Hommage à Ferdinand Borremans

Mon cher Parrain (mon grand-père) nous a quitté il y a un an. Vous aviez peut-être lu les textes sur son départ que j’ai publiés ici-même l’an dernier. Un texte-hommage a été publié dans L’Oeil régional de cette semaine, pour les gens de la région de Beloeil, et pour tout le monde sur le site de l’Oeil régional.

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La douleur et la tristesse sont maintenant chose du passé. Il ne reste qu’une foule de bons souvenirs. Et une peine douce, sous forme d’ennui. Comme on s’ennuie tant d’un être cher qu’on a pas vu depuis longtemps. J’aimerai tant seulement aller prendre une bière avec lui et parler de tout et de rien. Surtout l’écouter. Qu’il me chante ses chansons en flammand. Et entendre son rire éclater si fort.

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Sans regrets

Je publie ici une réponse que j’ai fait à un touchant billet de Grande dame:

Avant le décès de mon grand-père, lors d’une visite chez lui, j’avais amené ma caméra vidéo. Je lui ai demandé si il acceptait que je le filme, pour lui poser quelques questions sur sa vie si riche. Il a dit non, pas maintenant, je suis fatigué. Nous savions qu’il était trop tard, que cette entrevue aurait été possible quelques années auparavant, même quelques mois, mais là, il était trop tard. La caméra est demeurée dans le coffre arrière de la voiture. Nous avons bavardé doucement, et il m’a raconté des choses très belles sur sa vie, ses joies, sa satisfaction des choses accomplies. Étrangement, je n’ai jamais regretté de ne pas l’avoir filmé. Il était l’ombre de lui-même, affaibli par le cancer, et le souvenir n’aurait pas rendu justice à l’image de l’homme jovial et énergique qu’il était. J’ai la douce conviction que sa mémoire vivra un jour dans un roman qui relatera sa vie. Ce récit, je l’espère, saura partager au monde toute la force et l’inspiration de cet homme qui sera toujours un modèle pour moi.

Deuil

Mon cher Parrain est décédé il y a quatre mois. Il était malade, atteint du cancer depuis plus d’un an. Il avait 83 ans. Il est parti dignement, comme un chef. Il est décédé un vendredi. Le mardi précédent, un après midi d’une journée très chaude de mai, nous avons pris une bonne bière belge ensemble. Une Leffe, que nous avons désaltérée et savourée dans un « aahhhh » commun. Ce moment est gravé à jamais dans ma mémoire. J’avais une grande complicité avec cet homme calme, au sens de l’humour légendaire. J’adorais discuter avec lui; parler de politique, d’actualité, d’environnement, de la sitation internationale, de l’histoire. J’adorais l’entendre me raconter ses histoires de vie, ses voyages, son enfance. J’adorais partager avec lui mes récits de vie, mes succès professionnels, dont il était fier (je le sais sans qu’il me l’ai jamais dit directement, je le sentais).

J’ai vécu le deuil de son départ assez sereinement, avec beaucoup de peine, mais une grande paix aussi. Il est parti sastisfait de sa vie, il a vécu heureux, il a accompli de belles et grandes choses. J’étais très fière de lui, de tout ce qu’il avait fait pour sa communauté. Il est parti me sachant heureuse, avec une vie devant moi pleine de potentiel. Il a eu un bel adieu, en grande, avec les pompiers comme porteurs et le drapeau de McMasterville en berne, municipalité de la Rive-Sud de Montréal pour laquelle il a été maire pendant plus de vingts ans.

J’ai pleuré son départ. La vie a repris son cours. Je pense très souvent à lui. Et le temps passe. On intégre doucement l’idée de la mort, du départ définitif d’un être aimé. Mais c’est très étrange d’apprivoiser l’abscence. Le temps passe, et c’est avec un grand sourire que je me souviens parfois de lui, de ses blagues, de ses grimaces, de ses chansons, de son rire. Parfois des vagues de tristesse m’envahissent, comme ce soir, alors que je m’ennuie tellement de lui. J’aimerai seulement aller le voir pour lui raconter mon nouveau travail et la semaine satisfaisante que je viens de terminer. On aurait pris une Leffe ensemble, sur sa galerie arrière, avec ma Marraine chérie à nos côtés. On aurait cogné nos verres pour souligner son anniversaire.

Lundi mon Parrain aurait eu 84 ans. Ce soir j’ai bu une bonne Leffe en écrivant ce texte, et c’est avec vous que je partage ce moment. Alors tous ensemble nous pouvons lui souhaiter: Bonne fête, mon Pilou!