Silence, la rivière coule

Certains moments dans la vie sont portés par des états de grâce. Il faut se laisser le temps de s’habituer à vivre ses rêves. Mais l’habitude est un danger, elle amortit, retire le mordant, amène la passivité. Après un effort, j’ai tendance à vouloir me reposer. Mais si on obtient ce que l’on cherchait, on a pas réellement droit au repos. Il faut foncer encore, car la vie doit être saisie au vol. Le paradoxe de l’éloge de la lenteur et de l’intensité de la vie m’habite toujours. En fait, il faut savourer son bonheur, et non pas s’y habituer. Pour moi, le gage d’un bonheur vivant passe par la créativité et l’action. Ne rien faire fait rôder une angoisse sourde. Même si ronronner sous la couverture, avec un café un un bon livre, apporte de doux moments.

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Rire sur la ville pour dissiper les fausses colères tordues
de mon balcon j’avale la lumière par les yeux, j’inspire
je rêve de repos sur une plage pour laisser libres mes cheveux et ma folie

tant de temps perdu
à distiller des angoisses vaines
dans des rumeurs faméliques où la fin du monde plane et rode

retrouver la légerté entre les touches est un leurre
elle se trouve dans l’air libre
les vagues les filantes ou le roc salvateur

ponctuer les rires de bordées franches de bonheur
oser
ne rien regretter
ne pas tartiner l’amertume des doutes et des angoisses

savoir vivre par la racine
savourer le dernier ciel
comme le premier

Plaisirs: chapitre 4 (Farniente) from Yannick B. Gelinas on Vimeo.

Moment de magie

Oui, au moment où l’est des États-Unis est ensseveli sous la neige, Vancouver et Montréal sont sans neige, ou presque. Mais nous avons eu le bonheur d’avoir une belle bordée le 2 janvier, si ma mémoire est bonne. Le billet qui suit a été rédigé (et vécu) suite à cette belle petite tempête hivernale.

La neige tombe encore, recouvrant la ville d’un manteau blanc douillet et feutré. Une blancheur légère, avec de gros flocons qui s’agrippent aux choses, aux gens. Nous sortons avec nos skis de fond, alors que les conducteurs de voitures garées sur la rue peinent avec leur pelle pour extirper leur véhicules des bancs de neige gourmands. Bien emmitouflés dans nos manteaux, sourire aux lèvres, nous chaussons nos skis au pied de notre escalier urbain. Notre piste sera ce chemin qui normalement est un trottoir pour des piétons pressés et autres promeneurs de chiens. La neige est molle et sèche, les conditions parfaites. Elle a lavé la ville de ses griseries, recouvrant arbres, rues et trottoirs d’une épaisse robe des beaux jours. Nos skis glissent comme un canot sur le lac, sur cette blancheur glacée, cette autre forme d’eau qui est un cadeau aux amoureux de la nature que nous sommes. On se dit que les pistes cyclables urbaines devraient bien être transformées en pistes de ski de fond tous les hivers. À chaque arrêt au coin des rues, les chauffeurs surpris semblent heureux de laisser passer les skieurs du dimanche que nous sommes (c’est dimanche). Les piétons gloussent de plaisir, les pelleteurs sourient, les promeneurs saluent, les voisins commentent. « C’est beau? » – Oui, c’est vraiment magique.

Savourer l’été

C’est ma saison préférée. En fait, j’adore toutes les saisons, mais je me délecte des grandes chaleurs et du soleil brûlant. J’aime l’été-tropique. Au Québec, traditionnellement, la période de canicule dure deux semaines, trois, si on est chanceux. J’attends encore. Mais la saison, malgrés les pluies abondantes, est quand même belle. J’adore les fleurs partout, les enfants dans les rues, la crème glacée et les vêtements légers. J’adore ma ville quand elle est comme un petit champagne, tout pétillant de bonne humeur estivale, toute parée de ces 1001 carnavals et de sa pluie de festivals (sans jeux de mot). J’aime les fenêtres ouvertes, les chats de ruelle, les vélos nombreux. J’aime les parties de tennis, les baignades à la piscine, les escapades en campagne, les pique-nique et les appéros sur la terrasse. J’aime les hammacs et les palmiers qu’on met dehors sur la galerie. J’aime les conversations de coin de rue avec les voisins, les trotinettes, les musiques qui résonnent par les fenêtres grandes ouvertes. J’aime les fêtes de rue, les jeux d’eau, les jardins, les BBQ et les nuages d’été, roses et mauves. L’été me rappelle qu’entre mes zones grises, je suis parfois légère, très légère.

Petits bonheurs

Inspirée par Dominique
13 petits bonheurs… from Bienvenue chez nous! by

Voici les miens
1. Prendre le temps (de contempler, d’aimer, de rire, de danser, de faire du yoga, de chanter, de découvrir)
2. Écouter un bon film avec mon homme ou voir un bon show avec lui (musique, ciné, danse, théâtre) ou avec les enfants
3. Découvrir un nouveau band en spectacle par hasard
4. Travailler à des projets stimulants
5. Partager un repas avec ma famille ou des amis
6. Aller à un party à la campagne (qui dure plusieurs jours!)
7. Voyager
8. Jouer dehors (en découvrant la nature)
9. Lire couchée dans mon hammac, au soleil, sur ma galerie fleurie
10. Faire du canot-camping
11. Préparer un bon repas et le savourer
12. Savoir que ceux que j’aime sont en santé
13. Partager mes bonheurs…

Et vous? Vos petits bonheurs?

Bruits d’été

La chaleur s’installe sur Montréal. Au loin, j’entends des cris d’enfants qui portent au-dessus des grands arbres d’Outremont. J’imagine que ces cris de joie proviennent des jeux sur l’eau des piscines municipales – je sais que c’est mon imagination, mais c’est agéable-. Ces sons se trouvent associés pour moi à l’été et aux Vacances, au soleil et aux terrasses, aux balades légères et aux appéros de fin d’après-midi, à la liberté et à l’amitié.

Au tournant du chemin

La vie est une marche perpétuelle. Ma petite vie a commencé dans un sentier dans la forêt (cui-cui). Après l’enfance et l’adolescence, j’ai trouvé ma voie qui s’ouvrait dans une clairière. Tout était très clair, sans être précis. Je voulais tout (comme dans la chanson d’Ariane Moffat): l’amour et l’épanouissement de l’artiste que je sentais en moi. Pendant de nombreuses années, j’ai marché sur un chemin de terre. Le petit sentier de gravelle de mes 20 ans s’est élargit de plus en plus, en une belle route, pleine de perspective. Le monde autours de moi changeait, et j’évoluais avec lui. J’observais, de loin, le bout du chemin. Au bout, je pouvais voir, il y avait la mer. Cette grande étendue d’eau, vaste et belle, hypnotisante et magique, c’était la vie devant moi. Je sentais l’excitation monter en moi, de rejoindre bientôt la mer, en savourant bien chaque moment de plaisir en route, en prenant conscience de tout un peu plus à chaque pas posé à même le sol brûlant, chaque pose sur le sol glacé.

Je sentais qu’en retrouvant le mer, ce serait une étape imortante, une toute nouvelle perspective. J’ai toujours avancé avec une belle liberté, sans perdre la mer de vue, mais en me trompant un peu de chemin parfois. Errances émotives, découvertes professionnelles, explorations à tous les niveaux. Ma route prenait son sens dans mon avancée, parfois ralentie par les fleurs du tapis, en d’autres moments accélérée par mon enthousiasme et ma passion pour la vie.

Toujours est-il que je suis arrivée au tournant du chemin, face à la mer. Comme quand le sentier de gravelle devient en asphalte, et que ça roule soudainement sans bruit: krrrrrrr, tchlak, ffffffffffffffff. Et dans ma tête, les tambours, la joie. Je suis en bordure de la mer, je la hume, j’y touche bientôt. C’est beau et grand. J’ai trouvé mon Grand Amour il y a quelques années (oui ça existe), nous avons fait notre nid en ville (je suis comblée), nous voulons un enfant (bien lire: non, je ne suis toujours pas enceinte) et j’ai de nouveaux défis professionnels qui correspondent en tout à ce que je cherche à accomplir depuis de nombreuses années (pincez-moi, je ne rêve pas).

Et maintenant, je fais quoi? Je fonce, encore. Et je n’ai pas l’intention d’y aller à la nage.