Se faire du bien

J’ai confié mes états d’âmes vacillants à une amie. Elle m’a simplement conseillée de me faire un petit plaisir par jour. Alors je dresse ici la liste des choses que j’aime et qui me font du bien:

– Écrire des billets
– Parler à des amis
– Lire mon journal avec un café au lait
– Sourire pour rien, spontanément
– Pardonner
– Manger des chips crunchantes
– Faire du ski de fond (avec ciel bleu)
– Faire du Yoga
– Chanter
– Écrire un bon texte
– Avancer (dans le sens: éliminer un item de la « to do list »)
– Prendre le temps

Publicités

Se sentir pas bien

Angoisse pure à couper au couteau. Pleurs inutiles incontrôlés. Démotivation. Envie de rien. Peur au ventre. Peur de je ne sais quoi, de tout, de rien. Mollesse. Regard terne. Cernes bleutés. Mais en même temps, je sais que ce n’est pas une dépression. On me dit que je pars demain au Mexique pour un break à me balancer dans un hammac: je me sens en pleine forme. On m’annonce que je pars en retraite de yoga pour une semaine, je pète le feu (ben, presque, mettons). On m’envoie tourner une émission de cuisine en thailande, je suis enchantée. On me donne du financement pour faire mon prochain projet documentaire, j’exulte. C’est le quotidien qui m’assome, cette sensation étrange de me sentir complètement débordée, alors que j’ai tout en main pour parvenir à mener à terme tous mes engagements professionnels. Je me sens lasse, excessivement fatiguée dans ma tête. Je suis floue. Trop de caps professionnels à tenir en même temps, une sensation désagréable de ne pas avancer assez vite, de stagner. Manque de patience avec les enfants, évidemment. Lassitude d’être toujours en transit, entre l’appartement montréalais et une maison en banlieue. C’est idéal, pense-t-on, avoir deux lieux de vie: quel luxe. Mais non, finalement, ce n’est pas si chouette. Je n’aime pas la banlieue, et mon appartement demanderai qu’on y investisse du temps et de l’énergie pour offrir une meilleure qualité de vie. Déménager en un seul lieu assez grand pour tous? Oui, mais pas tout de suite. On doit attendre le bon moment. « Patience et longueur de temps valent mieux que force et rage » dit le dicton. Pffff. Les dictons, ça m’énerve.

CV en mutation

Je viens de mettre mon CV à jour. Toujours un moment idéal pour prendre conscience du chemin parcouru. Et je réalise que mon CV de « créations multimédias » prends une pause en 2005. Date à laquelle j’ai commencé ce carnet. Alors, la couturière du multimédia que j’ai été se recycle en bloggeuse? Que dois-en conclure?

1) Une journée ne comporte que 24 heures, et la création pure demande quelques heures de plus à une journée.
2) Que le temps des blogues me fit entrer dans une ère contemplative qui porte le joli nom de procrastination (en résulte une diète sévère à l’énoncé #1).
3) Que cette année coincide aussi à ma rencontre avec l’homme de ma vie, avec qui je préfère passer mes temps libres à moults usages créatifs agréables plutôt que de passer ces heures supplémentaires devant mon écran à faire de la « création multimédia ».
4) Toutes ces réponses.

Sans regrets

Je publie ici une réponse que j’ai fait à un touchant billet de Grande dame:

Avant le décès de mon grand-père, lors d’une visite chez lui, j’avais amené ma caméra vidéo. Je lui ai demandé si il acceptait que je le filme, pour lui poser quelques questions sur sa vie si riche. Il a dit non, pas maintenant, je suis fatigué. Nous savions qu’il était trop tard, que cette entrevue aurait été possible quelques années auparavant, même quelques mois, mais là, il était trop tard. La caméra est demeurée dans le coffre arrière de la voiture. Nous avons bavardé doucement, et il m’a raconté des choses très belles sur sa vie, ses joies, sa satisfaction des choses accomplies. Étrangement, je n’ai jamais regretté de ne pas l’avoir filmé. Il était l’ombre de lui-même, affaibli par le cancer, et le souvenir n’aurait pas rendu justice à l’image de l’homme jovial et énergique qu’il était. J’ai la douce conviction que sa mémoire vivra un jour dans un roman qui relatera sa vie. Ce récit, je l’espère, saura partager au monde toute la force et l’inspiration de cet homme qui sera toujours un modèle pour moi.

Paresse et discipline de création

Joie. C’est mon thème pour cette nouvelle expo que je prépare.
Je vais sortir de l’écran, pour l’Agence topo. Pour une performance-installation de poésie.
http://www.sortirdelecran.ca/

Paresse

Je suis en train de me demander si je ne vais pas accueillir les gens en pyjamas dans la galerie d’art. Parce que je me sens terriblement paresseuse. J’aime dormir. Je trouve les oreillers blancs et les couettes de plume d’une incalculable poésie. Je trouve que les matelas confortables sont des nuages de paradis. J’aime ne rien faire, réfléchir à la lumière, écouter les gouttes d’eau qui tombent, le vent dans les fenêtre, la poussière qui danse dans le soleil. Je suis contemplative. J’aime aussi ne rien faire de façon constructive: lire mon journal (au lit), par exemple.

J’admire tous ces créateurs qui ont une discipline de fer: lever à l’aube, heures de rédactions de recherches planifiées, structurées, efficaces. Compte-rendus, rendez-vous d’affaire, planification, entrainement, cours de ressourcement, organisation. Zéro procrastination. Chapeau. Je n’y arrive pas. Je suis paresseuse. Certains en doutent car ils voient mon CV et une liste longue comme ça de projets, mais c’est de la poudre aux yeux: je fais des projets de création depuis 1996! Et même, avant ça si on prend en considération tous ces cahiers remplis de textes, d’idées, de scénarios, de projets, de chorégraphies, d’histoires, et surtout de poèmes que j’ai rempli depuis mon plus jeune âge. Heureusement, j’ai eu suffisament de cette foutue discipline pour trier et publier ce que je considère comme le meilleur de ces textes épars!

Marrathon de création

Je pense que je suis davantage une courreuse de fond de la création. Pour preuve: je termine enfin mon documentaire sur Paul-André Fortier et son solo 30×30. J’ai réalisé, monté et produit le film seule, avec l’argent que Fortier danse à réussi à nous dégotter pour faire le projet (financé par le Conseil des Arts de Montréal). Je suis très heureuse de la musique composée par le talentueux Martin M. Thétrault. En ressort donc un documentaire de 52 minutes: Journal d’un danseur nomade. Le film fait le récit du projet fou de Fortier: danser 30 jours en ligne, pendant 30 minutes, dans des lieux urbains surprenants, beau temps, mauvais temps, sous le nez des passants. Le périple se déroule de NewCastle (où je suis allée filmer il y a deux ans), à Yamagushi, en passant par Nancy, Ottawa et Montréal. J’ai passé un très grand nombre d’heures à tenter de tirer un film intéressant de ces dizaines d’heures (plus de 20) d’images de performance. J’ai volontairement omis toute entrevue du film assez rapidement. Soyons francs: Paul-André n’aime pas tellement les entrevues. Mais il m’a ouvert son journal de voyage avec générosité, et j’ai pu en tirer un récit narratif très intéressant pour comprendre son parcours, en réponse à des images qui parlent déjà beaucoup. La musique de Martin est venu rendre tout ce tableau beaucoup plus homogène et fluide, il a complètement réussi à rendre les textures et les ambiances que j’entendais dans ma tête.

Mais je dévie. Je vous entretenais de ma paresse. Elle est relative, au fond. Je suis quand même en train de faire 5 projets de front: finaliser ce film (la ?#$#%$ de distribution), monter « Joie », préparer un nouveau contrat pour le conseil des arts, clore l’Émission-VOX et entreprendre des nouvelles chroniques pour Premières vues, toujours à VOX. Mais je fais quand même des siestes. Faut dire que je me suis levée à 6h00… Quand je vous disais que je suis paresseuse…

Banlieue vs ville… (saga)

Je réponds ce matin à un très bon commentaire écrit par Marie-Michèle Poisson sur un billet écrit précédemment. Aussi posté sur mon billet « où vivre« .

***

Merci Marie-Michèle de cette généreuse réflexion. Elle coincide superbement avec mes discussions de ce matin avec mon amoureux. Alors que nous étions dans le train qui quittait la banlieue pour venir travailler en ville, nous pensions justement à l’adaptabilité des enfants (nous en avons trois; 10, 12 et 14 ans, et nous planifions en avoir un nouveau le plus tôt possible). Les enfants ne seront pas déracinés de leur banlieue car ils connaissent déjà la beauté de la ville, et tous ces avantages. Quand à un nouvel enfant, il grandira dans un milieu de vie où la voiture ne trône pas en reine.

Votre discour fait écho à toutes mes réflexions: laideur adsurde d’un urbanisme axé sur l’automobile, abscence de stratégie de développement et expansion des logements et des commerces. Et la cerise sur le gâteau: manque flagrant de poésie. Oui, je parle de poésie, car pour moi il est clair que la banlieue fait face à un manque criant de beauté. Et à un manque de logique dans son fonctionnement!

En fait, je pense qu’une banlieue intelligente pourrait émerger d’une réflexion sur sa structure. Certains quartiers européens (en Allemagne, au Pays-bas) ou californiens sont développés sous forme de villages d’où la voiture est proscrite. Les services offerts par des petits commercants locaux sont centralisés dans un place publique centrale autour de laquelle sont placés les logements, à quelques centaines de mètres (agréables à marcher). Des aires publiques sont aménagées pour que les gens puissent profiter des agréables espaces verts et des grand arbres magnifiques laissés intactes lors de la construction du quartier. Les services de transports en communs menant vers la ville sont efficaces et réguliers, et les trains confortables permettent de gagner le lieu de travail en 30 minutes ou moins.

Rêve? Non! C’est possible! Et pourquoi pas chez nous?

Entre bonheur et colère

Des pensées se bousculent dans ma tête. Tant de choses à vivre, à partager, à débattre. Dans le feu roulant de l’action, il y a des bribes de temps suspendu où je médite. La vie qui s’immisce entre les interstices de quotidien, entre les miettes de pain brûlé, la vie dans l’attente du prochain métro, du prochain rendez-vous, du prochain courriel à envoyer. La vie dans le sourire d’une serveuse au café du coin, la vie dans la nonchalence des passagers de l’autobus qui va vers le casino, la vie dans le froid vibrant et le ciel bleu sur l’Île-Saint-Hélène. La vie dans les préoccupations lourdes de l’adolescence que je vois fleurir sous mes yeux. La vie qui bat de l’aile chez les gens qui viellissent et que j’aime. La vie grouillante et explosive de l’enfance qui se déploie. Je suis témoin de tout cela, j’observe, je note. Je surligne les beautés. Je me choque pour les laideurs. Et puis tout passe. Tout finit toujours par passer. En attendant, j’en profite bien. Parce que la vie est là, avec le bonheur, tout ce qu’il y a à prendre, tout ce qu’il y a à vibrer, à pleurer de joie ou de tristesse. Alors je la prends, la vie, au complet. À bras le coprs (bon, parfois je grogne un peu, mais quand même, je l’aime, la vie). Car, ne vous en déplaise, nous ne serons pas éternellement là pour en profiter, même si la société de consommation s’évertue à nous laisser croire le contraire.

Bon, là j’ai dit des choses jolies. Mais j’ai aussi des colères qui bouillonnent en moi. Toute cette satanée surconsommation, toute cette stagnation politique face aux drames humains, face aux conflits sociaux, face à l’injustice sociale flagrante, face aux graves situation à décrier dans notre société, et dans celles des voisins. Je suis en colère face à l’inaction politique et sociale lorsqu’il est question d’environnement et de solutions écologiques. Je suis en colère de voir toute cette ignorance crasse qui englue les cerveaux les mieux intentionnés. Je rage face à l’inconscience, au manque de sensibilité et à l’égoisme flagrant qui empâtent trop d’individus.

Alors, je fais quoi avec toute cette colère? Bon, je vais aller méditer pour me calmer.