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Logique de l’enfance

Vendredi je faisais des courses au supermarché IGA de ma banlieue nord. Des gentilles dames nous offrent des petites bouchées en dégustation, comme chaque semaine. Ces dégustations sont offertes dans des petits contenants individuels en plastique, avec des fourchettes en plastique. Après chaque bouchée, tout le monde met son « déchet » (à peine sali), dans une poubelle prévue à cet effet. À chaque fois, je suis outrée de n’avoir aucune option de recycler ces contenants et ustensiles de plastique. Benjamin me faisait remarquer que ce serait encore mieux de les réutiliser. Logique. Je le signale à la dame au comptoir. Sa réaction à ma suggestion d’avoir des plats lavables « que voulez-vous qu’on fasse, il passe 3000 personnes dans une journée, on pourrait pas laver tout ». Ah non, et pourquoi pas? C’est plus simple d’en disposer pour le mettre dans un dépotoir de Lachenaie qui déborde déjà, et de laisser s’accumuler des millions et des millions de petits déchets inutiles sans se préoccuper du manque d’espace ou de la contamination que provoque ces déchets platiques qui prendront des centaines d’années à se décomposer? Tout ça parce qu’ils ont contenu pendant quelques secondes des aliments qui les ont « sali » (honnêtement, je pense qu’un chiffon pourrait parfois les rendre comme neufs, ce qu’ils sont). Les bras me tombent.

Je signale à la gérante de l’établissement qu’il serait judicieux de recycler ces contenants, à tout le moins. Elle me regarde, hautaine, comme si j’étais une extra-terrestre grano tout droit débarquée de mon vaisseau en terre cuite. J’insiste: « Mais vous recyclez déjà, quand même? ». Elle tique, la bouche sèrrée. « Le papier et le carton, oui ». Sous-texte: donc les supermarchés IGA ne recyclent pas le plastique et les autres matières. Donc les supermarchés IGA ne compostent pas les denrées organiques périmées (J’exagère, voyez-vous, tant qu’à être extra-terrestre). Mais sérieusement, à quand une réglementation pour forcer tout cela? C’est tellement évident, il me semble. Et tellement simple.

Samedi nous nous promenons en vélo dans les rues de Montréal, à la recherche d’un appartement. Le soleil est radieux, la chaleur de l’été nous donne soif. Au coin de la jolie rue Laval et de Duluth, deux charmantes petites filles de 8 ans tiennent un kiosque de vente de limonade. Il y a une file d’assoiffés. Les affaires marchent bien. À chaque limonade vendue, les petites insistent pour que les clients ne partent pas avec le verre de plastique. Tous doivent le déposer dans le bac rempli d’eau prévu à cet effet. « Il faut nous les redonner, car on lave les verre ». Logique, non?

Les poubelles

Je suis une militante écologiste du quotidien. Depuis mon enfance, j’ai toujours détesté jetter des choses. J’ai reçue une éducation sensible à l’écologie par mes parents et grands-parents (de tous côtés!), mais aussi avec l’influence des écoles que j’ai fréquentées (surtout au primaire). J’ai toujours considéré comme un crime de jetter de la nourriture, des objets ou toute matière qui pourrait trouver une vie meilleure (lire « une autre vie »).

Je me souviens d’aller visiter des friperies de Beloeil en compagnie de ma mère, et de la grande joie que nous avions à faire de fabuleuses trouvailles dans ces « greniers enchantés ». À l’adolescence, ce fut naturel pour moi de faire des pelerinage dans les sous-sols d’églises et autres brocantes, en compagnie de ma grande copine Élise. Nous dégottions des vestons d’hommes et des grands imperméables au style d’une autre époque, et nous réinventions notre mode pour en faire des vêtements que nous consédérions alors comme « branchés ». Je me souviens aussi, à la même époque, de transformer des vêtements pour faire des expériences de style. Des anciennes jupes sont alors devenues « jupes-pantalons ».

J’ai toujours adoré rafistoler des objects pour les rafraîchir et les embellir; repeindre une vieille table, réparer des chaises, transformer des vieux objets en oeuvre d’art. C’est ainsi que j’ai utilisé de très vieux tubes de peinture séchée (approx. 1930) ayant appartenus au père d’un ami écossais, pour en faire une oeuvre à accrocher au mur. J’aime les vieux objets. Ils ont une histoire à raconter, il suffit de prêter l’oreille. Et puis la pluspart des objets d’aujourd’hui n’ont pas la qualité de matériaux et de confection d’il y a 50 ans.

Je n’ai jamais supporté qu’on jette de la nourriture. Mes grand-parents maternels, ayant connu la 2e Guerre Mondiale en Belgique, avaient conservé une sensibilité particulière au gaspillage. On finit son assiette ou on garde les restes. On ne jette rien! Les vieilles croutes de pain allaient pour les oiseaux. Mais cette sensibilité est commune à tous les gens de cet âge, toutes origines confondues (pays et classes sociales). Je me souviens de cuisiner un jour avec ma Grand-Maman Georgette (la mère de mon père), et de prendre conscience de cette attitude dans des détails. J’épluchais des pommes de terre, et elle était scandalisée de l’épaisseur de mes épluchures « il restera plus de patate, si tu continues comme ça ». J’épluche plus mince, maintenant. Et je cuisine des plats délicieux avec tous les restes.

Depuis plusieurs années je fais mon compost. Et je tente de convaincre les gens autours de moi de faire de même. Et de jetter un max dans le bac vert plutôt que la poubelle. J’ai ainsi fait subir une cure mince à mon sac de poubelle. J’ai un rôle d’éducatrice écologiste de premier ordre auprès des enfants. Il m’arrive souvent de repêcher des éléments recyclables dans la poubelle, et je fais enquête. C’est de plus en plus rare, dois-je avouer. Et cela me fait tellement plaisir quand les enfants me demandent « les bâtons de popcycle, ça se recyle? ».

Mais le plus difficile c’est les lieux publics et les bureaux de compagnie: aucun recyclage, aucun compost! C’est un non-sens, quand on pense que les individus font de grands efforts pour recycler. Comment est-ce possible que le gouvernement ne force pas la note, ne légifère pas afin de forcer le recyclage et le compost massivement dans les commerces et édifices publics? Il suffit de mettre un système en place. Nous ne pouvons laisser le choix, et attendre la bonne volonté de chacun. Nous savons bien que les commerces ne feront pas ce choix seuls si il n’est pas plus rentable économiquement. Et pourtant, à long terme, c’est beaucoup plus rentable de faire des choix écologiques.

Saviez-vous que 34% (source: François Cardinal, La Presse) des déchets dans les dépotoirs sont compostables? En contact avec les détritus toxiques, enfouis ou laissés à l’air libre, ils deviennent à leur tour toxiques. Ces mêmes déchets organiques pourraient devenir un engrais et une terre saine si ils étaient compostés adéquatement. Finalement, c’est simplement une question d’organisation. Il faut trier les déchets, et s’assurer qu’ils se transforment afin de ne laisser aucune trace nocive sur et sous terre. Les japonais sont maîtres dans cet art (vidéo en version française).

Le premier geste consiste donc à prendre conscience que chaque élément qu’on met dans un sac poubelle prend le chemin d’un dépotoir qui devient un monstre toxique. Et ce Frankenstein nous exlosera au visage si aucne action n’est prise. À chacun d’agir!

Engagement

Aujourd’hui je suis invitée à CIBL à www.laviereveedesgens.net par Emmanuelle Sontag. J’y serai pour parler de mes rêves, mes utopies et d’engagement. [mercredi 13h à 14h]

Selon moi l’engagement commence par une conscience de soi-même, un respect de son corps et de son esprit (par une alimentation saine, par la pratique quotidienne du yoga ou d’un art martial, par exemple, par l’écoute de ses besoins). Il se poursuit dans le respect et la conscience de son environnement (en faisant des choix écologiques, en respectant les autres, en étant bienveillant envers les autres). L’engagement se continue dans la conscience sociale et le respect de la société dans laquelle nous vivons (par des choix politiques ou sociaux, par du bénévolat ou par la création). Du plus petit au plus grand, l’engagement commece par soi-même et va au-delà. Et prends toute sa force dans des gestes concrets qui forment racine, et qui se prolongent en une grande réflexion sur notre rôle au sein du monde.

Maisons écologiques: emplacement idéal

Nous cherchons le lieu idéal de vie pour une famille avec des ados, et des parents qui travaillent à la maison. Pour moi, c’est très clair: je veux vivre en ville. Mais je suis encore en questionnement à propos de l’emplacement d’un logement écologique de rêve. Mais le prix des maisons est tellement plus élevé en ville qu’à la campagne… En fait, la principale différence est l’espace et la qualité des logements. Car en campagne, c’est possible de repartir en neuf. Tandis que la ville, c’est synonyme de rénovations. Et les rénovations, écologiques ou pas, c’est dispendieux.

Mon projet de rêve? C’est de mettre en place des lofts écologiques familiaux. Les lofts sont des espaces de vie aérés, remodellés pour les besoins de leurs occupants. Faire l’acquisition d’un espace ouvert nous laisse le champs libre pour construire les divisions des pièces à notre guise, et de garder un espace ouvert commun, avec une belle fenestration. Mais le problème est le lieu où se situe des lofts, en milieu industriel. Avec des enfants, ce n’est pas l’idéal. Et les corridors sont souvents glauques…

Mais si je trouvais des gens prêts à investir (à s’investir) dans un logement écologique de leurs rêves… avec un toît vert, et un système commun de compostage, et une chute pour le recyclage. Il serait possible de faire une coopérative, ou même des condos, sur ce principe. Mes idées de grandeur semblent bien irréalisables, parfois. Et pourtant, je ne peux abandonner cette belle idée si simplement. J’en rêve… jusqu’à l’obsession!

Les lofts ne sont pas un lieu de vie unique aux artistes, aux jeunes entrepreneurs, au jeunes couples urbains. Ils peuvent satisfaire un mode de vie familial. Tout dépends de leur aménagement. Il me semble que c’est possible, non?

Banlieue vs ville… (saga)

Je réponds ce matin à un très bon commentaire écrit par Marie-Michèle Poisson sur un billet écrit précédemment. Aussi posté sur mon billet « où vivre« .

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Merci Marie-Michèle de cette généreuse réflexion. Elle coincide superbement avec mes discussions de ce matin avec mon amoureux. Alors que nous étions dans le train qui quittait la banlieue pour venir travailler en ville, nous pensions justement à l’adaptabilité des enfants (nous en avons trois; 10, 12 et 14 ans, et nous planifions en avoir un nouveau le plus tôt possible). Les enfants ne seront pas déracinés de leur banlieue car ils connaissent déjà la beauté de la ville, et tous ces avantages. Quand à un nouvel enfant, il grandira dans un milieu de vie où la voiture ne trône pas en reine.

Votre discour fait écho à toutes mes réflexions: laideur adsurde d’un urbanisme axé sur l’automobile, abscence de stratégie de développement et expansion des logements et des commerces. Et la cerise sur le gâteau: manque flagrant de poésie. Oui, je parle de poésie, car pour moi il est clair que la banlieue fait face à un manque criant de beauté. Et à un manque de logique dans son fonctionnement!

En fait, je pense qu’une banlieue intelligente pourrait émerger d’une réflexion sur sa structure. Certains quartiers européens (en Allemagne, au Pays-bas) ou californiens sont développés sous forme de villages d’où la voiture est proscrite. Les services offerts par des petits commercants locaux sont centralisés dans un place publique centrale autour de laquelle sont placés les logements, à quelques centaines de mètres (agréables à marcher). Des aires publiques sont aménagées pour que les gens puissent profiter des agréables espaces verts et des grand arbres magnifiques laissés intactes lors de la construction du quartier. Les services de transports en communs menant vers la ville sont efficaces et réguliers, et les trains confortables permettent de gagner le lieu de travail en 30 minutes ou moins.

Rêve? Non! C’est possible! Et pourquoi pas chez nous?

Décès écologique

Je me questionne sans cesse sur mes choix de vies en lien avec le sort de la planète. Selon moi, plusieurs solutions à nos problèmes environnementaux se cachent (pas très loin) dans notre passé. Des solutions logiques et simples, respectueuses et non-violentes. Des remèdes de grand-mères, des pratiques ancestrales, une approche globale de la vie, de la mort.

On parle de plus en plus d’habitation écologique, de nourriture biologique, de vêtements éco, de desing vert. Mais la mort dans tout ca? Je fais ici allusion à l’industrie de la mort, et des rites funéraires. Avant l’heure dite où on trépasse, on y pense peu. Il faut être confronté à la mort d’un proche (ou avoir regardé la brillante série « Six feet under ») pour se poser des questions.

Personnellement, je ne veux pas être embaumée, maquillée, transformée. Je ne veux pas non plus être incinérée. Non. Je veux me décomposer naturellement dans un espace vert, joli, calme. Impossible? Non, car les rites funéraires verts sont à nos portes. C’est dans un article du Urbania du printemps dernier que j’en ai entendu parlé au départ. Ce fut une révélation. Oui, c’est possible de mourrir paisiblement, en accord avec la nature, sans être placé dans un cercueil kétaine et non-écologique, sans être embaumé de liquides chimiques toxiques pour l’environnement, sans être maquillé ridiculement comme pour aller à la mascarade. La mort n’est pas une farce, c’est un passage très important de la vie, et pour moi c’est sacré.

En Angleterre et aux États-Unis, il existe plus de 200 lieux d’inhumation écologiques. Ici au Canada, il existe une association Natural Burial Association, qui tente de mettre en place des lieux écologiques. Il existe aussi une coopérative The Natural Burial Co-operative, qui tente de faire progresser la situation pour établir des lieux naturels pour enterrer les morts.

Plusieurs écologistes et artistes à travers le monde font leur part pour offrir une alternative aux propositions traditionnelles de la puissante industrie de la mort. Vous pourriez reposer dans un très beau cercueil de papier recyclé conçu par Hazel Selina. Le modèle couvert de feuilles d’or, ou le modèle vert sont des objets très beaux, écologiques, et contemporain. C’est l’image que l’on se fait du cercueil du futur…

J’ai été fascinée par le projet Capsula mundi, conçu par Raoul Bretzel et Anna Citelli. Ils proposent de magnifiques oeufs de papier recyclé, dans lequel le corps repose en position foetale, comme au début de la vie. Les oeufs sont enterrés, et un arbre est planté au-dessus. Avec le temps, ses racines embrasseront votre dernière demeure. Poétique et écologique. J’aimerai tant pouvoir reposer de cette belle façon le jour où mon heure sera venue.

Vous pouvez trouver l’intégrale du texte de Sophie Massé publié dans le magasine Urbania, publié sur le blog Forest of memories