme. Respirons par le nez. En attendant, je savoure mon bonheur dans mon divan.

Changements synchronisés

C’est aujourd’hui que les nouveaux propriétaires emménagent dans l’ancienne maison de mes chers grands-parents à McMasterville. Je suis très heureuse car c’est une famille avec trois enfants, dont un jeune bébé. Ce sont des immigrants français. Ils comptent refaire le grand jardin, autrefois entretenu avec soin par mon Parrain et ma Marraine. Mes grand-parents adoraient jardiner dans leur potager, et leur jolie maison de banlieue était bordée de parterres de fleurs et d’arbres fruitiers. Les nouveaux venus pourront poursuivre cette tradition. Les nouveaux arrivants amènent avec eux leur piano qui résonnera entre ces murs qui ont connus tant de moments heureux, tant de rires, tant de chansons et d’amour. Je leur souhaite un grand bonheur dans cette maison de soleil, où mes grands-parents ont vécu la plus grande partie de leur vie, après leur arrivée de Belgique. Mes grand-parents étaient des immigrants, avec trois enfants et un piano.

Comme si ce n’était pas suffisament de coincidences, c’est aujourd’hui que les nouveaux propritétaires emménagent dans notre ancienne maison de Bois-des-Filion. C’est une petite famille qui prendra place dans notre ancienne maison de la banlieue nord. Je leur souhaite aussi tout le bonheur possible dans cette maison où nous avons été très heureux, près du grand pin avec tous ces oiseaux qui chantent près de la rivière. Nous leur avons laissé une mangeoire d’oiseaux suspendue au pin, car je ne pense pas que les geais bleus et les chardonnerets auraient suivis à Outremont. Quoiqu’il faudrait bien essayer pour voir…

Bientôt la nouvelle vie!

Nous sommes heureux et comblés. Les enfants sont comme des petits oiseaux qui font chip-chip-chip avec des sourires dans leurs chansons. Ils sont tout-à-fait prêts pour ce déménagement en ville, dans un joli quartier familial. C’est incroyable de penser qu’il y a un an, ils proclamaient haut et fort leur mécontentement devant nos projets de déménagement urbain « éventuel »: «nous ne voulons pas quitter Bois-des-Filion, oposition totale après cocus familial» (le cocus familial, c’est leur trio). Nous avons été patients, en leur expliquant comment se déroule la vie en ville; ses avantages, ses agréments, ses parcs, ses boutiques chouettes de tous les pays, ses petits restos, ses lieux culturels, son architechture, ses quartiers si divers, les gens qu’on y rencontre, tous les amis qu’on peut s’y faire, la multitude d’activités possibles… Amoureuse de Montréal comme moi, la tâche fut sans douleur, et les arguments très faciles à comprendre (et persuasifs). Le plus gros avantage serait d’y retrouver leur papa plus tôt, car le retour à la maison se fera pour lui en 20 minutes, plutôt qu’une heure trente. Pas négligeable, quand même. Surtout quand on a un papa comme le leur, on a envie de l’avoir plus souvent avec nous…

Quand à nous (les adultes du clan), c’est le dénouement d’un chapître de notre vie, pour en débuter un nouveau. C’est en fait le chapître premier d’un nouvel épisode! Je vous écris depuis mon portable dont j’ai oublié la souris à « l’autre maison » et c’est la dernière fois que ça arrive!
[ J’ai aussi oublié les tomates pour me faire mon dîner dans « l’autre » frigo, et un papier à faxer sur « l’autre » bureau, mes vitamines sur « l’autre comptoir » et mon baume à lèvres dans « l’autre salle de bain » – j’exagère à peine]. Bientôt, tout sera dans un seul lieu; terminé les objets, les papiers, la nourriture « oubliée » à l’autre endroit. Je soupire d’aise. Il y aura une place libérée dans ma tête pour faire autre chose que de la planification domestique de gestion des déplacements des objets, des documents et des personnes. C’est comme l’abolition d’un ministère inutile pour distribuer les ressources plus efficacement.

Bientôt le Portugal

J’ai vraiment hâte de découvrir ce pays, sa culture, son architechture, son peuple, son vin et son assiette. J’ai soif de monastères, de châteaux fortifiés, de plages et de villages dans des vignobles. Très hâte de découvrir, d’explorer, aux côtés de mon amoureux.