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Ton moteur ne tourne pas rond!

… Et pendant ce temps nous vivons la pire crise écologique causée par les humains depuis la nuit des temps. 

Aujourd’hui je me sens particulièment découragée… Comme un éclair de conscience, cette conscience que j’avais mis en veilleuse pour vivre le moment présent, seulement, et le déménagement du Québec vers la Californie, mon installation ici, la venue des enfants en visite pour quelques semaines de tourisme frénétique. Mais là, la réalité me rattrappe en plein visage. La brume s’est levée sur San Francisco, et je vois clair. Ce n’est pas facile à porter!

Dans la rue, je suis arrêtée en vélo pendant une dizaine de minutes, et j’observe cette dame derrière le volant de son SUV. Elle est garée tout près de moi, affairée sur son ordinateur portable. Son moteur tourne toujours, les vitres baissées. Il fait un temps superbe sur San Francisco, ni trop chaud, ni trop frais. Mais si elle voulait la climatisation, elle fermerait ses fenêtres, non? Enfin bref, je m’approche. Je décide de jouer les écolos-emmerdeuses. Il faut. Pas le choix. Question de principe, mais question de planète. J’en ai marre de tous ces inconcsients qui passent leur chemin avec la bénédiction de la société de consommation.

– Je prends une voix calme et douce. « Your engine is running, you know it’s very bad for the environmnent? »

Je n’avais pas vu au premier coup d’oeil, mais la jeune femme était enceinte jusqu’aux yeux. J’étais prête à recevoir des insultes. Mais pas à sa réponse.
– ‘I’m five days to giving birth… don’t bother me’, dit-elle en remontant sa fenêtre pour se protéger de la dangeureuse assaillante que je suis. Elle mit un point final à la conversation par un doigt d’honneur qui se voulait agressif (arme ultime des gens en manque d’argument), mais que je trouvais pathétique de molesse. Donc quand on est sur le point d’accoucher, on bénificie d’un droit spécial de polluer, c’est ça?

J’étais clouée sur place. Cette jeune femme. Enceinte. D’un enfant. Une nouvelle vie dans ce monde. Dans Son Monde à elle. Complètement inconsciente de la planète, de ses dangers, de sa crise mondiale, inconsciente de notre pouvoir à changer les choses qui commencence par tous les milliers de petits gestes quotidiens. Litanie logique que tout humain sur cette terre devrait appliquer à la maison, au travail, en Vacances. MoinsConsommer-ProtégerLaPlanète-ÉviterLeGapillage-Composter-MangerMoinsDeViande-FaireAttentionÀL’Eau-ÉviterLesSacsDePlastique-ÉviterLePlastique-Réduire-PrendreSonVélo-MoinsPrendreL’Auto-ÉteindreSonMoteur-RoulerMoinsVite-UtiliserUneHybride-Marcher-Réutiliser-AchetterUsagé-PartagerSesBiens-FaireAttentionÀSesChoses-BannirLeSuremballage-FaireDurerLesBiens-ChoisirDeLaQualité-ÊtreGénéreux-DonnerDeL’amour. Voilà ma litanie, et celle de nombreux de mes proches et amis (mais pas tous, oh que non, mais des fois des petits bouts). Même mes amies enceintes, oui oui. Mais cette femme, perdue dans son individualisme qui l’aveugle, qui perçoit comme un message agressif mon intention de l’aider, d’aider son enfant qui naitra bientôt à vivre dans un monde meilleur, plus sain, plus vert.

Non, elle n’a pas compris. Mais moi, oui: il faut trouver une autre manière de parler aux aveugles de la crise écologique. Mais comment?

En y repensant, je me suis dit qu’un jour son enfant lui dirait peut-être lui-même de fermer son moteur qui tourne inutilement. Elle aura sans doute oublié ce jour là qu’une freak en vélo lui avait déjà dit, des années auparavant. Dans quel monde vivrons-nous à ce moment là? Probablement un monde très similaire, avec un taux de cancer astronomique qui monte en flèche, des taux d’allergies allarmant et des taux d’asthmatiques qui battent des records inimaginables. Et alors, la madame, elle travaillera encore plus fort, en polluant davantage dans son SUV, pour pouvoir payer les assurances médicales de son enfant malade.

Ouaip. C’est ça qui est ça.

Potager urbain de la controverse

 Voilà qu’un couple de Drummondville décide de faire un superbe potager en facade de sa maison. Et cela fait réagir. Les élus crient à l’entrave au réglement munipical.

 Michel Beauchamp devant sa maison et son potager


 Voici donc ma lettre au conseiller municipal qui demande à ces gens de défaire leur potager
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Bonjour Monsieur Levasseur,

Je vous écris depuis la Californie où j’habite pour signaler mon appui au couple qui possède le potager non-réglementaire en facade de leur demeure, Michel Beauchamp et Josée Landry. J’espère que vous saurez montrer une souplesse à ce réglement afin de laisser ce superbe projet exister. Il fait déjà la renommée de votre région par son audace et son côté avant-gardiste, et ce à travers le monde grâce aux médias sociaux. Je pense qu’il est plus que temps de modifier la législation pour encourager de tels projets.

Dans le contexte écologique mondial de lutte aux changements climatiques, de telles initiatives doivent être fortement encouragées et saluées par nos élus. Je vous demande donc de revenir sur votre décision, et de supporter et d’encourager ces citoyens dans leur belle initiative. La Californie où j’habite est un lieu inspirant où de multiples projets de ce type voient le jour. De tels projets d’influence font ensuite des vagues pour contribuer à rendre le monde meilleur. Je ne vois pas pourquoi Drummondville ne serait pas un tel lieu d’influence et d’inspiration.

Sachez que les années à venir comporteront leur lot de défis à relever dans le contexte actuel: changements climatiques, pénuries de ressources, crise économique. L’autonomie alimentaire et le verdissement sont des solutions efficaces et recommandées par de nombreux scientifiques et urbanistes. Punir ces citoyens serait un geste inaproprié. Les encourager serait tout à votre honneur.

En espérant trouver une lecture attentive, et en souhaitant une réponse positive et votre support à des projets écologiques audacieux,
bonne journée,
Yannick 


Pour signer la pétition

Avoir des enfants, ou pas

Quand on tente d’avoir un enfant depuis plusieurs années sans succès, on traverse plusieurs phases, forcément. Je ne m’étais jamais vraiment imaginée sans enfant avant de savoir l’an dernier que j’avais un problème de fertilité. Entre les moments de tristesse, d’espoir, de bonheur et de déprime, on fait du chemin. Puis arrive ce jour, étrange, où on imagine vraiment vivre sans enfant, simplement. Ce n’est plus un choc, ce n’est plus du regret, ce n’est pas une libération non plus. C’est simplement notre réalité, rattachée à aucune émotion.

Pour la première fois maintenant, je me pose même la question, dois-je poursuivre les traitements d’in vitro? Je me pose la question de façon détachée, sereine, heureuse dans ma vie. Je me sens bien et en équilibre, complète, comme je ne me suis pas sentie depuis trop longtemps. Je suis présentement sans traitement hormonal, en pause avant de reprendre. Et je me demande même si je reprends. Point.

Il y a sans contredit l’épreuve de l’in vitro en tant que tel, mais c’est plus que ça. Je me demande maintenant même si je veux encore des enfants. Un vrai choc envers moi-même, moi qui rêve d’avoir un bébé depuis tant d’années, sans me poser de questions, dans un élan viscéral et complètement irrationnel. Et si c’était ça ma vie. Très bien merci, je suis heureuse. Un homme que j’aime / une famille avec ses enfants à lui / qui sont quand même aussi mes enfants depuis de nombreuses années / qui sont déjà des ados. Une carrière, des projets, des rêves, des voyages à faire, le monde à changer, des gens à aider.

Et la grande question, de se dire: est-ce vraiment un bon moment pour mettre un enfant au monde, dans ce monde en crise, disloqué, éventré, blessé, dont la socitété aveugle et immature refuse de prendre ses responsabilités sociales et écologiques.

Cette véritable question, on l’évite, on la repousse, on la minimise, on se traite de défaitiste d’y accorder de l’importance. Mais c’est une question de grande importance, qui demande une grande lucidité. Pourquoi mettre au monde un enfant dans ce monde malade? J’entends déjà les cris et les fous rires, mais voyons, elle capote la madame. Et bien non, je ne capote pas, je suis lucide. J’entends déjà les arguments nombreux qui fusent: toutes les périodes de l’histoires ont connu de bien sombres époques, des guerres, des destructions, des épreuves innommables, des fléaux, des épidémies, des droits humains bafoués, la torture, la prison, le mal partout qui venait de l’homme. Mais voilà bien en quoi notre époque est différente: si nous avons pu nous relever de toutes ces sombres périodes, la période que nous amorçons sera la dernière de l’humain tel que nous le connaissons, libre et naturel, ayant accès à une planète d’où il est issu.

Nous entrons bientôt dans l’ère de la fin du pétrole, doublée d’une crise des changements climatiques qui va s’emballer de façon exponentielle (ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est 99% de la communauté scientifique), en plus de la perte des milieux naturels et d’une crise majeure de la biodiversité bien au-delà des cycles naturels de disparition des espèces. Au cas où vous ne saviez pas, en faisant griller votre steak sur le BBQ et en sirotant paisiblement votre bière, je suis désolée de vous dire cela, mais on est vraiment dans la merde. Vous vous en doutez déjà, c’est pas Stephen Harper ou Jean Charest qui vont aider à régler le problème (au contraire). Oui bien sûr, il fait beau, le soleil brille, le ciel est bleu, les oiseaux chantent (encore), cui cui, tchik tchik aye aye aye, comme disait l’autre. Mais n’empêche, vous aurez beau l’ignorer superbement, vous serez sur la ligne d’arrivée comme tout le monde, à vous demander dans 5, 10, 15 ou 30 ans, comment se fait-il que personne ne vous avait prévenu que tout serait si difficile dans ce monde post-pétrole. Ah oui, j’avais oublié les importantes crises économiques successives qui vont aller en s’accélérant, résultat de tout ce joyeux bordel.

Je n’ai pas de réponse à savoir ce que sera ce monde de demain, mais une chose est certaine, ce n’est pas du tout celui dont vous parle votre gouvernement qui vous rassure avec un discour économique ronronnant, en parlant de profit et de croissance à tout vent. Ce n’est pas non plus celui que dépeint les médias et encore moins la publicité. Ce mode sera drastiquement différent de celui que vous connaissez. Une chose est certaine, dans 30 ans, votre préoccupation la plus grande ne sera plus le prochain voyage dans le sud (inaccessible par des prix exorbitants réservés aux plus riches des plus riches), mais bien ce que vous réussirez à mettre dans votre assiette et dans celle de votre famille. Les priorités reviendront naturellement à la bonne place, dans davantage de simplicité. Et mettre un enfant au monde maintenant, ça rime à quoi si il doit traverser cette crise sans précédent avec vous (ou pire, sans vous)?

Mettre un enfant au monde maintenant, et bien cela veux peut-être aussi dire se donner le droit de rêver. Et par le rêve, c’est l’unique moyen de réinventer le monde de demain pour s’assurer du meilleur, de bousculer l’ordre établi (qui ne convient pas du tout pour régler tous ces défis). Il faut repenser nos sociétés de fond en comble, en commençant par des projets de communautés locales. C’est déjà commencé, et le mouvement prends de l’ampleur.

*

Tout à l’heure j’ai vu la petite voisine sur le balcon arrière fleuri. Elle dansait comme une ballerine en tournoyant, vêtue d’une robe de princesse bleue. Elle portait les talons hauts de sa mère, beaucoup trop grands. Les talons claquaient sur le bois dans une musique joyeuse. Le soleil rendait une lumière douce et chaude de fin d’après-midi d’été. C’était beau, simple, touchant. Un morceau de poésie du quotidien, qui vous arrache un sourire, et vous force à l’arrêt devant la chance de saisir un tableau si charmant, comme quand on voit un oiseau rare se poser sur une branche. J’aimerais tellement avoir une fille.

L’amour des arbres

La Maison Notman devient la maison du web, un espace de co-working pour les travailleurs du web. Un lieu inspirant pour les jeunes compagnies Internet qui développent des projets ouverts et collaboratifs. Je m’intéresse de près à cette maison et son histoire. Je suis tombée sur des informations où l’on parle des Grands Arbres qui sont dans sa cour. Ces arbres seront bientôt protégés par la Ville de Montréal obtiendront (ou ont déjà obtenu) le statut ‘d’arbres remarquables‘. Des arbres remarquables sont des arbres rares qu’il faut protéger. J’ai trouvé cette information grâce au commentaire de Pierre-Émile Rocray, qui laissait sa trace au bas d’un article du journal Le Devoir.

« (…) la cour arrière renferme quelques gros Érables argentés, mais elle dissimule aussi quelques beaux spécimens de Chicots du Canada. Je suis persuadé que ces individus comptent parmi les premiers arbres de cette espèce ayant été introduits sur l’île, vers la seconde moitié du 19e siècle. » 

J’ai découvert que Monsieur Rocray est ingénieur forestier à la ville, qu’il s’occupe de la Maison des Arbres au Jardin Botanique de Montréal. Je suis aussi tombée sur un extrait d’une conférence qu’il a fait à propos de la symbolique des arbres, et que j’ai trouvé particulièrement éclairante. Voici un extrait de la conférence de Monsieur Rocray:

« Les grands arbres ont un rôle incontournable à jouer sur notre planète car ils sont les gardiens de la Terre et ce, de nombreuses façons. L’Homme fait partie intégrante de ce qu’ils gardent. En un sens, on peut symboliquement les considérer comme une école de philosophes charitables ayant une pureté non humaine et un immense désir de servir l’humanité. Les grands arbres sont vitaux pour toute forme de vie sur cette planète, car ils règlent partiellement les chutes de pluie et attirent des radiations internes aussi importantes et nécessaires pour la Terre, que ne l’est l’eau de pluie. »

« Les arbres sont parfois les hôtes des espaces magnifiques et des grandes collines gorgées de soleil et de vent. Ils ont leur propre archétype et leur destinée, lesquels ont été élaborés au cours des âges, c’est-à-dire depuis près de trois cent millions d’années d’évolution. Les grands arbres ont aussi leur part du plan divin à accomplir et un travail à faire. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ont été créés. Leur archétype se trouve toujours devant eux, inaccessible et hors de portée tel une chimère qu’ils poursuivent dans leur croissance et leur épanouissement. »
« L’Homme contrôle aujourd’hui l’ensemble des forêts du monde, mais il commence à peine à reconnaître et à découvrir combien elles sont importantes et nécessaires. En recouvrant des milliers d’hectares d’une seule variété d’arbres à croissance rapide et sélectionnée pour de simples raisons économiques, l’Homme montre cependant qu’il est inconscient des véritables besoins de notre planète et qu’il ignore plusieurs rôles exercés par les arbres, dont celui d’être un merveilleux canal énergétique entre le ciel et la terre. »
« Il est probable que si l’Homme était comme les grands arbres, c’est-à-dire en harmonie complète avec l’infini, les forces s’équilibreraient. La Terre a désormais besoin de ce qui lui est refusé par l’Homme, c’est-à-dire des forces qui descendent et qui remontent par les grands arbres et qui exercent une influence stabilisante sur la vie des plantes, des animaux et de l’être humain. »

« En abattant les grands arbres, la planète entière risque de devenir incapable de fonctionner, de se dessécher et de mourir. L’Homme se dépouille effectivement d’une certaine partie de lui-même et de son héritage quand il dénude le sol des grands arbres. Ces derniers ne sont donc pas en accord avec cette partie de l’humanité qui pille la Terre, et jamais ni nulle part le fossé entre l’Homme et les grands arbres n’a été plus accusé que dans les endroits où les vieux arbres ont été abattus avec insouciance. Les grands arbres agissent comme une peau protectrice de la Terre, et dans cette peau ils amènent les changements nécessaires. Leur gloire s’élève comme le parfum d’une fleur et bénit tous ceux qui viennent se reposer dans leur aura et dans leurs forêts.
Les grands arbres, gardiens enracinés de la surface, transmetteurs vers la Terre, par le sol, des forces les plus élevées, ont un don à faire à l’Homme en cette ère de vitesse, d’urgence et d’intense activité : un don de calme, de force, d’endurance, de gloire et d’harmonisation raffinée. En somme, tout ce qui est grandement nécessaire dans notre monde actuel. Les grands arbres sont des expressions de l’Amour pour la vie ; expressions d’abondance, d’unicité et de relations communautaires, voire planétaires. »

Cri du coeur écologiste

La nuit dernière j’ai eu un rêve public. J’étais devant une assemblée qui écoutait mon discour. Très émotive, j’avais du mal à contenir ma colère et mon indignation. Mon message était à peut près celui-çi:

Citoyens, réveillez-vous! Les médias, les autorités et les politiques passent sous silence les enjeux les plus important de notre temps. Ils ignorent que l’heure est grave. La priorité n’est pas l’économie dans le sens où ils l’entendent, mais la réelle économie, celle du vrai sens de ce mot dont on a détourné le sens. Économie signifie économiser, faire épargne, éviter le gaspillage et la dilapidation des ressources. Totalement l’inverse de notre attitude insensée.

Réveillez-vous à la réalité: nous sommes dans une crise écologique grave, et nous avons tous le pouvoir de changer les choses, dès maintenant. Mais il nous faut collectivement agir maintenant sans plus attendre, et remettre la biodiversité et la protection de la planète et de ses habitants en toute première priorité. Savez-vous seulement que nous sommes entrés dans la 6e grande extinction? Les 100 dernières années ont vu plus d’animaux et de végétaux et de milieux naturels détruits que depuis des millénaires, depuis la nuit des temps. Nous, humains, avons une responsabilité énorme face à cette planète que nous avons saccagée, en faisant le choix de modes de vie et d’outils toujours plus performants et destructeurs des écosystèmes.

Nous sommes mantenant devant un énorme défi à relever afin de corriger nos erreurs, et d’éviter le pire. Je suis convaincue et optimiste que nous avons les ressources, l’intelligence et le coeur d’opérer des changements profonds et radicaux à nos socitétés afin de lèguer une planète viable et merveilleuse, riche et belle, à nos générations futures. Mais il faut agrir maintenant, en faisant des choix politiques et personnels. Il faut s’investir, faire des choix, et parler de nos choix à nos concitoyens.

Je répète sans me lasser cette fable améridienne: ‘une fois la dernière rivière empoisonnée, une fois le dernier poisson pêché, une fois le dernier arbre coupé, est-ce seulement à ce moment que vous réaliserez que l’argent ne se mange pas?’

Il faut que les médias et les citoyens relaient ce message sans relâche, il faut que les éducateurs le transmettent, et il faut enfin élire des politiciens qui comprennent les changements profonds de paradigmes à appliquer afin de parvenir à transformer notre monde. Soyons cohérents. Freinons la surconsommation, adoptons des modes de vie plus simples, choisissons des options politiques qui s’orientent vers des valeurs de respect de la planète et des humains. Reconstruisons notre monde dès maintenant.

***

Aux prochaines élections fédérales canadienne, je vous invite à voter massivement pour le NDP. Ce n’est pas assez radical selon moi, mais c’est drastiquement mieux que d’avoir un gouvernement Conservateur.

Lettre à Scot Makay à propos de gaz de schiste

Lettre à Scot McKay, Porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement durable et d’environnement

Bonjour M. McKay,

Je suis résidente de Montréal, et je vous écris car je suis extrêmement inquiète à propos de l’exploitation du gaz de schiste. Je n’ai pas pu être présente au débat organisé hier à propos de cet enjeux par votre parti dans Lotbinière, région touchée. Mais j’aimerais connaître votre position, et la position du Parti Québécois, à ce sujet.

Je suis originaire de Saint-Hilaire, et c’est avec une énorme tristesse et beaucoup de colère que j’ai vu que le gouvernement avait donné son aval pour de telles exploitations sans avoir consulté les populations. Est-ce que le Parti Québécois était au courant?

Est-ce encore possible de demander un moratoire sur de telles exploitations? Pouvons-nous espérer des audiences du BAPE sur le sujet? La population ou même le gouvernement a-t-il un pouvoir face à cette industrie qui a les coudées franches? (Mme Normandeau mange dans leur main).

Je comprends que nous ayons des impératifs économiques et énergétiques face à la fin du pétrole en 2030. Mais il est clairement possible de faire autrement que de perpétuer le vieu modèle d’exploitation défaillant et destructeur de nos précieuses ressources. Je n’ai pas envie que le Québec deviennent le nouvel Alberta, qui nous fait honte sur la scène internationale au chapitre environnemental, comme le mauvais élève ne faisant aucun effort pour transformer son économie vers le développement durable.

L’exploitation du gaz de schiste, tout comme l’uranium d’ailleurs, n’est pas une énergie renouvelable, et n’est clairement pas du développement durable, et aucune retombée économique ne peut remplacer l’eau potable, la sécurité des citoyens, et la qualité de vie de ceux-ci. Quelle est votre position à ce sujet?

‘Une fois le dernier poisson pêché, une fois la dernière rivière empoisonnée, une fois le dernier arbre coupé, est-ce seulement à ce moment qu’on va découvrir que l’argent ne se mange pas?’

Yannick B. Gélinas
une citoyenne très inquiète

*
Je vous invite à écrire à Monsieur McKay pour lui faire aussi pars de vos précoccupations.

Mon arbre

Il est centenaire. Très fier et droit, il se tient devant chez moi. Il me regarde bien en face, même si je suis au deuxième étage. De tous les lieux où j’ai habité, je n’ai jamais eu une si grande fenêtre. Elle est superbe, avec sa vue pleine et large sur le coeur de cet érable, avec ses feuilles toutes neuves déployées, d’un vert profond et tendre dans un printemps aux températures farfelues. J’ai laissé passer la jolie période de ses bourgeons, qui éclataient comme des brocolis timides. J’ai pris des photos de son printemps l’an dernier, des bourgeons déployés dans le ciel orange qui va vers la nuit. J’ai même raconté l’hisoire de son Grand Pic, en flagrant délis de buffet all-you-can-eat dans ses branches (c’était un signe de la fin qui approche). Mais surtout; j’ai toujous eu beaucoup de respect pour sa nudité d’hiver, avec ses branches osseuses et tordues comme un vieil homme qui souffre, dont le bois presque gris se couvrait si élégament de ses habits de neige. Ce contraste raffiné de janvier, quand le blanc de l’hiver lui moulait le corps jusqu’au confin de sa plus profonde intimité, entre le creu de ses branches, tout près de son tronc. J’adorais sa robe d’hiver, élégante et japonaise. Nous passions de longs moments à nous regarder, l’arbre et moi, mes yeux rivés sur son « cri » de Munch, là où ses branches avaient formé une cicatrice d’autrefois. J’étais éblouie par le spectacle de son automne vibrant dans le soleil, observant méditative toutes les étapes de ses feuilles qui chageaient de teinte, comme pour se parer divinement pour les plus beaux jours. Par tous les temps, l’arbre me regardait, calme et impassible, craquant parfois sous les vents violents, ployant sous la pluie qui le lavait. J’ai écouté ses feuilles, et ce qu’elle racontaient des vents sur tous les temps, murmurant un dialogue posé ou passionné avec l’air ambiant. Je lui ai si souvent chanté la pomme, en scandant des mentras paisibles face à ses feuilles doucement animées. Il m’a regardé souvent, alors que je faisais du yoga, m’unissant à lui dans la posture de l’arbre. Nous faisions partie de la même fôret.

Et maintenant, la ville l’a marqué d’un trait orange. C’est la marque de la fin. Il sera coupé. On le considère dangeureux. Devant la prudence des autorités, ce viel arbre sans voix devra s’incliner pour toujours.

Déclaration universelle des Droits de la Terre

Les idées et les grands changements arrivent souvent en divers foyers sur la planète, au même moment. Ce concept de sphère de la pensée commune est la noosphère, tel que décrit par le philosophe Vernadski, et popularisé par Teilhard de Chardin. Hier soir, alors que je rentrais de l’éclairante conférence de Pierre Rabhi, où il parlait de l’ugence de changer de paradigme pour sauver la planète, j’ai eu une idée très claire. Foudroyante et très forte, d’une cruelle évidence: il faut faire une Déclaration Universelle des Droits de la Terre. Je me suis dis que cette idée était si pertinente qu’elle devait sans doute déjà exister, ou être en préparation. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que c’est le 24 avril (il y a 5 jours à peine) que le président Bolivien Evo Morales faisait cette déclaration afin de lancer un mouvement international pour la défense de la terre. Logique. Il faut que cette idée fasse son chemin, sans rester prisonière de tiraillements politiques.

Lisez aussi cet article à propos de La Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les Droits de la Terre Mère qui prenait fin le 22 avril 2010 à Cochabamba en Colombie, où le président Bolivien a évoqué la nécessité d’une telle charte. Les bases d’une Déclaration Universelle des Droits de la Terre sont donc jettées, et il faudra travailler fort pour y arriver. On compte ramener cet important objectif lors du Sommet de Cancun en 2011 (suite à l’échec de Copenhague). Après tout, il a bien fallu 2000 ans pour en venir à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. On est maintenant mûr pour aussi protéger notre planète et toute la vie qu’elle abrite.

Jardin sur le toît – Garden on the roof

*

J’ai soumis cette idée au concours « challenge your world« 
Allez voter pour moi!
[short english version at the end]

Réalisation de jardins sur les toîts et de murs végétalisés: pour contrer le réchauffement climatique et les ilots de chaleur urbains, offrir à tous une production maraichère locale fraîche et bio, pour améliorer la qualité de vie des citoyens, pour prolonger la durée de vie des bâtiments, pour contrer le problème de ruissellement des eaux de pluie.

Les toîts des bâtiments (en milieu urbain, en banlieue et en campagne) sont des surfaces au potentiel incroyable. Les magasins grande surface, les édifices publics et les résidences offrent très souvent une structure architecturale adéquate pour accueillir un toît végétalisé ou un petit jardin. Et les nouvelles strucutres en construction devraient simplement exiger de telles normes. Plusieurs projets existent déjà à travers le monde, mais il faut impérativement généraliser cette tendance. Les toîts offent une pleine lumière, des vues superbes, et sont très nombreux. Dans les faits, ils représentent un problème, car ils augmentent la surface non naturelle sur la planète, et absorbent la chaleur. Imaginez un milieu urbain où la majorité des toîts seraient verts et luxuriants! Nos paysages en seraient transformés. Les toîts verts et les murs végétalisés présentent de nombreux avantages écologiques, mais aussi économiques et sociaux.

En plus d’aider à une accessibilité de nourriture à toutes les classes sociales, des toîts verts ont un impact majeur pour contrer le problème de l’étalement urbain et des banlieues qui rognent nos espaces naturels. Les toîts des centres d’achat et autres espaces commerciaux à grande surface contribuent à former des ilots de chaleur qu’on peut combattre par l’implantation généralisée de toîts verts. Les végétaux font baisser la température et filtrent le CO2. De plus, ces terrasses fraîches et accueillantes représentent même un potentiel touristique et commercial très important. Imaginez siroter un appéro en regardant le coucher de soleil sur la ville aux 10 000 toîts verts! Imaginez le bonheur des oiseaux, en plus de celui des humains! Imaginez la transformation des zones de banlieues où les immenses toîts des mégas-surfaces deviendraient de magnifiques jardins où le consommateur pourrait se reposer de la cohue à l’ombre d’une vigne en sirotant son café!

Le projet des jardins sur le toît et des murs végétalisés vient avec celui du compostage. Le recyclage des matières organiques trouverait son utilité et sa nécessité, en offrant une matière riche pour nourrir nos plantes et nos légumes sur nos toîts. Trop souvent, j’entends l’argument « mais si je fais du compost, je fais quoi avec? ». Les toîts verts deviennent la réponse logique et saine à un cycle de vie ouvert qui présente de multiples avantages.

Une entreprise aliant l’expertise d’architectes, d’urbanistes, d’agronomes et de designers pourrait offrir des services qui répondent aux institutions publiques, aux entreprises et aux individus prêts à se lancer dans un mouvement collectif pour la mise en place de toîts verts.*

* Je sais que de telles entreprises existent déjà, et que de nombreux projets de toîts verts voient le jour, mais je souhaite un mouvement collectif pour le verdissement total des surfaces de toîts!


Green roof


To build numerous gardens on the roofs and green walls on commercial, public and residential buildings: a solution to fight climate change, offer fresh vegetables locally produced, improve the general quality of air and life for all citizens, make building last longer, fight rain runoff, and use compost made in apartments and buildings.

Gardens on roofs are the logical solution for ecological and social problems we face, with positive economical impact. The freshly produced organics vegetables can provide food for families who would not have easy access to it. Buildings offer a great surface, transforming the problem of mega-stores into an attractive place to take a breath of fresh air. Imagine new cities and suburbs covered with lush and beautiful green roofs, attracting birds! This change itself can bring a recreational and touristic value to areas making the choice of greener roofs and walls.

* Photo: Renata Gierlach, London, England. « Turf roof near Gol, Norway. Wild garden grown on a turf roof – nature takes over what man has left behind. »