Ton moteur ne tourne pas rond!

… Et pendant ce temps nous vivons la pire crise écologique causée par les humains depuis la nuit des temps. 

Aujourd’hui je me sens particulièment découragée… Comme un éclair de conscience, cette conscience que j’avais mis en veilleuse pour vivre le moment présent, seulement, et le déménagement du Québec vers la Californie, mon installation ici, la venue des enfants en visite pour quelques semaines de tourisme frénétique. Mais là, la réalité me rattrappe en plein visage. La brume s’est levée sur San Francisco, et je vois clair. Ce n’est pas facile à porter!

Dans la rue, je suis arrêtée en vélo pendant une dizaine de minutes, et j’observe cette dame derrière le volant de son SUV. Elle est garée tout près de moi, affairée sur son ordinateur portable. Son moteur tourne toujours, les vitres baissées. Il fait un temps superbe sur San Francisco, ni trop chaud, ni trop frais. Mais si elle voulait la climatisation, elle fermerait ses fenêtres, non? Enfin bref, je m’approche. Je décide de jouer les écolos-emmerdeuses. Il faut. Pas le choix. Question de principe, mais question de planète. J’en ai marre de tous ces inconcsients qui passent leur chemin avec la bénédiction de la société de consommation.

– Je prends une voix calme et douce. « Your engine is running, you know it’s very bad for the environmnent? »

Je n’avais pas vu au premier coup d’oeil, mais la jeune femme était enceinte jusqu’aux yeux. J’étais prête à recevoir des insultes. Mais pas à sa réponse.
– ‘I’m five days to giving birth… don’t bother me’, dit-elle en remontant sa fenêtre pour se protéger de la dangeureuse assaillante que je suis. Elle mit un point final à la conversation par un doigt d’honneur qui se voulait agressif (arme ultime des gens en manque d’argument), mais que je trouvais pathétique de molesse. Donc quand on est sur le point d’accoucher, on bénificie d’un droit spécial de polluer, c’est ça?

J’étais clouée sur place. Cette jeune femme. Enceinte. D’un enfant. Une nouvelle vie dans ce monde. Dans Son Monde à elle. Complètement inconsciente de la planète, de ses dangers, de sa crise mondiale, inconsciente de notre pouvoir à changer les choses qui commencence par tous les milliers de petits gestes quotidiens. Litanie logique que tout humain sur cette terre devrait appliquer à la maison, au travail, en Vacances. MoinsConsommer-ProtégerLaPlanète-ÉviterLeGapillage-Composter-MangerMoinsDeViande-FaireAttentionÀL’Eau-ÉviterLesSacsDePlastique-ÉviterLePlastique-Réduire-PrendreSonVélo-MoinsPrendreL’Auto-ÉteindreSonMoteur-RoulerMoinsVite-UtiliserUneHybride-Marcher-Réutiliser-AchetterUsagé-PartagerSesBiens-FaireAttentionÀSesChoses-BannirLeSuremballage-FaireDurerLesBiens-ChoisirDeLaQualité-ÊtreGénéreux-DonnerDeL’amour. Voilà ma litanie, et celle de nombreux de mes proches et amis (mais pas tous, oh que non, mais des fois des petits bouts). Même mes amies enceintes, oui oui. Mais cette femme, perdue dans son individualisme qui l’aveugle, qui perçoit comme un message agressif mon intention de l’aider, d’aider son enfant qui naitra bientôt à vivre dans un monde meilleur, plus sain, plus vert.

Non, elle n’a pas compris. Mais moi, oui: il faut trouver une autre manière de parler aux aveugles de la crise écologique. Mais comment?

En y repensant, je me suis dit qu’un jour son enfant lui dirait peut-être lui-même de fermer son moteur qui tourne inutilement. Elle aura sans doute oublié ce jour là qu’une freak en vélo lui avait déjà dit, des années auparavant. Dans quel monde vivrons-nous à ce moment là? Probablement un monde très similaire, avec un taux de cancer astronomique qui monte en flèche, des taux d’allergies allarmant et des taux d’asthmatiques qui battent des records inimaginables. Et alors, la madame, elle travaillera encore plus fort, en polluant davantage dans son SUV, pour pouvoir payer les assurances médicales de son enfant malade.

Ouaip. C’est ça qui est ça.

Publicités

Potager urbain de la controverse

 Voilà qu’un couple de Drummondville décide de faire un superbe potager en facade de sa maison. Et cela fait réagir. Les élus crient à l’entrave au réglement munipical.

 Michel Beauchamp devant sa maison et son potager


 Voici donc ma lettre au conseiller municipal qui demande à ces gens de défaire leur potager
 ______________________
Bonjour Monsieur Levasseur,

Je vous écris depuis la Californie où j’habite pour signaler mon appui au couple qui possède le potager non-réglementaire en facade de leur demeure, Michel Beauchamp et Josée Landry. J’espère que vous saurez montrer une souplesse à ce réglement afin de laisser ce superbe projet exister. Il fait déjà la renommée de votre région par son audace et son côté avant-gardiste, et ce à travers le monde grâce aux médias sociaux. Je pense qu’il est plus que temps de modifier la législation pour encourager de tels projets.

Dans le contexte écologique mondial de lutte aux changements climatiques, de telles initiatives doivent être fortement encouragées et saluées par nos élus. Je vous demande donc de revenir sur votre décision, et de supporter et d’encourager ces citoyens dans leur belle initiative. La Californie où j’habite est un lieu inspirant où de multiples projets de ce type voient le jour. De tels projets d’influence font ensuite des vagues pour contribuer à rendre le monde meilleur. Je ne vois pas pourquoi Drummondville ne serait pas un tel lieu d’influence et d’inspiration.

Sachez que les années à venir comporteront leur lot de défis à relever dans le contexte actuel: changements climatiques, pénuries de ressources, crise économique. L’autonomie alimentaire et le verdissement sont des solutions efficaces et recommandées par de nombreux scientifiques et urbanistes. Punir ces citoyens serait un geste inaproprié. Les encourager serait tout à votre honneur.

En espérant trouver une lecture attentive, et en souhaitant une réponse positive et votre support à des projets écologiques audacieux,
bonne journée,
Yannick 


Pour signer la pétition

Déclaration universelle des Droits de la Terre

Les idées et les grands changements arrivent souvent en divers foyers sur la planète, au même moment. Ce concept de sphère de la pensée commune est la noosphère, tel que décrit par le philosophe Vernadski, et popularisé par Teilhard de Chardin. Hier soir, alors que je rentrais de l’éclairante conférence de Pierre Rabhi, où il parlait de l’ugence de changer de paradigme pour sauver la planète, j’ai eu une idée très claire. Foudroyante et très forte, d’une cruelle évidence: il faut faire une Déclaration Universelle des Droits de la Terre. Je me suis dis que cette idée était si pertinente qu’elle devait sans doute déjà exister, ou être en préparation. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que c’est le 24 avril (il y a 5 jours à peine) que le président Bolivien Evo Morales faisait cette déclaration afin de lancer un mouvement international pour la défense de la terre. Logique. Il faut que cette idée fasse son chemin, sans rester prisonière de tiraillements politiques.

Lisez aussi cet article à propos de La Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les Droits de la Terre Mère qui prenait fin le 22 avril 2010 à Cochabamba en Colombie, où le président Bolivien a évoqué la nécessité d’une telle charte. Les bases d’une Déclaration Universelle des Droits de la Terre sont donc jettées, et il faudra travailler fort pour y arriver. On compte ramener cet important objectif lors du Sommet de Cancun en 2011 (suite à l’échec de Copenhague). Après tout, il a bien fallu 2000 ans pour en venir à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. On est maintenant mûr pour aussi protéger notre planète et toute la vie qu’elle abrite.